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COVID-19 : des travailleurs de la santé accusent Bolsonaro de crime contre l'humanité

Jair Bolsonaro regarde au loin, masque au visage.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a souvent minimisé la gravité de la pandémie.

Photo : Reuters / ADRIANO MACHADO

Radio-Canada

Des membres du personnel de la santé au Brésil ont demandé lundi à la Cour pénale internationale (CPI) d'ouvrir une enquête sur la réponse du président Jair Bolsonaro à la pandémie de COVID-19, qui constitue selon eux un crime contre l'humanité.

Le dossier a été présenté à la Cour basée à La Haye par une coalition de syndicats disant représenter plus d'un million de travailleurs du secteur de la santé au Brésil.

Les syndicats accusent le dirigeant d'extrême droite d'avoir fait preuve de négligence criminelle dans sa gestion de la pandémie de COVID-19, risquant la vie de professionnels de la santé et de membres de la société brésilienne, selon des documents consultés par l'AFP.

La CPI, créée en 2002 pour juger les pires atrocités commises dans le monde, n'a aucune obligation de donner suite aux milliers de requêtes de ce type déposées auprès de sa procureure, qui décide indépendamment des affaires à soumettre aux juges.

Jair Bolsonaro a souvent minimisé la gravité de la pandémie en la qualifiant de grippette, en n'appliquant pas les mesures de distanciation sociale et en s'opposant au confinement.

Les syndicats affirment que le président brésilien a perpétué les risques de contamination par la COVID-19 en favorisant le rassemblement de ses partisans, en les approchant sans masque et en faisant la publicité d'un traitement médical hautement discutable, comme l'hydroxychloroquine, jugée inefficace contre la maladie par plusieurs études scientifiques.

L'administration Bolsonaro doit être tenue pour responsable de sa réponse impitoyable à la pandémie et pour son refus de protéger les soignants et les Brésiliens qu'elle a juré de défendre, a déclaré dans un communiqué Marcio Monzane, secrétaire pour la région Amérique de la fédération syndicale UNI Global Union.

Un président déclaré positif

Le président brésilien a annoncé samedi avoir reçu un diagnostic négatif au test de dépistage du nouveau coronavirus, après avoir été déclaré positif le 7 juillet. Il attribue cette guérison à son traitement par l'hydroxychloroquine.

Le président brésilien est resté durant près de 20 jours dans sa résidence officielle à Brasilia, le palais d'Alvorada. Durant cette période, il a subi trois autres tests qui se sont avérés positifs.

Le président brésilien Jair Bolsonaro s'entretient avec des travailleurs lors d'une promenade à moto au palais Alvorada.

Le président brésilien Jair Bolsonaro s'entretient avec des travailleurs lors d'une promenade à moto au palais Alvorada.

Photo : Reuters / ADRIANO MACHADO

Jeudi, Jair Bolsonaro, encore contaminé par le coronavirus, s'est promené à moto et s'est entretenu sans masque avec des balayeurs près de sa résidence à Brasília, selon des photos diffusées dans les médias. Il apparaît sans casque et sans masque en train de discuter avec un balayeur, qui ne porte pas de masque lui non plus.

La même journée, une étude brésilienne menée dans 55 hôpitaux du pays et publiée par le New England Journal of Medicine concluait que l'hydroxychloroquine est inefficace pour traiter la COVID-19.

Conduite sur 667 patients, l'étude a établi que ceux qui ont été traités par l'hydroxychloroquine s'exposaient à davantage de problèmes au cœur et au foie.

Face à la pandémie, le gouvernement Bolsonaro recommande depuis mai dernier l'emploi de l'hydroxychloroquine ou de l'antipaludéen chloroquine, associés à l'azithromycine.

M. Bolsonaro a régulièrement critiqué les mesures de confinement décidées par les gouverneurs des États brésiliens, mettant en avant la nécessité de ne pas bloquer l'économie nationale.

Des milliers de nouveaux cas

Le Brésil a enregistré 23 384 nouveaux cas confirmés de contamination par le coronavirus et 614 décès supplémentaires liés à l'épidémie au cours des dernières 24 heures, a signalé lundi le ministère de la Santé.

Le Brésil est le deuxième des pays les plus touchés du monde par le coronavirus, avec plus de 2,4 millions de personnes contaminées depuis le début de la pandémie et quelque 87 600 morts, selon les chiffres officiels.

Les chiffres officiels brésiliens sont considérés comme largement inférieurs à la réalité par la communauté scientifique, en raison de l'absence de tests de masse dans ce pays d’Amérique du Sud.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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