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Une demande accrue des filtres à air occasionnée par le déconfinement

De la poussière dans un filtre à air.

De la poussière dans un filtre à air.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que plusieurs provinces et territoires du Canada procèdent au déconfinement et au relâchement des mesures dues à la pandémie de la COVID-19, des exploitants de l'industrie de la climatisation et du chauffage enregistrent une hausse des demandes de filtres à air pour les bâtiments commerciaux.

Ces filtres permettraient de purifier l’air ambiant et de minimiser le risque de propagation de la COVID-19 dans les espaces fermés, selon certaines études.

Marc-André Bédard, président et directeur général de Filtration Lab, affirme que depuis le début de la mise en oeuvre du plan de déconfinement du gouvernement Ford, les demandes en filtres ont augmenté dans son entreprise. Filtration Lab est un manufacturier des produits de filtration basé en Ontario, au Québec et aux États-Unis.

Les demandes des filtres à haute efficacité pour les applications plus particulières comme les hôpitaux et les tentes où sont faits les tests de dépistage de la COVID-19 ont vraiment explosé, explique M. Bédard.

M. Bédard répond aux questions de Radio Canada.

Marc-André Bédard est président et directeur général de Filtration Lab, une entreprise de Mississauga.

Photo : Radio-Canada / Radio Canada

Il fait le même constat pour les filtres à air plissés utilisés dans les bâtiments commerciaux et résidentiels.

Beaucoup de gestionnaires des centres commerciaux ont demandé le changement des filtres avant de rouvrir.

Marc-André Bédard

L’entreprise torontoise Cool Check Air connaît elle aussi une demande accrue de filtres à particules. Cela comprend l'augmentation de la cote de filtrage et le changement de filtres, indique son directeur du développement des affaires, Tyler Allen.

Il ajoute que la plupart des demandes proviennent de bureaux des centres des affaires où des espaces de travail sont partagés entre de nombreux employés.

L'aéroport Pearson a également annoncé avoir apporté des modifications aux systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation de ses terminaux. Il dit également avoir optimisé les modèles de flux d'air pour améliorer le débit et la ventilation.

M. Bédard indique que son usine des États-Unis connaît elle aussi la même situation. Si cette tendance se maintient, l’industrie canadienne pourrait connaître des difficultés, notamment pour ce qui est de l’approvisionnement des filtres à haute efficacité. Selon lui, une partie des matériaux nécessaires pour la création de ces filtres provient des États-Unis, où la demande a également augmenté.

Il souligne toutefois que la situation est encore gérable. Je ne dirais pas que c’est comme le papier toilette au début de la crise de la COVID-19. En outre, ce n’est pas la première vague de demande aussi forte qu’on subit dans les dernières années.

Le système de filtration, une barrière contre le nouveau coronavirus?

Un groupe de 239 scientifiques a récemment recommandé une ventilation suffisante dans les bâtiments pour prévenir une transmission aérienne de la COVID-19.

Le professeur Brian Fleck

Le professeur Brian Fleck fait partie de l'équipe qui mène une recherche présentement sur la transmission du virus par le système de ventilation au sein du campus de l'Université d'Alberta.

Photo : Collection privée du professeur Fleck

On utilise des filtres pour éliminer ces gouttelettes infectées et empêcher que l’air infecté soit réutilisé, affirme Brian Fleck, professeur en génie mécanique à l'Université de l'Alberta.

Il précise que c’est entre autres dans les grands espaces commerciaux et industriels et dans les hôpitaux que l’air est recyclé.

Les hôpitaux canadiens ont des normes de construction très performantes et ont des systèmes de ventilation les plus performants au pays.

Brian Fleck, professeur en génie mécanique à l'Université de l'Alberta

Le scientifique recommande aux propriétaires de grands espaces commerciaux et industriels d’élever le taux de ventilation s’ils veulent réduire le risque de transmission de la COVID-19 chez leurs clients et leurs travailleurs.

Cependant, cette opération aura un impact sur le coût de l'énergie.

Malheureusement, cela augmentera le coût de l'énergie. En été, c'est moins problématique, mais en hiver le prix du chauffage va grimper, dit-il.

Un conduit de ventilation.

Un conduit de ventilation.

Photo : getty images/istockphoto / KangeStudio

En outre, les filtres à haute efficacité peuvent nuire dans certains cas à des machines qui ne sont pas assez fortes, signale M. Bédard. Il ajoute que les filtres, même ceux recommandés au Canada, n'éliminent pas la totalité des microbes.

Le groupe québécois Gesfor, spécialisé en environnement, en sciences du bâtiment, et en santé, sécurité et hygiène du travail, a indiqué dans un communiqué qu’il n'y a pas de réponse évidente à la question de savoir quel filtre utiliser pour protéger les occupants d’un bâtiment contre la COVID-19.

Concernant l’installation des systèmes de filtration semblables à ceux des hôpitaux, Gesfor précise que ces systèmes s’appuient souvent en parallèle sur d’autres moyens et stratégies de contrôle comme des lampes à ultraviolets pour maximiser les avantages de la filtration.

Le groupe attire aussi l’attention sur le fait que les conditions d’exploitation et d’entretien des systèmes des hôpitaux sont élaborées et coûteuses, lesquelles ne sont pas nécessairement applicables aux bâtiments résidentiels par exemple.

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