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En route vers Mars, le robot chasseur de vie de la NASA connaît des difficultés

Perseverance prélèvera des échantillons de roches qui seront rapportés sur Terre, au plus tôt en 2031.

Une fusée décolle.

La fusée de la United Launch Alliance s’est élancée jeudi matin de cap Canaveral, en Floride, à destination de Mars.

Photo : Reuters / JOE SKIPPER

Agence France-Presse

La NASA a lancé jeudi vers Mars son robot mobile Perseverance, conçu pour découvrir des traces de vie ancienne sur la planète rouge, et l'agence spatiale américaine s'est montrée rassurante quant au bon déroulement du voyage, qui doit durer sept mois, malgré quelques difficultés techniques rencontrées après le décollage.

L'engin est le plus sophistiqué jamais envoyé par la NASA sur Mars : il emporte un minihélicoptère qui tentera le premier vol d'un appareil sur une autre planète, un système qui doit permettre de tester la production d'oxygène sur place, et des micros qui pourraient être les premiers à enregistrer du son martien.

Une fusée Atlas V de United Launch Alliance a décollé comme prévu à 7 h 50 (HAE) de cap Canaveral en Floride, dans un ciel dégagé, pour un voyage de 480 millions de kilomètres.

Le premier étage de la fusée s'est détaché quelques minutes plus tard, avant une deuxième poussée depuis l'orbite terrestre, qui a propulsé Perseverance sur sa trajectoire en direction de Mars.

La NASA a ensuite annoncé des délais anormaux dans les communications avec le vaisseau, et que celui-ci s'était placé en mode sans échec, ce qui signifie qu'il n'utilise plus que ses fonctions essentielles. En cause : probablement une température plus froide qu'anticipé lorsque le vaisseau est passé dans l'ombre de la Terre.

Mais l'agence s'est voulue rassurante et a soutenu que ses équipes travaillaient à faire repasser le vaisseau dans une configuration normale.

Illustration montrant ce à quoi ressemblera le robot à la surface de Mars.

Illustration montrant ce à quoi ressemblera le robot à la surface de Mars.

Photo : NASA

S'il arrive intact, le 18 février 2021, Perseverance sera seulement le cinquième robot à réussir le voyage depuis 1997. Tous jusqu'ici sont américains, mais la Chine a lancé la semaine dernière son premier engin martien, qui devrait arriver en mai 2021.

Mars pourrait donc avoir l'an prochain trois robots en activité, avec l'américain Curiosity, qui a parcouru 23 km sur la planète rouge depuis 2012.

Cela ne fait aucun doute, c'est un défi, a dit mercredi Jim Bridenstine, le chef de la NASA, à propos de cette mission. Il n'y a pas d'autre manière de le dire, ce n'est pas facile. Et c'est très risqué du point de vue des chances de réussite. Cela dit, nous savons comment nous poser sur Mars, nous l'avons déjà fait huit fois.

Le nouveau robot, construit au mythique Jet Propulsion Laboratory de la NASA à Pasadena, en Californie, est une version améliorée de Curiosity. Ses six roues sont plus robustes, il est plus rapide, plus intelligent et peut se piloter sur 200 mètres par jour.

Grand comme un véhicule utilitaire sport (trois mètres de long), il pèse une tonne, dispose de 19 caméras et de 2 micros. Son bras robotique mesure deux mètres. Un générateur au plutonium rechargera ses batteries.

Il emporte également un concentré de savoir-faire français, comme l’œil du robot, baptisé SuperCam, s'est félicité le président français Emmanuel Macron après le lancement, saluant une nouvelle page de la conquête spatiale.

Illustration de l'hélicoptère Ingenuity.

Si tout va bien, l'hélicoptère Ingenuity sera le premier engin à voler sur Mars.

Photo : La Presse canadienne / NASA

Une fois le robot arrivé à bon port, la NASA tentera de faire s'envoler l'hélicoptère Ingenuity, 1,8 kg, dans l'air très fin de Mars, dense comme 1 % de l'atmosphère terrestre. Le but est de prouver la faisabilité du concept.

Un autre objectif est de préparer de futures missions humaines, en faisant l'expérience de production d'oxygène sur place, à partir du dioxyde de carbone de l'atmosphère martienne. L'instrument baptisé MOXIE utilisera pour ce faire un procédé appelé électrolyse.

La mission principale de Perseverance sera de chercher des traces de vie passée sur Mars, parce que les scientifiques pensent avoir de bonnes preuves que, il y a plus de trois milliards d'années, la planète était plus chaude et couverte de rivières et de lacs, des ingrédients qui ont fait naître, au moins sur Terre, des microbes, avant que la planète rouge ne devienne froide et sèche, pour une raison qui échappe encore aux planétologues.

Il n'y aurait pas de plus grande découverte dans l'histoire de l'humanité que de trouver de la vie dans un monde qui n'est pas le nôtre, a déclaré le chef de l'agence spatiale américaine Jim Bridenstine, lors de la conférence de presse postlancement.

Chercher la vie

Autre grande première : Perseverance prélèvera une trentaine d'échantillons de roches dans des tubes, qu'une future mission américano-européenne récupérera pour qu'ils soient rapportés sur Terre, au plus tôt en 2031.

La preuve indiscutable de vie passée sur Mars ne sera très probablement pas confirmée, si elle existe, avant l'analyse de ces échantillons la décennie prochaine, selon Thomas Zurbuchen, chef scientifique de la NASA.

Nous cherchons vraisemblablement une forme de vie très primitive, pas des formes avancées comme des ossements ou des fossiles de fougères, a expliqué Ken Farley, scientifique du projet à l'Université Caltech.

La NASA a choisi d'atterrir dans le cratère de Jezero, vieux de 3,8 milliards d'années, et plus précisément dans ce qui ressemble fortement à un ancien delta. Les deltas se forment quand des rivières déposent des sédiments dans un plan d'eau.

Plus de 350 géologues, géochimistes, astrobiologistes, spécialistes de l'atmosphère et autres scientifiques du monde entier participent à la mission, qui durera au moins deux ans et sans doute beaucoup plus longtemps si l'on en croit l'expérience des précédents robots, très endurants.

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