•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un bateau au cœur d’une saisie de cocaïne faisait craindre la COVID-19

Un petit bateau de plaisance sur la terre ferme

Le nom du bateau, Interlude, est maintenant masqué. Le bateau a été saisi le 18 juillet par l’Agence des services frontaliers et il se trouve à Halifax depuis ce moment. L’Agence dit qu'elle avait trouvé à bord 270 kg de cocaïne.

Photo : CBC/Paul Poirier

Radio-Canada

Un incident, qui a d'abord suscité la crainte de la propagation de la COVID-19 dans une petite ville côtière de la Nouvelle-Écosse, s'est clos par une importante saisie de cocaïne.

Tout a débuté le 17 juillet. Tim MacIntosh, propriétaire d’un petit magasin et poste d’essence à Lydgate, a reçu un appel signalant qu’un bateau transportant deux personnes était arrivé à Lockeport pour faire le plein d’essence.

M. MacIntosh s’est rendu au quai où attendait un couple portant des bidons d’essence. Les deux personnes sont montées à bord de sa camionnette.

Le commerçant dit qu’il leur a demandé d’où ils provenaient. Selon lui, l’homme a répondu qu’ils venaient d’une petite ville au Québec non touchée par la COVID-19 et qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter.

Dès le lendemain, à Halifax, les autorités ont arrêté le couple et saisi à bord du petit bateau de plaisance 270 kg de cocaïne, un chargement évalué à 33,8 millions de dollars. L’Agence des services frontaliers du Canada explique que le bateau provenait en fait des Caraïbes et que le couple n’avait pas signalé aux autorités son arrivée au pays. Les arrestations ont été rendues publiques 11 jours plus tard.

Jamey Nickerson interviewé sur un quai, devant un bateau.

Jamey Nickerson, employé à temps partiel de l’autorité portuaire de Lockeport, explique que l’Agence des services frontaliers lui avait demandé de vérifier un bateau amarré à cet endroit.

Photo : CBC/Yvonne Colbert

Tim MacIntosh ajoute que le couple était retourné au quai après avoir acheté de l’essence. Jamey Nickerson, employé à temps partiel de l’autorité portuaire de Lockeport, est arrivé peu après. Il a dit que l’Agence des services frontaliers lui avait demandé de vérifier le nom d’un bateau amarré à cet endroit.

M. Nickerson a parlé à M. MacIntosh et il s’est approché du bateau qui lui semblait être en mauvais état. Selon M. Nickerson, l’homme s’est encore présenté comme étant un Québécois.

L’homme lui avait dit auparavant qu’il naviguait depuis quatre semaines et qu’il arrivait de Saint-Martinique dans les Caraïbes, un endroit qui n’existe pas. L’homme lui a dit qu’il n’avait pas eu de contact avec d’autres personnes au cours des dernières semaines, mais il a reconnu ensuite que le couple s’était arrêté à Salem, au Massachusetts, trois jours plus tôt, pour acheter de la nourriture et de l’essence.

Jamey Nickerson dit ne pas savoir si le couple était descendu à terre à cette occasion. Il jugeait ennuyeux le fait que l’homme avait changé son histoire et il s’inquiétait pour le bien-être des résidents de Lockeport.

Tim et Ruth MacIntosh côte à côte.

Tim MacIntosh, ci-dessus avec son épouse, Ruth, dit qu’il s’est isolé pendant deux semaines après avoir croisé le couple de navigateurs à Lockeport.

Photo : Facebook

Toute personne qui arrive de l’étranger doit s’isoler pendant 14 jours à son arrivée au Canada.

Jamey Nickerson ajoute que l’homme lui a dit qu’ils comptaient se rendre à Halifax et informer les autorités de leur arrivée à ce moment. Selon lui, le couple était sympathique et poli.

M. Nickerson a donné tous ces renseignements, y compris le nom du bateau, à l’Agence des services frontaliers. Il a aussi communiqué avec la Gendarmerie royale du Canada. Les autorités lui ont donné peu d’informations sur ce qu’il pouvait faire de plus, et il est resté sur le quai jusqu’au départ du bateau. Il dit que des policiers sont arrivés par la suite.

Le couple n'était peut-être pas porteur du coronavirus, mais il fallait quand même prendre des précautions, estime Jamey Nickerson. Lockeport, a-t-il souligné, fait du très bon travail en matière de prévention de la COVID-19.

Tim MacIntosh a d’ailleurs pris l’initiative de s’isoler pendant deux semaines après avoir rencontré le couple. Il dit avoir embauché quelqu’un pour le remplacer dans son commerce entre-temps.

Les restrictions dans les eaux canadiennes

L’Agence des services frontaliers explique, dans un courriel, qu’elle travaille avec les autres services de maintien de l’ordre pour surveiller les voies navigables canadiennes et toute activité transfrontalière non essentielle.

Le gouvernement fédéral a imposé cette année des restrictions aux personnes qui entrent au Canada. Plusieurs exceptions sont prévues, mais la loi, précise l’Agence des services frontaliers, oblige les personnes qui entrent dans les eaux canadiennes à l’informer de leur arrivée, quel que soit leur pays d'origine. Les navigateurs qui arrivent au Canada sans l’informer sont passibles d'amendes, de la saisie de leur bateau et d'accusations criminelles.

Deux agents encadrent des paquets de drogue posés sur une table.

La drogue saisie à bord du bateau à Halifax.

Photo : Agence des services frontaliers du Canada

L’amende minimale, précise l’Agence des services frontaliers, s’élève à 1000 $. Les personnes qui ne respectent pas les restrictions énoncées dans la Loi sur la mise en quarantaine sont passibles de six mois de prison et d’une amende de 750 000 $.

De plus, toute personne qui présente un risque de mort ou de blessures graves pour autrui tout en contrevenant volontairement à cette loi ou à d’autres réglementations risque de se voir imposer une amende maximale de 1 million de dollars et/ou trois ans de prison, souligne l’Agence des services frontaliers.

Les citoyens canadiens ont le droit de rentrer au pays, ajoute l'Agence, et le simple fait de voir un véhicule ou un bateau immatriculé aux États-Unis n’est pas une raison de croire qu’il y a eu une activité transfrontalière suspecte.

L’Agence des services frontaliers invite les gens à lui signaler toute activité transfrontalière suspecte.

Avec les renseignements d’Yvonne Colbert, de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nouvelle-Écosse

Drogues et stupéfiants