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Des courriels montrent comment Facebook et Amazon ont voulu neutraliser la concurrence

Les courriels concernent le rachat d'Instagram par Facebook ainsi que le rachat de Diapers.com par Amazon.

Deux images, côte à côte, de Mark Zuckerberg et Jeff Bezos qui témoignent par vidéoconférence. Celle de Zuckerberg est de meilleure qualité, car Bezos semblait avoir des problèmes de connexion lors de l'audience.

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg (gauche) ainsi que le PDG d'Amazon, Jeff Bezos (droite) ont témoigné devant la Chambre des représentants par vidéoconférence mercredi.

Photo : Captures d'écran

Radio-Canada

Des membres de la commission judiciaire de la Chambre des représentants à Washington, qui interrogeaient mercredi les quatre grands patrons des géants du web au sujet de leurs possibles pratiques monopolistiques, ont dévoilé des échanges de courriels de Facebook et d’Amazon qui font état de leur volonté de neutraliser et de racheter des compétiteurs, perçus comme des menaces envers leurs positions dominantes.

Dans le cas de Facebook, il s’agit entre autres d’une série de messages entre son PDG, Mark Zuckerberg, et son directeur financier, David Ebersman, qui discutaient en 2012 de la possibilité de racheter des compétiteurs comme Instagram et Path.

Ces entreprises sont naissantes, mais les réseaux sont établis, les marques sont déjà importantes, et si elles croissent à grande échelle, elles peuvent être très perturbatrices pour nous, dit Mark Zuckerberg dans un des échanges (Nouvelle fenêtre).

Après avoir évoqué la possibilité d’acquérir un ou deux de ses compétiteurs, le PDG a reçu une réponse mitigée de son directeur financier, qui lui a demandé les raisons pour lesquelles Facebook devrait poser ce geste. Mark Zuckerberg a répondu qu’un tel rachat serait pertinent parce qu’il permettrait à l’entreprise de neutraliser un compétiteur potentiel et d’intégrer leurs produits au [sien] afin d’améliorer [son] service.

Le cofondateur du réseau social a ensuite précisé sa pensée, expliquant que même si un nouveau concurrent apparaissait, acheter Instagram, Path, Foursquare, etc. permettrait à Facebook d’intégrer leurs fonctionnalités à son service. Ainsi, les nouveaux [compétiteurs] n’auraient pas beaucoup d’attention parce que [Facebook aurait] déjà déployé leurs [fonctionnalités] à grande échelle.

Trois quarts d’heure plus tard, Mark Zuckerberg a envoyé un autre message à David Ebersman, précisant à nouveau sa pensée : Je ne voulais pas laisser entendre que nous les achèterons afin d’empêcher qu'ils nous concurrencent d'une quelconque façon.

L’application Instagram sur un téléphone.

Facebook a racheté Instagram pour 1 G$ en 2012.

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Zuckerberg se défend

Ces courriels ne sont que quelques-uns de ceux qui ont été rendus publics hier. Dans un autre échange (Nouvelle fenêtre) avec un employé, juste après que Mark Zuckerberg eut annoncé à son équipe que Facebook avait racheté Instagram pour un milliard de dollars en 2012, il a mentionné que Facebook pourrait probablement toujours racheter n’importe quelle entreprise en démarrage compétitive.

Selon l’élu qui a présenté les documents, le représentant démocrate de l’État de New York, Jerry Nadler, les échanges sont des preuves que Facebook voulait acheter Instagram pour éradiquer la concurrence.

Selon ses propres dires, Facebook percevait Instagram comme une menace qui pouvait siphonner [des profits] de Facebook, a-t-il dit.

Plutôt que de concurrencer [Instagram], Facebook l’a racheté. C’est exactement pour ce type d'acquisition anticoncurrentielle qu’ont été conçues les lois antitrust.

Jerry Nadler, représentant démocrate de l’État de New York

Mark Zuckerberg s’est défendu en soutenant qu’Instagram était vu à l’époque comme un compétiteur en ce qui concerne le partage de photos, mais que ses fonctionnalités étaient surtout complémentaires à celles de Facebook.

J’ai [toujours] été clair quant au fait qu’Instagram était un compétiteur dans le domaine du partage de photos mobiles, a-t-il déclaré.

Il y avait plusieurs autres compétiteurs, à l’époque. [Instagram] faisait concurrence à des applications comme VSCO Cam et PicPls et à des entreprises comme Path. Il s’agissait d’un sous-ensemble dans le domaine mondial de la connexion dans lequel nous existons. En se joignant à nous, Instagram n’était plus un concurrent dans le domaine des caméras mobiles. C’est devenu une application que nous pouvions aider à faire grandir, a-t-il poursuivi.

Portrait de Mark Zuckerberg sur un écran

Mark Zuckerberg estime qu'Instagram a pu croître grâce à son rachat par Facebook.

Photo : AP / Mandel Ngan

Rappelons que la Commission fédérale du commerce (FTC) des États-Unis avait approuvé la transaction en 2012, notant toutefois qu’elle pourrait un jour se pencher à nouveau sur cette acquisition en fonction de ce que pourrait exiger l’intérêt public.

Amazon et les couches

Comme Apple, Amazon est dans la mire du Congrès américain parce qu’il est simultanément juge et partie sur sa plateforme de magasinage en ligne. Certains membres de la Chambre croient que l’entreprise est tout simplement trop puissante, et qu'elle se sert de sa position privilégiée pour écraser la concurrence, parfois même sur sa propre plateforme.

L’un des exemples les mieux connus est celui de l’acquisition de Quisdi Inc. pour la somme de 545 millions de dollars en 2010. Un livre sur la montée d’Amazon, The Everything Store, détaillait en 2013 comment l’entreprise de Jeff Bezos était prête à tout faire pour s’accaparer la clientèle de Diapers.com, un site web de Quisdi spécialisé dans la vente de couches, avant d’en faire l’acquisition.

Les courriels dévoilés mercredi par la représentante démocrate de la Pennsylvanie, Mary Gay Scanlon, montrent jusqu’où Amazon était prêt à aller pour avoir le dessus sur Diapers.com.

Nous avons déjà mis en œuvre un "plan de victoire" contre Diapers.com, peut-on lire dans un courriel (Nouvelle fenêtre) envoyé par le vice-président senior d’Amazon, Doug Herrington. Nous devons égaler leurs prix, coûte que coûte.

Jeff Bezos, le patron d'Amazon lors de son audition par la commission judiciaire de la Chambre des représentants.

Jeff Bezos a fondé Amazon en 1994.

Photo : Getty Images / Pool

Selon des documents obtenus par Mme Scanlon, Amazon était prêt à perdre 200 millions de dollars par mois pour affaiblir Diapers.com. L’élue a ensuite accusé le géant du magasinage en ligne d’avoir gonflé le prix des couches et mis fin à des promotions conçues pour attirer les mères après avoir racheté Diapers.com, l’un de ses principaux compétiteurs.

Je ne me rappelle pas du tout de cela, s’est contenté de répondre le grand patron d’Amazon Jeff Bezos, ajoutant que le site égalait les prix des compétiteurs et qu’il était en désaccord avec l'affirmation que les prix des couches avaient augmenté sur Amazon parce que le site avait racheté un concurrent.

Avec les informations de Wired, CNet, Bloomberg, et The Verge

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