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Des attentes élevées pour le prochain chef de police de Toronto

Mark Saunders en point de presse.

Mark Saunders a quitté ses fonctions de chef de police de Toronto le vendredi 31 juillet.

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

Le processus de recrutement d'un nouveau chef de police s’entame à Toronto suite au départ à la retraite de Mark Saunders. Les attentes sont élevées, mais des militants demeurent sceptiques.

La sélection se fera dans un contexte de nombreuses revendications de la communauté pour une réforme en profondeur du service de police.

Une femme brandit un drapeau au milieu de manifestants.

Des manifestants devant le quartier général de la police de Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

La Commission des services de police de Toronto entame un processus semblable à celui de 2015, lorsque Mark Saunders avait été nommé à la tête du plus grand corps policier municipal du pays.

Une firme spécialisée dans l’engagement du public guidera la commission dans le processus de sélection et aura comme mandat de mener des consultations publiques, comme en 2015.

Le directeur général de la commission, Ryan Teschner, affirme que, cette fois-ci, le processus consultatif sera plus robuste que jamais, à la lumière, entre autres, des leçons tirées des récentes consultations publiques tenues par la commission elle-même.

Des groupes communautaires ne sont toutefois pas convaincus que cette approche mènera à la nomination d’un candidat qui sera en mesure d’entraîner un vent de changement.

Des manifestants devant un officier de police.

Les Torontois ont tenu de nombreuses manifestations pour réclamer moins de financement dans le système policier.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Consultation après consultation

Le président du regroupement Urban Alliance on Race Relations, un groupe qui milite notamment contre le racisme systémique dans les institutions torontoises, critique le manque d’actions concrètes à la suite d’années de consultations publiques. 

Selon Nigel Barriffe, les consultations qui seront entreprises par la firme mandatée par la commission des services de police ne changeront rien au processus de sélection. 

Nous avons une pile de rapports qui ne fait que prendre la poussière aux trois niveaux de gouvernement, avec une foule de recommandations qui n’ont jamais été mises en place.

Nigel Barriffe, président, Urban Alliance on Race Relations

Louis March, fondateur du mouvement Zero Gun Violence, partage un point de vue similaire en affirmant que le nouveau processus qui s’entame n’apportera rien de neuf, car selon lui il n’y a rien qui sera dit lors de ces consultations qui n’a pas déjà été dit.

Afin de rebâtir des ponts avec la communauté noire, les personnes de couleur et les Autochtones, Nigel Barriffe estime que la priorité ultime sera de sélectionner quelqu’un qui reconnaîsse et qui soit familier avec le racisme systémique.

Une confiance perdue

L’un des plus grands défis qui attendent le nouveau chef de police, selon Nigel Barriffe et Louis March, est celui de regagner la confiance du public.

Une confiance qui est à son plus bas, précise M. March.

Il aimerait voir quelqu’un d’ouvert d’esprit prendre les rênes du corps policier, quelqu’un de prêt à écouter les membres du public dans une perspective plus large.

La police est-elle prête à prendre la décision audacieuse de faire une coupure avec la culture actuelle de la police et créer un nouveau modèle? Voilà la personne qu’il nous faut.

Louis March, fondateur du mouvement Zero Gun Violence
Un policier en uniforme à genou sur l'asphalte

Le chef de la Police de Toronto, Mark Saunders, s'est agenouillé devant les manifestants.

Photo : Radio-Canada / Chris Glover/CBC News

Les limites du système

Le cœur du problème semble toutefois reposer sur un manque d’initiative qui vient directement de la commission. C’est ce qu’avance le coordonnateur de la Toronto Police Accountability Coalition et ancien maire de Toronto, John Sewell.

Il l’admet d’emblée, il ne s’attend à aucun changement majeur dans la direction de l’organisation avec la nouvelle nomination.

Le maire de Toronto John Tory et le chef de la police de Toronto Mark Saunders.

Le maire de Toronto, John Tory, souhaite que certaines réformes du service de police soient instaurées, mais sans réduire son financement.

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

M. Sewell fait remarquer que l’histoire se répète sans cesse, en nommant chaque fois à la tête de la police de Toronto quelqu’un de l’intérieur, avec une carrière bien établie dans les forces policières.

Selon lui, la commission devrait identifier ses intentions principales avant même de sélectionner un successeur.

Il nous faut peut-être quelqu’un qui n’a jamais été un agent, mais qui est un très bon dirigeant pour ainsi amener des changements majeurs dans les forces policières.

John Sewell, coordonnateur, Toronto Police Accountability Coalition

Mais malgré ces différents constats et les nombreuses frustrations au sein de la communauté, Louis March tient à demeurer optimiste.

Il espère de tout cœur que l’occasion sera saisie de trouver le candidat qui pourra amener du changement : énormément de gens auront les yeux rivés sur cette décision. Il faut saisir cette occasion, le faire avec transparence et intégrité.

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Toronto

Justice et faits divers