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Bezos et Zuckerberg défendront leur société à Washington

Une main tient un téléphone cellulaire où sont affichées les icônes des applications des géants.

Le Congrès américain se penche sur d'éventuelles pratiques anticoncurrentielles de la part des géants de la techno.

Photo : Reuters / Regis Duvignau

Radio-Canada

Jeff Bezos prévoit de défendre le bilan et les accomplissements de sa société, Amazon, dans des termes dithyrambiques mercredi dans une audition des quatre géants de la techno au Congrès américain sur d'éventuelles pratiques anticoncurrentielles.

Comme Mark Zuckerberg (Facebook), Sundar Pichai (Alphabet, maison mère de Google) et Tim Cook (Apple), le patron d’Amazon va devoir défendre son entreprise, accusée d'être devenue trop dominante.

Un montage photo regroupant quatre images distinctes des quatre grands patrons des géants du web.

Jeff Bezos (Amazon), Tim Cook (Apple), Mark Zuckerberg (Facebook) et Sundar Pichai (Alphabet, maison-mère de Google) témoigneront devant le Congrès par vidéoconférence en raison de la pandémie.

Photo : Getty Images

Dans son discours d'ouverture, publié mardi sur le blogue de son groupe, il revient sur les prises de risque des débuts et s'étend sur son succès auprès des consommateurs, son rôle en matière de création d'emplois et la concurrence à laquelle Amazon fait face dans le secteur de la distribution.

Il conclut qu'Amazon doit être examinée, comme toute grande organisation, mais avertit aussi, en amont : Si quand vous regardez dans le miroir et évaluez les critiques, vous pensez encore que vous avez pris les bonnes décisions, aucune force au monde ne devrait pouvoir vous faire changer.

Jeff Bezos revient sur sa naissance, d'une mère lycéenne et d'un père immigrant, et sur celle d'Amazon, dans un garage, la première d'une longue série de prises de risque.

Les rendements conséquents viennent des paris contre la sagesse populaire, assure-t-il, avant de rappeler que son groupe a aussi connu de nombreux échecs, chiffrés à plusieurs milliards de dollars.

Il se félicite de la confiance des consommateurs, et même du pays en général, en citant des sondages indépendants selon lesquels 80 % des Américains ont une impression globalement favorable d'Amazon.

Il assure que, loin d'écraser la compétition, son succès tient à celui de nombreuses PME et explique en partie la prolifération de sites de commerce électronique concurrents, de Walmart à Etsy.

Et il se démarque des trois autres leaders technologiques, tous situés dans la Silicon Valley, en faisant valoir que son groupe ne compte que pour 1 % des 25 000 milliards de dollars du marché mondial de la distribution, et 4 % aux États-Unis.

Pas au goût de tous

Visage en gros plan de Jeff Bezos

Jeff Bezos, fondateur de la compagnie Amazon, est également propriétaire du « Washington Post ».

Photo : Associated Press / Cliff Owen

L'accumulation de richesses par l'homme le plus riche du monde n'est pas du goût de tous. D'autant qu'à la faveur de la pandémie et des mesures de confinement, Amazon s'est rendue encore plus indispensable dans la vie quotidienne.

Son activité de nuage informatique à distance, leader d'un marché en forte croissance, héberge des plateformes comme Netflix.

Le groupe commercialise directement beaucoup de produits de la vie courante et d'électronique grand public, comme les enceintes Echo, et détient aussi des services de divertissement (Amazon Prime Video, Twitch...).

Surtout, son site de vente en ligne a fait face à une explosion de la demande au début de la crise sanitaire, au point que le groupe a dû décider quels produits seraient expédiés en priorité et quels autres devraient attendre.

Un site sur lequel de nombreux députés et associations lui reprochent d'être juge et partie.

C'est comme si j'avais un magasin dans un centre commercial et que le propriétaire de ce centre installait une boutique devant la mienne, pour vendre les mêmes produits que moi, à des prix moins élevés, relate Mike Massey, le propriétaire d'une enseigne d'équipements sportifs de La Nouvelle-Orléans, lors d'une conférence de presse organisée par Athena, un groupement d'associations anti-Amazon.

Zuckerberg défend Facebook

Mark Zuckerberg devant un micro

Mark Zuckerberg a témoigné devant la Commission de l'énergie et du commerce, à Washington, au sujet de l'utilisation des données Facebook pour cibler les électeurs américains lors des élections de 2016 et de la confidentialité des données.

Photo : The Associated Press / Andrew Harnik

Facebook est une entreprise fièrement américaine, qui n'aurait pas réussi sans les lois encourageant la compétition et l'innovation, va déclarer mercredi son fondateur, Mark Zuckerberg.

Dans des extraits de son discours consultés par l'AFP mardi, il présente ses arguments, et en appelle notamment au patriotisme économique des élus.

Nous croyons dans certaines valeurs – la démocratie, la compétition, l'inclusion, la liberté d'expression – sur lesquelles l'économie américaine a été bâtie.

Mark Zuckerberg, patron de Facebook

Il n'y a pas de garanties que nos valeurs vont gagner. La Chine par exemple construit sa propre version d'Internet sur des idées très différentes, et exporte cette vision dans d'autres pays.

Mark Zuckerberg avait déjà utilisé cet argument lors d'une audition en octobre sur son projet de monnaie numérique, devant la Commission parlementaire des services financiers.

Il rappelle aussi qu'à son avis les gouvernements et régulateurs devraient jouer un rôle plus actif pour mettre à jour les règles de l'Internet pour ce qui est de la modération des contenus.

Répondre aux critiques

Un écran de téléphone affichant le logo de Facebook.

De nombreux démocrates estiment que Facebook est laxiste envers les messages haineux.

Photo : Reuters / Valentin Flauraud

Le milliardaire anticipe ainsi les critiques prévisibles qu'il risque de subir : de nombreux démocrates et la société civile sont remontés contre le réseau, jugé trop laxiste sur des messages et vidéos d'extrême droite ou de certains propos insultants du président Donald Trump.

Les républicains, eux, s'estiment censurés par des plateformes fondées dans la Silicon Valley, en Californie, un bastion démocrate. Mais l'audition est censée porter avant tout sur d'éventuels abus de position dominante par les quatre mastodontes.

Sur ce sujet, Mark Zuckerberg prend aussi les devants en abordant la question des acquisitions, qui lui ont permis de transformer un réseau social en empire composé de deux plateformes (Facebook et Instagram), deux messageries (Messenger et WhatsApp) et d'autres produits dérivés, des services aux professionnels aux jeux vidéo.

Autant d'occasions pour récolter et analyser des données personnelles, moteur essentiel de la publicité numérique, un secteur que Facebook et Google dominent largement.

Instagram et WhatsApp sont devenus ce qu'ils sont grâce à l'infrastructure de Facebook, énonce le patron.

Ils ont mûri leurs services en utilisant l'infrastructure peu chère et sur mesure de Facebook, et ont pu s'attaquer aux pourriels et contenus dangereux grâce à nos équipes et à nos technologies.

Depuis cette année, la famille de quatre applications a atteint les quelque trois milliards d'utilisateurs mensuels.

Avec les informations de Agence France-Presse

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