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Ashley Judd autorisée à poursuivre Harvey Weinstein pour harcèlement sexuel

Ashley Judd, souriante sur une scène, regarde vers la gauche.

L'actrice Ashley Judd a été l'une des premières femmes à briser le silence sur les agissements d'Harvey Weinstein.

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

Radio-Canada

L'actrice américaine Ashley Judd peut poursuivre pour harcèlement sexuel le producteur déchu Harvey Weinstein, qu'elle accuse d'avoir ruiné sa carrière pour avoir résisté à ses avances, a jugé mercredi une cour d'appel de Californie.

En première instance, un juge fédéral de Los Angeles avait au contraire estimé, en janvier 2019, que le harcèlement sexuel n'était pas applicable dans le cas de la comédienne, qu'il avait toutefois autorisée à entamer des poursuites civiles.

Ashley Judd, 52 ans, a été l'une des premières à briser le silence sur les agissements d'Harvey Weinstein, accusé de harcèlement, d'agression sexuelle ou de viol par plus de 80 femmes, dont des vedettes comme Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow ou encore Léa Seydoux.

Le magnat déchu a été condamné, à New York au printemps dernier, à une peine de 23 ans de prison pour viol et agression sexuelle. Dans le cadre de procédures distinctes ouvertes à Los Angeles, il est également accusé par trois femmes de crimes similaires commis en Californie.

Exclue du Seigneur des anneaux à cause de Weinstein

Dans une plainte déposée en avril 2018, Ashley Judd affirme que M. Weinstein a anéanti ses chances d'apparaître dans la trilogie fantastique de Peter Jackson Le seigneur des anneaux, l'une des séries les plus lucratives de l'histoire du cinéma, en disant au réalisateur et à son équipe que travailler avec la comédienne était un cauchemar. Des affirmations que Peter Jackson a publiquement confirmées dans des entrevues.

Avec ces attaques sans fondement, M. Weinstein a réussi à faire inscrire Mme Judd sur une liste noire et a mis fin pour elle à la possibilité de travailler sur ce qui est devenu une série de films générant des milliards de dollars et qui a récolté 17 Oscars, dénonce la plainte.

Ashley Judd dit avoir été punie parce qu'elle avait rejeté ses avances sexuelles, un an plus tôt [en 1997], quand il l'avait coincée dans sa chambre d'hôtel sous le prétexte de parler affaires.

Élargir le spectre de la loi

Les avocats de Judd avaient initialement poursuivi Weinstein en invoquant une loi californienne qui interdit le harcèlement sexuel par une personne – autre qu’un employeur – qui détient un pouvoir professionnel sur une autre, notamment les propriétaires envers les locataires et les membres d’un corps professoral envers les étudiants et étudiantes.

En première instance, le juge de Los Angeles avait estimé qu’à l’époque, la loi ne s'appliquait pas aux relations entre acteurs, actrices et producteurs, productrices. Elle a certes été modifiée depuis pour inclure producteurs, productrices et réalisateurs, réalisatrices, mais n'est pas rétroactive, avait-il jugé.

La cour d'appel saisie par la comédienne a quant à elle estimé que le rapport de force entre Harvey Weinstein et Ashley Judd était à la faveur du premier et lui permettait d'exercer des pressions sur Mme Judd grâce à sa situation professionnelle et son influence en tant que grand producteur d'Hollywood.

Au moment de déposer la poursuite, les avocats de Judd avaient été clairs sur un point : elle poursuivait le producteur en partie pour élargir le spectre de la loi, afin d’y inclure les relations prédatrices d’Hollywood. Ils ont donc salué la décision de la cour d’appel mercredi.

Les juges ont renvoyé l'affaire devant le tribunal fédéral de Los Angeles.

Dans sa plainte, Ashley Judd réclame des dommages et intérêts d'un montant non spécifié et s'est engagée à les reverser à des organisations de défense des victimes de harcèlement sexuel au travail.

Harvey Weinstein a démenti tout harcèlement ou rapport sexuel non consenti.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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