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L'administration Plante se félicite de la popularité des voies actives sécuritaires

Un cycliste circule sur la voie cyclable de l'avenue Christophe-Colomb. Une pancarte explique le concept de voies actives sécuritaires.

Des voies cyclables ont été aménagées le long de l'avenue Christophe-Colomb.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L’implantation des voies actives sécuritaires (VAS) à Montréal est un succès, selon l’administration Plante, qui présentait jeudi matin les premières statistiques d’achalandage de ces nouvelles voies piétonnières et cyclables. L'opposition dénonce des données incomplètes et complaisantes.

Selon le responsable de la mobilité et de l'urbanisme au comité exécutif, Éric Alan Caldwell, qui présentait jeudi matin les premières données d’achalandage depuis l’implantation des VAS au début de l’été, la première constatation est une baisse de 20 % de la circulation automobile dans les rues de Montréal par rapport à la situation prépandémie.

Les gens ont aussi déserté les transports en commun, qui affichent des baisses d’achalandage de 70 % à 90 %, notamment en raison du télétravail et de l’absence des étudiants, des touristes et surtout des dizaines de milliers de travailleurs qui convergeaient quotidiennement au centre-ville.

Forte augmentation de vélos et de piétons

Cependant, les chiffres indiquent une nette augmentation des déplacements à pied et en vélo, autant sur les voies existantes que sur les nouvelles VAS, souligne la firme Éco-Compteur qui a effectué les premières mesures d’achalandage entre le 26 juin et le 23 juillet.

D’après les données préliminaires présentées, lorsqu'un aménagement cyclable existait au même endroit l'année dernière et qu'il a été transformé en VAS cette année pour l'élargir, on y remarque une hausse moyenne de la circulation à vélo de 36 %, s’est félicité M. Caldwell.

À l'intersection de Christophe-Colomb et Louvain, on enregistre un achalandage en hausse de 90 % par rapport à la même période l'an dernier. Pour la piste cyclable Rachel, on parle d'une hausse de 52 % des déplacements par rapport à l'année dernière, a-t-il ajouté.

Les VAS connaissent un tel succès, selon la Ville, que quatre d’entre elles se retrouvent dans le top 5 des voies cyclables les plus utilisées à Montréal cet été.

Des gens marchent sur la rue Sainte-Catherine, qui est piétonne.

La fréquentation des rues fermées aux automobiles a nettement augmenté, selon la Ville.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La piétonnisation de rues commerciales a également entraîné une forte hausse d’achalandage, notamment sur l’avenue du Mont-Royal, où 15 000 piétons par jour ont été comptés en moyenne dans la première semaine de juillet. Des pics de 22 000 piétons y ont été observés. La rue Wellington, dans Verdun, est également très populaire, avec une moyenne d’environ 13 000 piétons par jour.

Ce ne sont là que quelques exemples qui démontrent l'adhésion des familles montréalaises aux voies actives sécuritaires, souligne Marianne Giguère, conseillère associée à la mobilité active au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Les voies actives sécuritaires

Les voies actives sécuritaires ont été créées par l'administration de la mairesse Valérie Plante à la mi-mai afin de permettre aux citoyens de circuler dans les rues à pied et à vélo en respectant les règles de distanciation, ce qui impliquait l'élargissement de pistes cyclables existantes, la multiplication des rues piétonnes et la création de pistes cyclables temporaires.

La mesure devait aussi permettre aux commerçants d'aménager des terrasses extérieures et d'occuper davantage d'espace public à moindres frais pour rejoindre cette nouvelle clientèle. La mairie promettait à terme 327 kilomètres de corridors sécuritaires, dont 112 kilomètres de VAS, un objectif qui n'a pas encore été atteint.

Des commerçants ravis, d'autres non

Si on en croit les deux propriétaires de commerces venus témoigner en conférence de presse, ces mesures ont permis une nette hausse de l’achalandage sur leur artère respective.

Jonathan Domer, copropriétaire du Candi Bar sur l'avenue du Mont-Royal, affirme qu’il n’a jamais vu autant de gens sur sa rue depuis dix ans. Quand je vois l'achalandage, on se souhaite de pouvoir bénéficier d'une avenue piétonne pour les prochaines années.

La rue Ontario est vraiment chouette, ajoute Geneviève Everell, propriétaire de Sushis à la maison, sur la rue Ontario. Personnellement, il n'y a pas eu d'impacts négatifs au niveau des ventes, au contraire.

Mais pour d’autres commerçants, dont ceux de la rue Rachel ou du boulevard Saint-Laurent, où la Ville a dû abandonner son projet de VAS en raison des problèmes importants qu’il engendrait, l’expérience s’est révélée moins profitable.

Un cycliste passe devant une manifestation de marchands.

Des commerçants manifestaient leur mécontentement contre l'imposition de corridors sécuritaires inutilisés, le 19 juin, à l'intersection des rues Rachel Est et Joliette, dans Rosemont.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Wagner

Ce à quoi Éric Alan Caldwell répond en précisant qu’il est certain que la Ville a dû faire des ajustements en cours de route, dans la mesure où le projet a dû être pensé et déployé en quelques semaines à peine alors que la première vague de la pandémie sévissait à Montréal. M. Caldwell affirme par ailleurs ne pas recevoir d'autres critiques de la part des commerçants une fois qu'ils ont pu constater l'effet positif des VAS.

Également critiquée pour avoir aboli des dizaines de places de stationnement pour aménager ses VAS, ce qui aurait pour effet de décourager les visiteurs de venir à Montréal, l’administration Plante explique que la baisse d’achalandage routier observée à Montréal depuis la pandémie n’est pas liée à l’aménagement des VAS mais bien au télétravail, à la réduction des activités et aux changements dans les habitudes de déplacement.

Une campagne publicitaire, dénonce l'opposition

Des arguments auxquels ne croit pas le leader adjoint de l’opposition, Francesco Miele, pour qui la présentation de ces chiffres n’est qu’une campagne publicitaire basée sur des données fragmentaires recueillies par Jean-François Rheault, qui n’a jamais caché son allégeance à Projet Montréal [le parti au pouvoir].

Disons que ce n’est pas le meilleur exercice de transparence qu’on a vu, dénonce Francesco Miele.

Le responsable du transport à Montréal [Éric Alan Caldwell] ignore toutes les problématiques qu’il y a eu pour les personnes à mobilité réduite, les usagers du transport en commun, les détours et le rapport de l’ombudsman, rappelle M. Miele. On comprend que Projet Montréal est dans son monde idéologique.

Pour le leader adjoint de l’opposition, les données d’achalandage présentées par l’administration Plante ne révèlent rien sur les ventes et les chiffres d’affaires des entreprises et des commerces situés le long des VAS, qui sont selon lui des indicateurs incontournables dans une telle démarche.

Que les gens se promènent au parc Molson ou sur l’avenue Mont-Royal, ça change quoi? Ce qu’on veut savoir c’est si ça apporte une progression dans les ventes.

Francesco Miele, leader adjoint de l’opposition, Ensemble Montréal

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