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Avec la mort de Denise Lécuyer, la francophonie perd une femme remarquable

Au Manitoba, des personnes témoignent de la contribution d'une bénévole et d'une femme exceptionnelle.

Denise Lécuyer, une des quatre lauréats du Prix Riel 2019 dans un bureau de Radio-Canada Manitoba.

Denise Lécuyer en 2019, à l'occasion de la remise du Prix Riel.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Bien connue dans la francophonie manitobaine comme animatrice de l’émission Le punch aux fruits sur les ondes de la radio communautaire Envol 91, Denise Lécuyer est morte le 27 juillet des suites d’un cancer. Elle était âgée de 60 ans.

Reconnue pour sa gentillesse et son engagement communautaire, Denise Lécuyer a été bénévole pour la radio communautaire pendant 25 ans, en ayant été présidente d’Envol 91 de 1997 à 1998.

Elle a fait partie des bénévoles qui ont tenu la radio à bouts de bras au moment où l’organisme traversait une période difficile sur le plan financier.

Envol 91 FM, son bébé

Selon le directeur général d’Envol 91, Yaya Doumbia, toute l’équipe de la radio pleure le départ d’une amie, d’une conseillère et d’une voix précieuse.

Il raconte qu’il était impossible de dissocier le nom de Denise Lécuyer de celui d’Envol. Quand on dit Denise, on pense à Envol. Elle était vraiment dévouée [à Envol] et elle le faisait avec beaucoup de passion et beaucoup d’amour.

Je lui disais que c’était son bébé, Envol 91 FM. Elle était une bénévole exceptionnelle. Sa contribution laisse des traces indélébiles.

Yaya Doumbia, directeur général d'Envol 91

Il rappelle que, chaque année, Denise Lécuyer organisait à la radio Le punch communautaire, pendant lequel les gens pouvaient visiter les locaux et s’exprimer à la radio. Elle va vraiment nous manquer, ajoute-t-il.

Son engagement a d'ailleurs été reconnu l'an dernier quand la Société de la francophonie manitobaine lui a remis un prix Riel pour son dévouement à titre de bénévole dans la communauté.

Yaya Doumbia souligne que Denise Lécuyer a également reçu de nombreux prix sur le plan national. Il raconte que sa mise en candidature était souvent soumise en secret, car elle était très humble et ne voulait pas de récompenses pour son travail. Elle disait : "Ah! non non non, ah! non non non.' Elle voyait son implication comme un devoir, elle n’aimait pas qu’on le souligne. Mais on finissait par la convaincre!, relate-t-il en souriant.

Selon Yaya Doumbia, qui est à Envol depuis huit ans, non seulement c'était une animatrice bénévole, mais Denise Lécuyer était un grand soutien pour la direction. Compte tenu de sa connaissance de la communauté, elle lui donnait de conseils et n’hésitait pas à l’accompagner quand il allaitvoir des annonceurs potentiels. Personnellement, je suis vraiment très triste. Elle était un véritable abreuvoir pour moi. Je la consultais sur beaucoup de sujets, dit-il.

Au cours des ans, Denise Lévuyer a aussi animé une émission consacrée aux entrepreneurs francophones et des émissions de Noël populaires. Elle a fait rayonner la chanson en français et les auteurs-compositeurs et musiciens de la francophonie manitobaine et canadienne.

Denise Lécuyer debout devant un podium.

Denise Lécuyer , au moment de recevoir son prix Riel en 2019.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Une perle toujours souriante

C’est en ces mots que la directrice générale de Francofonds, Madeleine Arbez, décrit Denise Lécuyer. Elle souligne que cette dernière avait toujours le sourire et ne se lassait jamais d’appuyer la communauté francophone.

Elle était une perle toujours souriante. Elle accueillait tout le monde. Elle appuyait sa langue et son patrimoine, raconte-t-elle.

Madeleine Arbez se souvient que, chaque année, lors de la soirée annuelle Chef en plein air, Denise Lécuyer apportait des sandwichs faits maison aux bénévoles. Elle avait à cœur le bien-être des personnes qui l’entourait. Elle pensait toujours aux gens, dit Mme Arbez.

La francophonie manitobaine perd une femme forte, une grande dame qui savait comment rassembler le monde, comment toucher le monde et comment transmettre l’amour de langue [française], dit Madeleine Arbez.

Ç'a été un honneur de l'avoir connue.

Madeleine Arbez, directrice de Frandofonds

Une femme engagée

Pendant une quinzaine d’années, Hélène Perreault et Denise Lécuyer se sont suivies les samedis sur les ondes d’Envol avec leurs émissions respectives. Hélène Perreault rappelle qu’elles ont coanimé des émissions spéciales comme Le punch apéro de Noël.

Je vais me rappeler les heures de rires et de passion passées à la radio – c’était une passion qu’on partageait, commente-t-elle, en ajoutant avoir ressenti un choc et une grande tristesse en apprenant le départ de Denise Lécuyer. Et un peu de regret aussi. Je ne savais pas qu’elle était malade, qu’elle souffrait. J’aurais aimé être là pour elle, lui parler, lui donner un peu d'amitié.

Hélène Perreault rend hommage à la femme engagée, qui savait parler aux gens et qui était toujours présente pour défendre leurs droits. Elle n’avait pas peur de s’affirmer, mais c’était en même temps quelqu’un de très intime.

Elle souligne sa grande générosité. Denise a encore pensé aux autres dans ses derniers jours, dans ses publications facebook; elle était toujours joyeuse dans les dernières semaines. Rien n’indiquait qu’elle avait des problèmes de santé.

Un appui formidable

Diplômée de l'Université de Saint-Boniface, Denise Lécuyer a travaillé comme agente principale de développement économique à Diversification de l'économie de l'Ouest (DEO) et a été représentante du Commissaire aux langues officielles pour le Manitoba et la Saskatchewan.

La présidente-directrice générale du World Trade Centre Winnipeg, Mariette Mulaire, raconte d'ailleurs que Denise Lécuyer a repris à DEO le poste qu’elle avait quitté pour aller travailler au Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM) vers la fin des années 1990.

Et dès le début elle a siégé au conseil d’administration du CDEM en tant que représentante de DEO, et elle était la plus grande alliée qu’on avait. C’était formidable, elle était allumée et prête à aider. Elle comprenait les entrepreneurs et les groupes sans but lucratif.

J’ai une grande appréciation pour ce qu'elle a apporté à la communauté et aux organismes avec qui j’ai été impliquée.

Mariette Mulaire, PDG du WTC Winnipeg

C’était aussi quelqu'un qui, dans une réunion, apportait des sujet qui nous amenaient dans une autre direction, ajoute Mariette Mulaire. Elle n’avait pas peur de le faire et elle le faisait parce qu'elle croyait que c’était la meilleure chose pour la communauté.

Denise Lécuyer était la fille de Gérard Lécuyer, ancien ministre provincial de l'Environnement dans le gouvernement de Howard Pawley dans les années 1980, qui a aussi dirigé la Fédération provinciale des comités de parents du Manitoba.

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