•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Archives

Il y a 30 ans : L’éclatement de la guerre du Golfe

Saddam Hussein marchant entre deux véhicules suivi par des militaires.

En août 1990, le président irakien Saddam Hussein et ses troupes s'emparent du Koweït.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 2 août 1990, Saddam Hussein envahit le Koweït. La communauté internationale se mobilise pour chasser les troupes irakiennes de cet émirat situé dans la péninsule arabique. Parmi ces nations, le Canada, qui pour la première fois depuis 1939 déclare la guerre à un pays.

L'armée irakienne contrôle désormais le Koweït à la suite d'une invasion éclair qui a contraint l'émir Jaber al-Sabah à fuir et qui a suscité l'inquiétude et la réprobation à travers le monde, annonce le présentateur Pierre Granger au Téléjournal du 2 août 1990.

Il n’aura fallu que quelques heures aux forces irakiennes pour s’emparer du Koweït et prendre le contrôle de ses installations pétrolières.

Le président irakien Saddam Hussein invoque des raisons historiques et des droits sur ce territoire pour justifier son action.

Téléjournal, 2 août 1990

Comme le souligne Jean-Michel Leprince dans ce reportage au Téléjournal, l'argument des revendications territoriales pour envahir le Koweït cache en fait d'autres raisons.

Le président Hussein, qui est considéré par beaucoup comme un homme dangereux, s'est retrouvé victorieux après l'interminable guerre Irak-Iran, mais à la tête d'un pays très appauvri qui a une dette de plus de 15 milliards de dollars envers le très riche Koweït, explique le journaliste.

Les revenus de l’Irak dépendent à 90 % de l'or noir, que produit aussi le Koweït.

Saddam Hussein accuse l’émirat de lui faire perdre des milliards de dollars en provoquant une chute des prix pétroliers.

Le vase déborde lorsqu'au printemps 1990 le Koweït refuse de louer à l'Irak deux îles, Warba et Boubiyan, qui lui donneraient un accès stratégique au golfe Persique.

C'en est assez pour le président irakien.

Le jour même de l'invasion, l'ONU condamne les manœuvres de Saddam Hussein et exige le retrait des troupes irakiennes.

Le Koweït demande l’aide des États-Unis, qui décrètent en premier lieu un embargo commercial contre l’Irak.

Le président américain George Bush (père) soutient préférer une solution arabe au problème. À la fin de la journée, il laisse toutefois planer la possibilité d’une intervention militaire.

La prochaine étape est une sanction décidée par le Conseil de sécurité des Nations unies, déclare la première ministre de la Grande-Bretagne Margaret Thatcher à ses côtés.

Le Canada jouera dans ce contexte un rôle diplomatique de premier plan au sein de l’ONU.

La réponse du Canada

Dès le début de la crise en août 1990, le premier ministre Brian Mulroney prône la fermeté envers Saddam Hussein.

Il rencontre quelques jours plus tard le président George Bush, duquel il est très proche. Le premier ministre canadien s'empresse alors d'offrir son soutien aux Américains.

Le Canada devient également un joueur important dans l'échiquier diplomatique de ce conflit en raison de sa position de membre provisoire du Conseil de sécurité des Nations unies.

Au lendemain de l'invasion du Koweït par l'Irak, les États-Unis appellent tous les pays de la communauté internationale à prendre des mesures pratiques.

Le Canada répond à l'invitation.

Téléjournal, 24 août 1990

Le 24 août 1990, cinq hélicoptères et trois navires de guerre avec 934 soldats canadiens à leur bord quittent le port d’Halifax en direction du golfe Persique.

La flottille des Forces armées canadiennes est composée du destroyer Athabascan, un porte-hélicoptères, et du Terra Nova, un escorteur, de même qu'un bâtiment ravitailleur, le Protecteur.

Le reportage de Daniel L’Heureux montre l’inquiétude des proches qui assistent au départ des militaires canadiens vers ce qui pourrait devenir une zone de guerre.

Le Canada n'a pas envoyé de troupes au combat depuis 40 ans et aucun ordre formel n’a été donné pour le moment.

Si la guerre éclate, ça sera aussi la première fois que le Canada envoie des femmes au combat, souligne le journaliste Daniel L’Heureux au Téléjournal du 24 août 1990.

Téléjournal, 14 septembre 1990

Deux semaines plus tard, le 14 septembre 1990, le Canada décide d’accroître sa participation à la force multinationale de dissuasion.

Nous visons à restreindre l'agression de l'Irak contre le Koweït, déclare le premier ministre Brian Mulroney.

Les militaires canadiens sont désormais considérés en service actif.

450 soldats de plus et un escadron d’une douzaine d’avions CF-18 sont envoyés dans le golfe Persique. Ils ont pour mission de protéger la force navale et de transporter des réfugiés et militaires d’autres pays.

Les partis d’opposition soutiennent que le premier ministre aurait dû rappeler le Parlement afin de débattre de cette importante décision.

Les travaux du Parlement ne reprennent que dans dix jours, souligne le journaliste Daniel L’Heureux au Téléjournal, et la crise se développe rapidement.

Au sein de l’ONU

Pendant ce temps, aux Nations unies, l’ambassadeur canadien Yves Fortier et le ministre des Affaires étrangères, Joe Clark, s'efforcent de faire cheminer le Conseil de sécurité vers une résolution.

Les cinq membres permanents peinent à s’entendre sur une formule communément acceptable, en particulier pour les Soviétiques.

Des dirigeants de pays arabes tentent aussi de raisonner Saddam Hussein, alors que les Américains amorcent le plus formidable déploiement de forces depuis la guerre du Vietnam.

Mais le président irakien Saddam Hussein ne bronche pas.

Téléjournal, 29 novembre 1990

Comme en témoigne ce reportage de Jean-Michel Leprince au Téléjournal, c’est le 29 novembre 1990 que le Conseil de sécurité de l'ONU en arrive finalement à une résolution.

La résolution 678 autorise le recours à la force et fixe à l’Irak l'ultimatum au 15 janvier 1991 pour se retirer du Koweït.

Le texte laisse place à plusieurs interprétations. Il ne parle pas de façon explicite d'un recours à la force, mais de moyens nécessaires. Une signification pour certains qui va au-delà de la libération du Koweït.

Douze des quinze pays, dont le Canada, votent en faveur de la résolution.

Le Canada entre en guerre

Bulletin de guerre, 16 janvier 1991

On est en guerre, c'est vrai, annonce l'animateur Bernard Derome en introduction de l’émission spéciale du 16 janvier 1991 qui garde l’antenne durant cinq heures.

Maintenant que la guerre est officielle, on s’interroge et on s’inquiète de la forme qu’elle prendra.

Tout en menaçant d'utiliser les armes biologiques et chimiques, Bagdad brandit également un autre spectre : celui de la guerre psychologique, explique Réal D’Amours dans un reportage de ce premier bulletin de guerre à la télévision de Radio-Canada.

Bulletin de guerre, 16 janvier 1991

À 21 h, heure de l’Est, Bernard Derome interrompt une analyse pour un moment qu’il qualifie de très grave.

Il fait place au discours du président américain George Bush, instigateur de cette grande coalition de force pour combattre l’Irak.

Il y a deux heures de cela, les forces alliées ont commencé une attaque sur des cibles militaires en Irak et au Koweït, annonce le président américain. Ces attaques se poursuivent au moment où je vous parle.

Les 2500 Canadiens qui ont servi pendant le conflit resteront à jamais marqués par l'opération Tempête du désert et les cinq semaines de combat qui suivront.

Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.

Archives

International