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La saison touristique de l’île Verte touchée par la pandémie

L'île Verte, avec ses cabanes qui servaient autrefois à fumer le hareng.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

La saison touristique bat son plein au Québec, mais sur l'île Verte, elle est bien différente. Le traversier pour s'y rendre accepte la moitié moins de passagers qu'à l'habitude, ce qui force certains commerces et attractions à fermer cet été.

Le Peter-Fraser, le petit traversier qui relie l'île au continent, peut normalement accueillir 70 passagers, mais avec les normes pour contrer la pandémie de COVID-19, ce nombre a été réduit de moitié.

En plus des 35 passagers acceptés à bord, seuls 12 peuvent l'être à pied ou à vélo, pour respecter la distanciation de deux mètres entre les voyageurs, selon le porte-parole de la Société des traversiers du Québec, Alexandre Lavoie.

Le Peter-Fraser, au quai de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.

La capacité du Peter-Fraser a été réduite de moitié en raison des mesures de distanciation physique en vigueur.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

Comme moins de gens peuvent embarquer sur le traversier, moins de services sont ouverts sur l'île, et comme moins de services sont ouverts, moins de voyageurs sont portés à traverser pour passer la journée sur l’île.

On embarque dans un cercle vicieux étant donné qu'il n'y a rien d'ouvert, bien il y a des gens qui décident de ne pas traverser finalement.

Louise Newbury, mairesse de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs

Les musées, le gîte du phare, le phare lui-même, en rénovations, ainsi que les navettes pour touristes sont donc fermés cette année.

Le phare et la maison du phare de l'île Verte.

Le phare de l'île Verte est fermé aux visiteurs cette année puisqu'il est en rénovations. La maison du phare, dont le gîte accueille normalement plusieurs chambreurs, n'est louée qu'à une seule cellule familiale à la fois cette année.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

Cette année, ce sont plutôt les chalets en location qui ont la cote. Par contre, ces locataires apportent généralement leur nourriture sur l'île pour la durée de leur séjour.

Ce type de clientèle touristique n’est donc pas très avantageux pour les restaurateurs qui comptent plutôt sur les touristes de passage.

Michelle Dionne dans son café.

Le Café de l'Échouerie, à Notre-Dame-des-Sept-Douleurs

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

La propriétaire du Café de l'Échouerie, Michelle Dionne, a décidé de fermer définitivement son café cet été, après 13 ans d'activité.

Avec la pandémie et les mesures de distanciation physique à appliquer, il lui est devenu impossible de rentabiliser son restaurant.

C'est impossible. C'est tout petit. J'ai 12 places. Les gens étaient déjà comme cordés. Alors là, la distanciation, c'est comme impossible. Ça voudrait dire travailler beaucoup dans la journée pour deux clients.

Michelle Dionne, propriétaire du Café de l'Échouerie

Elle avait déjà en tête de fermer, mais la pandémie a confirmé sa décision.

La pandémie, ça a fait que ça m'a donné une claque sur l'épaule. "Lâche [prise], Michelle", raconte-t-elle en riant.

Michelle Dionne devant son café.

Michelle Dionne, la propriétaire du Café de l'Échouerie, fait partie de la septième génération de sa famille à habiter sur l'île Verte.

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Mme Dionne n’est pas la seule à s’être demandé si elle devait fermer boutique.

Le propriétaire du Café d'Alphé, Donald Caron, nommé ainsi en l'honneur de son arrière-grand-père qui habitait déjà l'île à l'époque, a décidé, après réflexion, d'ouvrir ses portes, même s'il fonctionne à perte cette année.

Donald Caron, devant le Café d'Alphé.

Donald Caron, le propriétaire du Café d'Alphé, a décidé d'ouvrir un dernier été pour dépanner les touristes.

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

M. Caron souhaitait prendre définitivement sa retraite, mais avec la pandémie, il a plutôt choisi d'ouvrir pour un été supplémentaire.

À cause du virus, puis là les restaurants ont fermé sur l'île, bien j'ai décidé d'ouvrir pour accommoder un peu le monde. Puis, ça m'a fait plaisir à moi aussi.

Donald Caron, propriétaire du Café d'Alphé

Par contre, il ne sert pas de repas comme à l'habitude, puisqu'il ne pourrait pas écouler ses stocks.

La poissonnerie tient bon, malgré la pandémie

Colette Caron gère seule la poissonnerie Chez Colette - Fumoir artisanal sur l'île Verte depuis 15 ans maintenant.

Mme Caron est native de l'île et a repris la poissonnerie construite par son père qui était pêcheur de hareng et qui lui a enseigné à fumer le poisson.

La poissonnerie Chez Colette, à l'île Verte.

Colette Caron a repris il y a 15 ans la poissonnerie construite par son père.

Photo : Facebook: Chez Colette - Fumoir artisanal

Avec le confinement et la pandémie, la poissonnière a ouvert son commerce trois semaines plus tard qu'à l'habitude cette année. Elle ouvre normalement ses portes de la Fête des Patriotes à l'Action de grâces.

La poissonnière sent elle aussi la diminution dans le nombre de passants d'un jour.

Il n'y en a pas. Pratiquement pas. Donc, c'est sûr que ça a une influence sur le chiffre d'affaires, puis sur l'achalandage à la poissonnerie. [...] Il ne faut pas lâcher.

Colette Caron, propriétaire de Chez Colette - Fumoir artisanal

Mme Caron ignore pour l'instant si la baisse d'affluence de touristes qui traversent pour une journée seulement aura un impact significatif sur son chiffre d'affaires. Ça, je vais pouvoir répondre à ça à l'automne, dit-elle à ce sujet.

Je verrai. Au pire aller, je vais faire comme j'ai déjà fait. Je vais partir, puis je vais aller travailler à l'extérieur [pendant l'hiver], soutient la poissonnière.

Une ancienne fenêtre pend entre le comptoir-caisse et le reste de la poissonnerie.

Mme Caron a installé une ancienne fenêtre devant le comptoir de sa poissonnerie pour créer un écran protecteur entre elle et les clients. Elle a décidé d'ouvrir plus tard qu'à l'habitude pour la saison estivale en raison du confinement lié à la COVID-19 .

Photo : Facebook: Chez Colette - Fumoir artisanal

D'autres types de clients demeurent toutefois au rendez-vous cet été. Colette Caron prépare certaines commandes pour des clients à l'extérieur de l'île qui vont récupérer leurs produits au traversier.

Les locataires de chalet, très présents cette année sur l'île Verte, figurent aussi parmi sa clientèle fidèle.

Un bon été pour d’autres

Outre les propriétaires qui offrent leurs chalets en location, d’autres commerçants réussissent à tirer leur épingle du jeu à Notre-Dame-des-Sept-Douleurs cet été.

Une maison de l'île Verte.

Les chalets et les maisons à louer sont très populaires auprès des touristes cet été sur l'île Verte.

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

C'est le cas pour un couple de Montréalais qui a décidé de fermer son café du Plateau-Mont-Royal pendant le confinement, après avoir suspendu les activités de l’établissement pendant plusieurs semaines.

Cette période a nui aux finances de l’entreprise et il devenait difficile de prévoir l’atteinte de la rentabilité pour l’entreprise tout en respectant les mesures sanitaires en vigueur.

Diane Labelle et son conjoint possèdent des chalets sur l'île depuis plusieurs années et y passent leurs étés.

Le bâtiment qui abrite le Comptoir gourmand.

Le Comptoir gourmand administré par Diane Labelle et son conjoint dans l'un des bâtiments situés près du phare de l'île Verte.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

Après avoir reçu une invitation de la part de la corporation qui gère le phare et les maisons du phare de l’île Verte d’ouvrir une cantine gourmande sans but lucratif dans l’un de ses bâtiments, ils ont fait le saut.

La réponse est excellente. Vraiment. On a été obligés de fermer une journée pour produire, parce que tout avait été vendu.

Diane Labelle, gérante du Comptoir gourmand

La cantine a été ouverte à titre de projet pilote pour évaluer l’attrait d’un tel comptoir.

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