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Affaire UNIS : les conservateurs veulent une deuxième enquête sur Trudeau

Le commissaire à l'éthique élargit son enquête sur le ministre des Finances Bill Morneau.

Gros plan de Pierre Poilievre, montrant du doigt.

Les conservateurs maintiennent la pression sur Justin Trudeau, à la veille de son témoignage devant le comité des finances de la Chambre des communes sur l'affaire UNIS.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le Parti conservateur réclame une autre enquête du commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique sur des sommes supplémentaires qui auraient été versées par l’organisme UNIS à des membres de la famille Trudeau.

Selon les conservateurs, il s’agirait d’un nouveau montant de 212 000 $, qui s’ajouterait aux 353 000 $ que la mère, l'épouse et le frère du premier ministre ont reçus de la part de l’organisme de charité pour avoir participé à une série d'activités et d'événements organisés par UNIS (We Charity en anglais).

On savait auparavant que la famille Trudeau avait reçu à peu près 353 000 $ de frais de l’organisme UNIS, mais hier [mardi], on a appris qu’il y a eu un autre 212 000 $ que l’organisme a payés pour rembourser des dépenses des membres de la famille Trudeau, a déclaré mercredi le député conservateur Pierre Poilievre en conférence de presse.

Les conservateurs affirment avoir obtenu cette information mardi, alors que les frères Mark et Craig Kielburger témoignaient devant le comité parlementaire des finances de la Chambre des communes.

Au total, l’organisme UNIS a versé plus de 500 000 $ à la famille Trudeau. C’est-à-dire plus d’un demi-million de dollars de paiement d’un organisme à cette famille.

Pierre Poilievre, député conservateur de Carleton

À la lumière de ces nouvelles révélations, les conservateurs ont annoncé qu’ils déposeront une deuxième plainte auprès de la commissaire à l’éthique dans cette affaire.

Nous voulons savoir si ces dépenses de 212 000 $ remboursées par UNIS à la famille Trudeau sont illégales, a expliqué Pierre Poilievre. Deuxièmement, si ces dépenses ont créé un plus grand conflit d’intérêts pour le premier ministre.

Une autre section de la loi

Les conservateurs avaient préalablement demandé au commissaire fédéral à l'éthique Mario Dion d’examiner si Justin Trudeau a contrevenu aux articles 6(1), 7 et 21 de la Loi sur les conflits d'intérêts. Ils croient qu’il est possible que M. Trudeau ait enfreint une autre section de la loi.

Selon la section 11 de la loi sur les conflits d’intérêts, il est interdit à tout titulaire public et à leurs familles de recevoir des cadeaux qui pourraient laisser à penser qu’ils visent à influencer une décision de ce titulaire public, a rappelé le député de Carleton.

Le Parti conservateur a aussi déposé des plaintes auprès de la Gendarmerie royale du Canada, du commissaire au lobbying et de la vérificatrice générale.

Le gouvernement Trudeau est dans la tourmente depuis l'attribution sans appel d'offres en avril dernier de la gestion du programme de Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant (BCBE) d'une valeur de 500 millions de dollars à l'organisme UNIS. Celui-ci aurait pu recevoir jusqu'à 43,5 millions de dollars pour la gestion du programme.

Selon une première estimation faite en avril par le ministère des Finances, le programme de bourse aurait coûté 912 millions, mais ce montant a été revu à la baisse en raison du temps limité pour sa mise en oeuvre, à l'approche de l'été, selon le bureau de la ministre de la Jeunesse, Bardish Chagger.

Concrètement, le programme fédéral permet de verser jusqu'à 5000 $ en bourses d'études aux jeunes qui font jusqu'à 500 heures de bénévolat. Il s'adresse aux étudiants qui ne trouvent pas de travail cet été en raison de la pandémie de COVID-19.

L'attribution de ce contrat sans appel d'offres a provoqué une levée de boucliers en raison de liens apparents entre l'organisme et la famille Trudeau. C’est certainement préoccupant que la famille Trudeau reçoive autant de bénéfices, de frais, de dépenses remboursées pour un organisme que le premier ministre a aidé, a lancé M. Poilievre.

Enquête élargie sur Morneau

Le commissaire fédéral à l'éthique a indiqué mercredi qu'il élargissait son enquête sur les liens entre le ministre des Finances Bill Morneau et UNIS. Lors de son témoignage devant le comité des finances de la Chambres des communes, mercredi dernier, M. Morneau a révélé avoir remboursé 41 000 $ à l'organisme pour des voyages effectués il y a trois ans avec sa famille.

La loi interdit aux ministres ou aux membres de leur famille d'accepter les voyages gratuits pour éviter toute apparence de trafic d'influence.

Le commissaire à l'éthique a écrit mercredi aux conservateurs et aux néo-démocrates qui réclamaient une enquête élargie sur cette affaire. Il a déclaré qu'il tenterait de déterminer si M. Morneau a transgressé cette règle et s'il a également omis de dévoiler ces cadeaux.

Un témoignage attendu

Justin Trudeau devant des drapeaux du Canada.

Le premier ministre Justin Trudeau témoignera jeudi devant le comité permanent des finances de la Chambre des communes, à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Justin Trudeau doit comparaître jeudi devant le comité des finances de la Chambre des communes pour expliquer son rôle dans l'octroi de ce contrat.

Pierre Poilievre exhorte le premier ministre à révéler la vérité et toute la vérité demain lors de son passage devant le comité.

Il devrait divulguer tous les bénéfices, tout l’argent que sa famille a reçu d’UNIS. Deuxièmement, il devrait révéler toutes les conversations que lui, son bureau, ses ministres et sa famille ont eues avec l’organisme.

Pierre Poilievre, député conservateur

M. Poilievre a indiqué que son parti souhaite prolonger le témoignage de Justin Trudeau, dont la durée prévue est d’une heure. Il précise que le temps de parole attribué aux conservateurs se limite à 11 minutes.

Onze minutes, c’est rien pour une affaire de 500 millions de dollars, pour une affaire où sa famille a reçu des cadeaux, pour une affaire qui a mené à plusieurs enquêtes des autorités et commissaires. Onze minutes, ce n’est pas assez pour répondre aux questions. Nous voulons que les libéraux acceptent que le premier ministre reste au moins trois heures, a-t-il déclaré.

Les libéraux ont obligé Jody Wilson-Raybould à rester presque quatre heures au comité pendant l’affaire SNC-Lavallin. Si madame Jody Wilson-Raybould peut rester aussi longtemps, le premier ministre devrait être capable de le faire aussi, a-t-il ajouté.

Un avertissement

Le député a aussi reproché au président libéral du comité d’intervenir souvent pendant les audiences pour protéger des témoins libéraux et protéger des témoins qui pourraient révéler la vérité. Il lui rappelle que son devoir est de s’assurer que les questions obtiennent des réponses claires.

Je veux avertir le président du comité de ne pas essayer de protéger le premier ministre des questions. Le président du comité n’est pas censé être le garde du corps du premier ministre, a-t-il affirmé.

Devant la controverse, UNIS a finalement renoncé au contrat le 2 juillet et le programme est maintenant administré par la fonction publique.

Par ailleurs, UNIS a connu une vague de démissions de ses cadres dans les derniers mois. L'organisme a également été secoué par plusieurs démissions et licenciements. Les raisons de ces départs demeurent nébuleuses.

Avec les informations de La Presse canadienne

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