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Facebook s’allie à une université canadienne pour lutter contre la haine en ligne

Des experts estiment que les élections américaines et la pandémie de la COVID-19 feraient augmenter l’extrémisme en ligne.

Des silhouettes de personnes se tiennent debout devant un logo Facebook.

Facebook et l'Institut universitaire de technologie de l'Ontario veulent s'attaquer à la haine en ligne grâce à un nouveau réseau mondial.

Photo : Reuters / Dado Ruvic

Facebook Canada annonce un partenariat avec l'Institut universitaire de technologie de l'Ontario, situé à Oshawa, afin de créer un réseau mondial qui s’attaquera à la haine et à l’extrémisme en ligne.

Le Réseau mondial contre la haine, qui recevra 500 000 $ sur cinq ans de Facebook, aura pour but de déceler des tendances émergentes d’extrémisme sur le web, comme le mouvement Incel, et de proposer des stratégies et des outils pour contrer ce fléau.

Je crois que nous verrons une hausse plutôt qu’une diminution de ce genre d’activité en ligne et hors ligne.

Barbara Perry, directrice du Centre sur la haine, les préjugés et l’extrémisme

La directrice affirme que la pandémie de la COVID-19 et la campagne électorale aux États-Unis pourraient aussi exacerber le problème au Canada et ailleurs dans le monde au cours des prochains mois.

La politologue Barbara Perry.

Barbara Perry, directrice du Centre sur la haine, les préjugés et l’extrémisme de l'Université Ontario Tech

Photo : Radio-Canada

Barbara Perry affirme que la propagation des théories du complot et de l’extrémisme en ligne se répercute aussi sur la vie réelle.

Elle souligne que Corey Hurren, accusé plus tôt ce mois-ci d’avoir proféré des menaces à l’encontre du premier ministre et de s’être rendu à Rideau Hall avec des armes à feu, avait un historique en ligne.

Le membre des Forces armées canadiennes aurait été influencé par les complotistes de QAnon, qui remettent en question l’origine de la pandémie de coronavirus, estime la chercheuse.

Alek Minassian, accusé d’avoir commis l’attaque au camion-bélier à Toronto en 2018, a avoué aux policiers qu’il se perçoit comme un célibataire involontaire. Sa page Facebook faisait l’éloge des incels, les adeptes d'un groupe misogyne qui partagent des messages haineux à l’égard des femmes sur le web.

S'attaquer au racisme et à l'extrémisme violent

Mme Perry a travaillé comme consultante pour Facebook l’an dernier afin d’aider le réseau social à découvrir des comptes qui faisaient la promotion du suprémacisme blanc.

Le géant américain a ensuite bloqué de nombreuses personnes de sa plateforme, y compris la commentatrice politique d’extrême droite Faith Goldy et le nationaliste blanc Kevin Goudreau. Facebook a aussi désactivé certains groupes, tels que les Soldats d’Odin, le Front nationaliste canadien, Aryan Strikeforce et les Wolves of Odin.

Le responsable de la politique publique de Facebook Canada, Kevin Chan, parle avec quelqu'un.

Le directeur des politiques publiques chez Facebook Canada, Kevin Chan

Photo : Reuters / Chris Wattle

Quand on parle de notre travail pour enlever des organisations et des individus haineux de notre plateforme, on voit qu’ils vont ailleurs. Ils vont aller sur le dark web, ils vont aller sur d’autres plateformes, souligne Kevin Chan, directeur des politiques publiques chez Facebook Canada.

Selon lui, la collaboration entre les gouvernements, les agences de renseignements, les services de police et d’autres réseaux sociaux est essentielle.

Pour nous, Facebook, on veut faire notre part. On est contre la haine et l’extrémisme violent. Mais pour réussir, il faut travailler ensemble.

Kevin Chan, directeur des politiques publiques, Facebook Canada

La contribution de Facebook financera notamment la création d'un nouveau poste au Centre sur la haine, les préjugés et l’extrémisme afin de faciliter les partenariats mondiaux et le partage d’études, de stratégies de prévention et de pistes d’action.

Notre défi est de mieux comprendre comment ces tendances évoluent et de garder une longueur d’avance, affirme M. Chan.

Un internaute navigue sur des forums.

En bloquant des comptes sur Facebook, les internautes se retrouvent ailleurs sur le web, affirme Kevin Chan.

Photo : CBC

Une initiative pour redorer son image?

Le mois dernier, Facebook a fait l’objet de vives critiques qui se sont manifestées en un mouvement de boycottage d’achat de publicités. De nombreuses entreprises accusaient le réseau social de ne pas en faire assez pour modérer les contenus haineux et la désinformation sur ses plateformes Facebook et Instagram.

Le directeur des politiques publiques chez Facebook Canada dit travailler à cet enjeu en coulisses depuis des années. Le partenariat avec l'Institut universitaire de technologie de l'Ontario devait être annoncé en mars, mais la pandémie a forcé le report de l'annonce.

On respecte le boycottage. On respecte leur choix, souligne M. Chan. C’est sûr qu’on veut que les publicitaires retournent à la plateforme quand ils sont prêts à le faire. Nous, on va continuer de lutter contre la haine en ligne. C’est la bonne chose à faire.

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