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Munir les policiers d'Ottawa de caméras : un scénario improbable pour l'instant

Deux policiers dans les rues d'Ottawa.

Des citoyens souhaitent que les policiers d'Ottawa soient munis de caméras d'intervention.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Les agents du Service de police d'Ottawa (SPO) ne devraient pas être dotés de caméras d'intervention prochainement, même si la force policière municipale a reçu « de nombreuses demandes » du public à cet effet.

C'est ce que révèle le rapport annuel du SPO présenté à la Commission de services policiers d'Ottawa lundi après-midi. Ce même rapport démontre également que les crimes perpétrés à Ottawa étaient plus nombreux et plus graves en 2019.

La possibilité de fournir une caméra d'intervention à chaque policier d'Ottawa avait déjà été étudiée en 2016. Un rapport avait alors conclu que de telles caméras nécessiteraient l'élaboration d'une politique stricte pour permettre le respect de la vie privée et éviter l'exploitation des données des citoyens.

L'important investissement financier nécessaire pour se procurer la technologie qui aurait permis d'entreposer les fichiers vidéo recueillis avait également contribué à écarter cette façon de faire pour le Service de police.

Dans son plus récent rapport annuel, le SPO reconnaît toutefois que les caméras d'intervention sont un outil qui promeut la responsabilité et la transparence des agents, leur permettant ainsi de gagner la confiance du public.

On peut également y lire que le discours social actuel sur l'usage excessif de la force et le racisme systémique n'a fait qu'accroître la nécessité de déployer les caméras d'intervention corporelles.

Par contre, l'impact économique de la pandémie de COVID-19, qui devrait causer un manque à gagner de 13,7 millions de dollars au SPO cette année, signifie que ces caméras n'arriveront assurément pas avant la fin de l'année financière en cours.

Erica Fill, une activiste de la Coalition contre plus de surveillance d'Ottawa, s'est également prononcée contre un tel investissement lors de la rencontre de la Commission de services policiers.

Les caméras d'intervention corporelles ont pour but d'augmenter la responsabilité et la transparence des policiers quant à leurs actions pour regagner la confiance du public, mais ce n'est pas une solution pour augmenter la sécurité des Noirs, des Autochtones et des autres minorités visibles, a-t-elle fait valoir.

Le SPO souhaite continuer à recueillir les commentaires du public à ce sujet d'ici aux prochaines délibérations sur le budget 2021 et à l'élaboration du prochain plan de priorités stratégiques.

À l'heure actuelle, une transition vers un service de police communautaire, la modernisation, le bien-être des membres, ainsi que l'équité, la diversité et l'inclusion demeurent les principales priorités pour 2020. Le rapport conclut d'ailleurs qu'un « progrès significatif » vers l'atteinte de ces objectifs a été observé au sein du SPO entre janvier et juin.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

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