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Malgré les pressions de Trump, Huawei devient leader mondial des téléphones intelligents

Le groupe chinois dépasse ainsi son principal concurrent, Samsung.

Une enseigne lumineuse porte le logo du fabricant chinois Huawei au-dessus d'un commerce qui vend des téléphones intelligents à Pékin, en Chine.

Le groupe chinois a devancé son principal concurrent, Samsung.

Photo : AFP/Getty Images / Greg Baker

Agence France-Presse

Au sommet malgré les pressions, Huawei est devenu, au deuxième trimestre, le premier vendeur mondial de téléphones intelligents, au moment où le groupe chinois lutte contre Washington pour déployer dans le monde sa technologie 5G.

Le géant des télécommunications se retrouve au centre de la rivalité sino-américaine, sur fond de guerre commerciale et technologique et de soupçons d'espionnage.

Huawei est considéré comme le chef de file mondial de la 5G, une nouvelle norme de technologies mobiles amenées à révolutionner Internet et dont le déploiement est appelé à s'accélérer.

Soupçonnant le groupe de collusion avec Pékin et évoquant des risques en matière de cybersécurité, Washington a multiplié, ces derniers mois, les pressions sur ses alliés pour qu'ils bannissent les équipements Huawei.

Dans ce contexte, la firme de Shenzhen, dans le sud de la Chine, n'en a pas moins détrôné l’entreprise sud-coréenne Samsung pour devenir le premier vendeur mondial de téléphones intelligents au second trimestre, selon les données compilées par le bureau d'études Canalys.

Le téléphone Huawei P40, vu de dos et de face. Il s'agit d'un téléphone intelligent avec un gros module de caméra rectangulaire, comme le Samsung Galaxy S20 Ultra.

Les nouveaux téléphones de Huawei, comme le P40 (photo), se passent de la boutique d'applications et des services de Google et proposent à la place une boutique de logiciels et des services maison.

Photo : Huawei

Aidé par la pandémie

Paradoxalement, la pandémie de COVID-19 a aidé Huawei, en pénalisant davantage son principal concurrent.

Entre avril et juin, le groupe chinois a vendu 55,8 millions de téléphones (-5 % sur un an) contre 53,7 millions pour Samsung (-30 %).

C'est un résultat remarquable que peu de gens auraient prédit il y a un an, souligne Ben Stanton, analyste de Canalys, y voyant l'effet de la pandémie.

Huawei a pleinement profité de la reprise économique en Chine pour relancer son activité dans le domaine des téléphones intelligents, alors que les principaux marchés de son concurrent Samsung (Brésil, Inde, États-Unis et Europe) restent fortement touchés par la pandémie, selon M. Stanton.

Huawei s'est félicité d'une résilience exceptionnelle en ces temps difficiles.

Avec moins de 1 % de part de marché en Chine, Samsung n'a pas pu profiter de la reprise du géant asiatique, où une multitude de concurrents locaux sont présents.

Une pression croissante

Depuis un an et demi, Huawei est dans le viseur de l'administration Trump, qui l'a mis sur une liste noire américaine pour l'empêcher d'acquérir des technologies fabriquées aux États-Unis indispensables à ses téléphones.

Donald Trump portant un masque bleu marin avec le blason doré de la présidence américaine gravé sur le côté gauche.

Donald Trump a prolongé en mai son décret interdisant aux réseaux américains de télécommunications d'acheter leurs équipements auprès de sociétés étrangères jugées à risque, une mesure qui vise principalement Huawei.

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

Privé du système d'exploitation Android de Google, Huawei est contraint d'accélérer le développement de son propre système, HarmonyOS, dévoilé l'an dernier.

Quant aux puces, Huawei accroît ses efforts pour les faire produire par sa filiale HiSilicon.

Et Huawei fait face, depuis quelque temps, à une pression croissante sur le front de la 5G.

Le passé militaire du fondateur de Huawei, Ren Zhengfei, son appartenance au Parti communiste chinois et une culture d'entreprise opaque ont alimenté les soupçons sur l'influence du régime sur le groupe.

Washington martèle que les services de renseignement chinois pourraient utiliser les équipements Huawei pour surveiller les communications et le trafic de données d'un pays.

L'argument américain entendu ailleurs

Si Huawei s'en défend, l'argument américain commence à être entendu.

Au nom de la sécurité, le Royaume-Uni a annoncé à la mi-juillet sa décision d'expurger, à terme, son réseau 5G de tout équipement produit par Huawei.

L'Australie et le Japon ont choisi d'interdire Huawei sur leur sol. Singapour ne lui accorde qu'un rôle secondaire pour son futur réseau 5G, préférant les fabricants Nokia et Ericsson.

En France, Huawei ne fera pas l'objet d'une interdiction totale. Mais les opérateurs utilisant déjà la marque auront des autorisations d'exploitation limitées dans le temps.

Dans ce contexte de méfiance grandissante, il sera difficile pour Huawei de rester numéro un sur le marché des téléphones intelligents, selon un autre analyste de Canalys, Mo Jia.

Ce dernier estime que certains marchés cruciaux, notamment l'Europe, pourraient privilégier d'autres marques pour réduire les risques.

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