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Obama salue l'un « des pères fondateurs d'une Amérique plus juste » et fustige Trump

Barack Obama condamne l’envoi des forces fédérales contre des « manifestants pacifiques ».

L'ancien président Obama prononce son discours devant le cercueil de John Lewis.

Les funérailles ont eu lieu à l'église baptiste d'Ebenezer, où le révérend Martin Luther King, ancien compagnon de route de John Lewis, a prêché un jour.

Photo : via reuters / ALYSSA POINTER

Radio-Canada

Plus de 1000 personnes, dont l'ancien président américain Barack Obama, se sont rassemblées dans une église historique d'Atlanta pour rendre un dernier hommage à John Lewis, figure emblématique de la non-violence et des droits civiques aux États-Unis, décédé le 17 juillet à l'âge de 80 ans.

Barack Obama, qui a prononcé une oraison funèbre à la fois personnelle et politique en mémoire de celui qui a été élu en 1986 pour représenter la Georgie à la Chambre des représentants, a déclaré que l’on se souviendra de John Lewis comme d’un Américain dont la foi a été testée encore et encore pour produire un homme de pure joie et de persévérance inébranlable.

Un jour, lorsque nous aurons terminé ce long voyage vers la liberté, lorsque nous aurons formé une union plus parfaite, que ce soit dans des années ou des décennies, ou même si cela prend encore deux siècles, John Lewis sera un des pères fondateurs de cette Amérique plus juste, a-t-il déclaré en soulignant le courage de celui qui a défié toute une infrastructure d'oppression.

L'ancien président en a aussi profité pour se livrer à une attaque en règle contre Donald Trump, condamnant l'envoi d'agents fédéraux contre des manifestants pacifiques et les tentatives de restreindre le droit de vote des Américains.

Un réquisitoire anti-Trump

Ce qui donne un but à chaque nouvelle génération est de reprendre le travail inachevé de la dernière et de le porter plus loin que ce que l'on aurait pu imaginer, a souligné Barack Obama, alors que les protestations contre le racisme systémique et les violences policières déchirent les États-Unis depuis plusieurs semaines.

Malgré les progrès accomplis depuis les années 1960, marquées par la répression de militants comme John Lewis, nous pouvons encore voir notre gouvernement fédéral envoyer des agents utiliser du gaz lacrymogène et des matraques contre des manifestants pacifiques, a-t-il déploré.

Donald Trump, qui espère décrocher un second mandat en se posant en garant de la loi et de l'ordre, a dépêché à Portland, dans le nord-ouest des États-Unis, une centaine d'agents qui, vêtus de tenues paramilitaires, ont procédé à l'interpellation de dizaines de manifestants antiracistes accusés d'être des émeutiers.

Lors de son discours, l'ancien président démocrate a notamment fait le lien entre l'héritage de Lewis et la lutte continue contre ceux qui font tout ce qu'ils peuvent pour décourager les gens de voter.

Comme John [Lewis], il va falloir que nous nous battions encore plus pour défendre l'outil le plus puissant dont nous disposions : le droit de vote , a-t-il lancé, dans une allusion au président Trump qui a évoqué un report de la présidentielle de novembre prochain, même si cette décision n'est pas de son ressort.

M. Obama a évoqué la fermeture de bureaux de vote, les lois restrictives qui compliquent l'inscription des minorités et des étudiants et l'affaiblissement des services postaux qui acheminent les votes par correspondance.

Peu d'élections ont été aussi importantes que celle-ci à de nombreux niveaux, a encore estimé l'ex-président démocrate, qui fait ouvertement campagne depuis quelques semaines pour son ancien numéro 2 à la Maison Blanche, Joe Biden.

Se rassembler autour de la justice

Présents à la cérémonie, les anciens présidents George W. Bush et Bill Clinton ont quant eux préféré évoquer les débuts modestes de John Lewis dans une ferme de Troy, en Alabama, avant qu'il devienne un leader du mouvement des droits civiques et, finalement, l'homme connu comme étant la conscience du Congrès.

Nous vivons dans un pays meilleur et plus noble aujourd'hui grâce à John Lewis, a déclaré M. Bush.

Fils d'un métayer de l'Alabama, John Lewis s'est battu pour l'égalité des Noirs dans une Amérique aux prises avec le sectarisme et la ségrégation raciale. Et ce, tout en prônant la non-violence.

La mort de cette icône des droits civiques est survenue à un moment où les États-Unis vivent une résurgence des démons raciaux, après la mort de George Floyd entre les mains de la police de Minneapolis.

Dans une contribution écrite peu avant sa mort et publiée jeudi dans le New York Times, John Lewis a appelé la nation à se rassembler autour de la justice et de l'égalité.

Lorsque les historiens prendront leur plume pour écrire l'histoire du 21e siècle, qu'ils disent que c'est votre génération qui a enfin déposé les lourds fardeaux de la haine et que la paix a finalement triomphé sur la violence, l'agression et la guerre, a écrit John Lewis. Je vous dis donc, frères et sœurs, marchez avec le vent et laissez-vous guider par l'esprit de paix et la force de l'amour éternel.

Avec les informations de Reuters

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