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Amateurs de course automobile dans la boue : plein gaz malgré la pandémie

Greg Tory devant son véhicule après une course.

Greg Tory remporte la course dans la catégorie Hill n Hole, dans laquelle les véhicules peuvent faire des sauts de plus de trois mètres.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

La plupart des mud racing, ces courses automobiles dans la boue très populaires en Amérique du Nord, sont annulées cet été à cause de la pandémie. Une triste réalité pour les adeptes, qui investissent des milliers de dollars dans leurs véhicules. Ils profitent donc des quelques compétitions maintenues. Reportage en plein centre de l’Alberta.

Parmi les spectateurs, il y a un Québécois. Assis dans les gradins, casquette vissée sur la tête et lunettes de soleil noires sur le nez, Max Breton est aux anges ce dimanche.

Originaire de Sherbrooke, ce père de famille est impatient à l’idée de voir le début de la compétition de la Central Alberta Raceways. J’aime l’adrénaline de ce sport, raconte-t-il. C’est une petite famille. Tout le monde se parle. Tout le monde s’aime. C’est vraiment le fun.

Mud racing : la course à l'adrénaline

Arrivé en Alberta il y a 19 ans, ce sont des amis de la région qui lui ont fait découvrir ce sport automobile. Je suis venu voir une course. Ça m'a seulement pris deux semaines avant d'acheter. Après ça, le truck était pas assez gros, alors on en a acheté un plus gros. Puis, il était pas encore assez gros, donc là on en train de le bâtir encore plus gros. C’est pour ça qu’on ne course pas aujourd'hui, raconte-t-il.

Cette rencontre du mois de juillet est très attendue par les mordus de voitures. C’est la première compétition de l’année pour nous, dit Max Breton. Tout le monde a travaillé tout l’hiver sur leur voiture et veut courser.

Max Breton est assis sur des gradins pendant une course automobile.

Max Breton a attrapé le virus de la course et des camions en arrivant dans les Prairies.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Annulations

Les événements du genre sont très rares cette année. Si la pluie a eu raison de la course à Whitecourt, à 180 km d’Edmonton début juillet, la majorité des autres a été annulée à cause de la pandémie.

La plus célèbre de toutes au Canada, l’Extreme Mudfest, qui a accueilli 16 000 personnes sur 4 jours l’année dernière, a également été reportée.

Les mud junkies, ou les fous de la boue en français, viennent ce jour-là des quatre coins de l’Alberta pour participer au Alberta Mud Racing, qui se déroule à Rimbey, dans le centre de la province.

Des camions pendant une course dans la boue.

La course a battu des records d'inscription de véhicules.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Si le public est limité à 200 personnes pour respecter la distanciation sociale, 90 pilotes vont participer, soit 30 de plus que la moyenne des dernières années.

Cette course a été un vrai défi à organiser avec la COVID-19, mais c’est sûrement la plus grosse course dans la province cette saison, avoue Alaina Darling, coresponsable bénévole de l’événement depuis sept ans. 

Pilote dès l'âge de 10 ans

Les véhicules sont divisés en six catégories, du plus petit au plus grand. Au signal lumineux, chacun doit rouler le plus vite possible sur un chemin de boue long de seulement 76 mètres jusqu’à un drapeau canadien, signalant la ligne d’arrivée. Le gagnant peut empocher jusqu’à 500 dollars.

Côté sécurité, les accidents sont rares, nous dit-on. Le port du casque est obligatoire. Le véhicule doit être équipé d’une ceinture, de freins opérationnels et d’une batterie solidement attachée.

C’est une sortie qui ne coûte pas cher et qui peut plaire à toute la famille, garantit Alaina Darling. En temps normal, nous avons d’ailleurs des activités pour les plus petits, comme des châteaux gonflables.

L'événement propose également aux jeunes de participer comme pilotes dès l’âge de 10 ans, à condition d’être accompagnés dans le véhicule par un adulte détenteur d’un permis de conduire.

Deux adolescents à côté de camions lors d'une course automobile dans la boue.

Ces adolescents se préparent tout l'hiver pour participer à des courses en été.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

C’est une bonne manière pour eux d’apprendre à mieux conduire dans des conditions extrêmes. Ces enfants s’amusent beaucoup et deviennent vite compétitifs, souligne la co-organisatrice.

Damien Kreis, 13 ans, et son meilleur ami Braedon Elder, 14 ans, n’en sont pas à leur premier tour de piste. Ces accros de mécanique ont même développé une passion pour ce type de course. Ça permet de s’amuser entre amis et d’apprendre des nouveaux trucs sur les camions des autres pilotes, explique Damien qui dit se sentir en sécurité dans son véhicule.

On doit apprendre à bien contrôler son volant, ses pédales, ses freins… C’est vraiment un bon moyen de s’améliorer en conduite, ajoute Braedon devant son camion aux phares brisés. C’est des vaches qui les ont cassés, avoue-t-il en souriant.

Un sport onéreux

Ces pilotes en herbe rêvent de conduire de grosses cylindrées, mais ils n’en ont pas encore les moyens. La passion du mud racing, ou des courses de camions dans la boue, est dispendieuse. Dans la catégorie des grands, ces monstres à 4 roues valent en moyenne 50 000 $, mais peuvent atteindre les 130 000 $.

Avoir une addiction à la drogue serait moins cher que ça, dit en riant Max Breton. Faut dépenser beaucoup d’argent pour avoir le plus de puissance pour son moteur, les meilleurs pneus et il faut de la volonté… Ça te prend beaucoup de temps de travailler sur ton truck.

Des camions pleins de boue sur une piste de course.

En fin de journée, les pilotes de plus gros camions s'amusent à créer des structures avec leurs véhicules.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Peu importe le prix, Kyle Walton est fier de faire rouler son bolide pendant ces courses. Il fait partie de l’organisation du célèbre Extreme Mudfest, qui se tient en Alberta chaque mois d’août. Je suis habitué à faire des sauts hauts de six mètres dans les grandes compétitions. Malheureusement, elles n’ont pas lieu cette année, alors on s’adapte et on s’amuse. Nous sommes là, avant tout, pour faire le spectacle et divertir le public.

Cette journée-là, Kyle Walton a battu le record de l’année dernière en parcourant les 76 mètres en 8,77 secondes, mais il n’a pas gagné. Un certain Greg Tory a fait, lui, 8,74 secondes. Peu importe, c’est le spectacle qui compte.

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