•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’exploitation des enfants en ligne augmente pendant la pandémie

Un téléphone cellulaire sur le lit d'une jeune femme.

D’après la Gendarmerie royale du Canada au Manitoba, les délinquants attirent les jeunes à partir des réseaux sociaux qu'ils utilisent, comme Facebook, Instagram, WhatsApp, Kik, Snapchat et TikTok.

Photo : Getty Images / sestovic

Radio-Canada

Selon des données obtenues par CBC, l’exploitation des enfants en ligne au Manitoba est en augmentation depuis le début de la pandémie. Entre le mois de mars et la mi-juillet, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au Manitoba a ouvert 113 nouvelles enquêtes, soit une augmentation de 20 % par rapport à la même période l’an dernier.

Cette statistique s’explique par le fait que, en ce moment, les jeunes passent plus de temps en ligne en raison de la pandémie, selon le directeur de l’unité de lutte contre l’exploitation des enfants dans Internet de la GRC au Manitoba, le sergent Stephen Rear.

D’après lui, les délinquants attirent les jeunes en utilisant les réseaux sociaux qu'ils fréquentent, comme Facebook, Instagram, WhatsApp, Kik, Snapchat et TikTok. Les prédateurs profitent de ces enfants, dit le sergent Rear.

Il indique que les victimes au Manitoba sont âgées de 9 à 17 ans, l'âge moyen étant de 10 à 12 ans. Le nombre de filles dans cette population est semblable au nombre de garçons. Aucune région géographique de la province n’est épargnée. Le sergent Rear et ses collègues ont enquêté sur des cas touchant des jeunes de la frontière américaine à Churchill, jusqu'aux Premières Nations éloignées.

Stephen Rear fait remarquer que, dans la province, les prédateurs cherchent essentiellement à obtenir des photos ou des vidéos intimes des enfants. Nous n’avons eu aucun dossier où les prédateurs veulent réellement une rencontre en personne, note-t-il.

La procédure

Le sergent Rear explique que, une fois que son unité reçoit une plainte, un processus minutieux commence pour retrouver l’accusé, son adresse IP et son emplacement, ce qui implique la rédaction d’ordres de production et l’exécution de mandats de perquisition. Ces démarches peuvent prendre des mois.

Le Groupe de la lutte contre l’exploitation des enfants dans Internet de la GRC au Manitoba est formé de quatre membres qui travaillent à temps plein. Le directeur estime qu’environ 40 arrestations ont lieu au cours d'une année et qu’au moins la moitié de tous les suspects sont retrouvés dans un pays étranger.

Les statistiques à Winnipeg et à Brandon

Au Manitoba, la GRC travaille en étroite collaboration avec d’autres services de police. En général, cependant, leurs enquêtes ne comprennent pas les rapports faits à Winnipeg et à Brandon, qui ont leur propre unité de lutte contre l’exploitation des enfants dans Internet.

Le service de police de Winnipeg n’a pas été en mesure de fournir des données sur le nombre de cas signalés pendant la pandémie. Il déclare cependant que les rapports lui ont en majorité été transmis par le biais de Cyberaide.ca, du Centre national de lutte contre la criminalité liée à l’exploitation des enfants, de la GRC et d'un organisme américain, le National Centre for Missing and Exploited Children.

De son côté, le service de police de Brandon indique avoir reçu au moins quatre rapports liés à l’exploitation d’enfants en ligne depuis le mois de mars, ce qui se compare aux statistiques précédentes.

Une augmentation à l'échelle nationale

Selon Cyberaide, un service national de signalement de l’exploitation sexuelle des enfants, les signalements provenant de jeunes exploités sexuellement et portant sur des personnes tentant d’exploiter des enfants ont augmenté de 81 % pendant les mois d’avril, de mai et de juin.

Tout comme le sergent Rear, le directeur de Cyberaide, Stephen Sauer, affirme que cette augmentation est due au fait que les jeunes passent plus de temps en ligne depuis que les écoles ont fermé en raison de la pandémie. Les jeunes recherchent différentes façons d’avoir des interactions sociales, et les délinquants voient cela comme une occasion, déplore-t-il.

Stratégie des prédateurs

Stephen Sauer précise que les prédateurs utilisent différentes tactiques pour trouver leurs victimes, notamment des plateformes telles que Omegle et Chatroulette, qui permettent à des inconnus de se connecter grâce à une vidéo en direct ou un texte.

Pour attirer les jeunes garçons, les prédateurs utilisent une technique appelée vidéo d’appât. Dans ces cas, le délinquant utilise une vidéo préenregistrée d’un jeune du même âge se livrant à un acte sexuel et oblige la victime à participer pendant qu’il l’enregistre, explique M. Sauer. Ensuite, il menace la victime de distribuer sa vidéo si elle ne lui donne pas de l’argent ou ne lui envoie pas d’autres images intimes.

Prévention

Le sergent Rear déplore le manque de supervision ou la supervision inadéquate des parents en cette période particulière. D’après lui, de nombreux parents pensent que, s'ils sont dans la même pièce que leur enfant, cela suffit pour penser qu'il est supervisé. Or, ce n'est pas le cas.

Stephen Sauer souligne que, pour éviter que les enfants ne soient victimes, le dialogue et la supervision assidue des parents sont importants. D’après lui, les parents doivent parler d’exploitation sexuelle et des modes d’opération des prédateurs à leurs jeunes. Il faut vérifier leurs appareils et leurs différents comptes, voir ce qu’ils font et voir avec qui ils le font, dit-il.

M. Sauer note également que les entreprises qui gèrent les applications prisées par les jeunes doivent davantage censurer les messages inappropriés et mettre en place des systèmes plus fiables de vérification d’âge. Elles doivent s’assurer que leur plateforme est sécuritaire pour les jeunes, croit-il.

Les signes de détresse

Stephen Sauer souligne qu’il est important que les parents soient attentifs aux signes de détresse et viennent en aide à un enfant victime d'un prédateur sexuel.

Si les enfants sont menacés ou soumis au chantage d’un prédateur pour de l’argent ou des images, ils peuvent devenir déprimés et renfermés.

Stephen Sauer encourage fortement les parents et les enfants à signaler toute activité suspecte à la police ou à Cyberaide, aussi minime qu'elle puisse paraître.

Avec des informations de Jill Coubrough

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !