•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tuerie en Nouvelle-Écosse : plusieurs députés fédéraux demandent une enquête publique

Des personnes en rang manifestent silencieusement. Ils sont debout et on le visage couvert de masques contre le coronavirus.

La question « Pourquoi cacher la vérité? » est écrite sur l'écriteau d'un manifestant, le 27 juillet 2020 au parc Victoria, à Halifax.

Photo : CBC / Patrick Callaghan

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plusieurs députés libéraux fédéraux en Nouvelle-Écosse s’opposent à la décision du gouvernement fédéral et du gouvernement néo-écossais de tenir un simple comité d’examen, et non une réelle enquête publique, sur la tuerie survenue en avril dernier.

La semaine dernière, les gouvernements de la Nouvelle-Écosse et du Canada annonçaient que l’exercice conjoint qui se pencherait sur les événements qui se sont soldés par la mort de 22 personnes lors de la tuerie perpétrée les 18 et 19 avril serait mené par un comité d’examen indépendant composé de trois individus.

Depuis, des voix redoublées se sont fait entendre pour réclamer une enquête publique, car l’exercice annoncé semble prévoir très peu, ou pas, d’audiences publiques. Les responsables de l’examen n’auront par ailleurs pas l’autorité de forcer qui que ce soit à témoigner.

Des députés libéraux fédéraux brisent les rangs

Un homme à l'extérieur vu de profil.

Sean Fraser, député libéral fédéral de Nova-Centre en Nouvelle-Écosse, le 27 septembre 2019.

Photo : CBC / Robert Short

Les députés Darren Fisher, Sean Fraser, Lenore Zann et Andy Fillmore, qui représentent tous des circonscriptions en Nouvelle-Écosse sous la bannière du Parti libéral du Canada, estiment que l’exercice prévu par le fédéral et le gouvernement provincial néo-écossais n’est pas suffisant.

Sean Fraser, député fédéral de Nova-Centre, se dit déçu et profondément perturbé par le type d’exercice choisi. À son avis, une enquête publique est la seule façon d'offrir aux proches des victimes et aux communautés touchées un sentiment véritable de justice.

« S’il n’y a pas de confiance en la méthode, il n’y aura pas de confiance envers les résultats. »

— Une citation de  Sean Fraser, député libéral de Nova-Centre

Plus tôt cette semaine, la députée libérale Lenore Zann dit qu’elle-même et d’autres députés fédéraux ont fait savoir leur préférence pour une enquête publique, mais qu’ils n’ont pas été entendus par le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair. Elle dit lui avoir écrit à trois reprises.

Lenore Zann à l'extérieur dans un jardin devant de hautes plantes vertes.

Lenore Zann, députée libérale fédérale de Cumberland—Colchester en Nouvelle-Écosse, le 3 juillet 2020.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Les gens sont déçus. La plupart des familles des victimes vivent ici, déclare la députée de Cumberland—Colchester. Ils sont scandalisés et ils demandent une enquête publique.

Ces personnes méritent des réponses et une enquête ouverte et transparente, insiste-t-elle.

Darren Fisher, député de Dartmouth—Cole Harbour, dit entendre les inquiétudes exprimées par les citoyens au sujet de l’exercice prévu par les gouvernements. Je préconise une enquête publique, écrit-il.

« La gravité de la tragédie exige une réponse plus forte. »

— Une citation de  Darren Fisher, député libéral de Dartmouth—Cole Harbour

Plus tard mardi, les libéraux Andy Fillmore et Mike Kelloway, députés fédéraux d'Halifax et de Cap-Breton—Canso, respectivement, ont ajouté leurs voix à celles de leurs collègues et demandé une enquête publique.

Le ministre de la Justice réagit

Depuis l’annonce des gouvernements, des politiciens et des membres du public ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un exercice manquant de transparence. Des manifestations ont eu lieu à quelques reprises, notamment lundi à Halifax et à Bridgewater, une ville située dans la circonscription du ministre néo-écossais de la Justice, Mark Furey.

Avant son entrée en politique, M. Furey a été membre de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pendant une trentaine d’années.

Les actions de la GRC lors de la tuerie d’avril et de la traque du suspect, qui a duré une douzaine d’heures, ont fait l’objet de critiques. On a notamment reproché à la police fédérale de ne pas avoir utilisé le système d’alerte publique provincial pour avertir les citoyens du danger, alors que le tueur parcourait la province déguisé en policier.

Mark Furey devant des drapeaux de la Nouvelle-Écosse.

Mark Furey, ministre de la Justice de la Nouvelle-Écosse, en 2018.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Mardi après-midi, le ministre Furey a fait savoir par voie de communiqué qu’il appuierait une enquête publique, mais a envoyé la balle dans le camp du fédéral.

Si le gouvernement fédéral accepte de tenir une enquête publique conjointe dans laquelle les agences fédérales, incluant la GRC, l’Agence des services frontaliers du Canada, le Service canadien du renseignement de sécurité, le Registre canadien des armes à feu et le système d’alerte publique participeront et témoigneront, je l’appuierais, et notre gouvernement aussi, écrit Mark Furey.

Tim Houston exhorte les gouvernements à faire la bonne chose

Le chef de l’opposition officielle en Nouvelle-Écosse, Tim Houston, a rappelé à Mark Furey que le gouvernement provincial n’a pas besoin de l’assentiment du fédéral.

Ce que le ministre [Furey] ne vous dit pas, c’est que la province a l’autorité de demander une enquête publique complète, sans le gouvernement fédéral, pour obtenir des réponses, écrit M. Houston, citant ce que stipule la Loi provinciale sur les enquêtes en cas de décès.

Tim Houston répond aux médias lors d'une mêlée de presse.

Tim Houston, chef du Parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse et chef de l'opposition officielle, le 27 octobre 2018 à Halifax.

Photo : La Presse canadienne / Ted Pritchard

Tim Houston, qui est chef du Parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse, appelle le gouvernement libéral de Stephen McNeil et le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, à faire la bonne chose et à annoncer une enquête publique qui aurait le pouvoir d’obliger des intervenants à venir témoigner.

Après avoir promis pendant des mois que justice serait rendue dans ce dossier, que le gouvernement provincial ait annoncé un simple examen plutôt qu’une réelle enquête est une gifle au visage des Néo-Écossais, et en particulier des proches des victimes de la tuerie, affirme M. Houston.

Il n’est jamais trop tard pour faire la bonne chose. J’exhorte le premier ministre à ne plus attendre pour la participation du gouvernement fédéral et à annoncer cette enquête dès aujourd’hui. Cela permettrait les témoignages d’être entendus sous serment, a déclaré Tim Houston.

Avec les informations de CBC et La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !