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Des citoyens réclament la réouverture de la rue Jacques-Cartier

Cyclistes et piétons circulant sur la rue Jacques-Cartier.

Du 19 juin au 30 septembre, des restrictions de circulation visant à favoriser la distanciation physique sont mises en place sur la rue Jacques-Cartier dans le cadre d'un projet pilote.

Photo : Radio-Canada / Fiona Collienne

Radio-Canada

La fermeture partielle aux véhicules de la rue Jacques-Cartier, à Gatineau, ne fait toujours pas l'unanimité. Une pétition ayant recueilli 1600 signatures a été envoyée aux élus municipaux, lundi, pour dénoncer les effets de cette mesure sur certains commerçants.

Michel Peris est propriétaire d’un restaurant et d’une marina qui se retrouvent enclavés dans la section de 600 mètres complètement fermée aux automobilistes. Selon lui, la fermeture partielle a un impact important. Il explique qu’un pourcentage de sa clientèle vient de la marina et des bateaux, mais selon lui le pourcentage de la rue n’est pas là.

Michel Péris devant son restaurant

Michel Peris qui est à l'origine d'une pétition de 1600 noms souhaite la réouverture immédiate de la rue en raison de l'impact sur ses commerces.

Photo : Radio-Canada / Fiona Collienne

Il voit aussi des gens marcher de longues distances, puisque le stationnement est beaucoup plus loin. Mais les messieurs qui marchent avec des cannes, marcher pendant vingt minutes au soleil, ça n’a pas de sens, dit l’homme d’affaires.

Le corridor sanitaire fait toutefois aussi des heureux, comme Sylvie Pilote, propriétaire de Mon Café.

Sylvie Pilote accorde une entrevue devant son commerce rue Jacques-Cartier.

Sylvie Pilote, propriétaire de Mon Café, ne comprend pas pourquoi tant de gens s'opposent à la fermeture partielle de la rue Jacques-Cartier

Photo : Radio-Canada

Même si la rue est plus tranquille par grande chaleur, des clients lui ont dit n’avoir jamais remarqué le restaurant lors de leur passage en voiture. Mais le fait qu’on est à bicyclette ou à pied, on a eu le temps d’apercevoir que vous êtes là , raconte Mme Pilote.

Elle poursuit en disant que certains visiteurs apprécient la tranquillité que leur offre la rue Jacques-Cartier.

Même son de cloche à la brasserie À La Dérive. Sébastien Gandy souligne que c’est une première tentative de la Ville de Gatineau et qu’il est important que tout le monde travaille ensemble pour trouver des solutions.

Le responsable des communications explique que grosso modo, l’idée d’avoir une rue piétonne et cycliste, ça nous convient très bien.

Sébastien Gandy et Martin Richer devant la brasserie À la dérive.

Sébastien Gandy et Martin Richer ont ouvert les portes de la brasserie À La Dérive en décembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Fiona Collienne

Il souhaite d’ailleurs que l’expérience d’une rue sans automobilistes se répète en période estivale. C’est selon lui une excellente idée pour que les gens de l’Outaouais se réapproprient cet espace riverain.

Denis St-Onge et Johanne Vallin, deux adeptes du vélo, applaudissent la décision de permettre aux cyclistes de circuler sur la chaussée pour quelques mois durant la pandémie. Ils s'y sentent plus en sécurité que sur la piste cyclable. M. St-Onge souligne qu’il n’est pas nécessaire de « contourner les piétons et les poussettes ».

Louise Boudrias réclame une réunion spéciale

L'élue du district du Parc-de-la-Montagne-Saint-Raymond, Louise Boudrias, réclame une réunion spéciale du conseil municipal et souhaite que ses collègues reviennent sur leur décision.

Je sais qu'il faut faire des changements et il faut les faire immédiatement. On dit qu'on écoute les citoyens et bien là, il y en a 1600 et plus [qui nous parlent], fait valoir Mme Boudrias.

Louise Boudrias en entrevue dans un parc.

Louise Boudrias est conseillère du district du Parc-de-la-Montagne-Saint-Raymond.

Photo : Radio-Canada

Elle ajoute que puisque le déconfinement est bien amorcé, moins d'usagers fréquentent cette rue transformée en un corridor sanitaire pour permettre la distanciation physique entre les usagers.

Si elle se dit ouverte à faire des modifications, sa collègue du district de Pointe-Gatineau, Myriam Nadeau, croit qu'il faut maintenir l'objectif de départ.

Je suis consciente qu'il y a des gens qui sont contre le projet, mais l'achalandage il est là et le besoin de distanciation physique est toujours nécessaire, alors je crois que le projet est toujours pertinent, explique-t-elle.

Le président du conseil municipal, Daniel Champagne, a travaillé sur le projet de corridor sanitaire de la rue Jacques-Cartier et se dit lui aussi ouvert à des changements. Il indique cependant que de convoquer le conseil municipal en pleine période de vacances ne sera pas facile.

Est-ce qu'on doit faire des modifications? Je suis tout à fait ouvert à ça, mais il ne faut jamais perdre de vue que l'objectif de départ était d'assurer une distanciation physique et cet objectif-là demeure à ce jour, insiste M. Champagne.

Des données sur l'achalandage de la rue Jacques Cartier depuis le début du projet pilote devraient être fournies aux élus d'ici la fin de la semaine. À moins d'un changement, la mesure temporaire devrait prendre fin en septembre.

Avec les informations de Nathalie Tremblay

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