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Mineurs et surdose : un projet de loi d’hospitalisation forcée mis en veilleuse

Une seringue, des pilules et de la poudre placés aléatoirement.

Avec 175 morts par surdose en juin, la Colombie-Britannique a battu un nouveau record.

Photo : Shutterstock / Chirachai Phitayachamrat

Radio-Canada

Un projet de loi controversé visant à modifier la Loi sur la Santé mentale afin de permettre, après une surdose, l'hospitalisation forcée de jeunes de moins de 19 ans durant une semaine maximum, doit faire l’objet de plus de consultations, indique le ministère de la Santé mentale et des Dépendances de la Colombie-Britannique.

La ministre Judy D’Arcy affirme que le Ministère n’a pas été en mesure de se pencher sur le projet de loi 22 avant la fin de la session législative et qu’il profitera de la pause estivale pour consulter davantage de groupes au sujet des précautions à prendre pour protéger les droits des jeunes.

Les discussions ont été difficiles, mais nous avons tous le même but de protéger les jeunes et de nous assurer qu’ils reçoivent des soins sécuritaires qui tiennent compte des traumatismes subis et de la culture, écrit la ministre dans une déclaration.

Le Ministère soutient que le projet de loi est basé sur un projet pilote qui a connu du succès à l’Hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique, ainsi que sur les conseils de pédiatres qui se spécialisent dans le traitement de jeunes aux prises avec des problèmes de consommation.

Des appuis mitigés

Le projet de loi a suscité des avis mitigés de la part de différents groupes qui disent tous vouloir protéger les jeunes qui ont des problèmes de dépendance. Sa suspension, le temps de faire de nouvelles consultations, reçoit le même accueil divisé.

Des parents et des professionnels de la santé souhaitent que le gouvernement en fasse plus pour forcer les adolescents à recevoir des traitements quand leur capacité à prendre des décisions est, selon eux, compromise par la dépendance.

Ça donne l’occasion aux jeunes de faire le point sur leur vie, fait valoir la Dre Jana Davidson.

Toutefois, des défenseurs des droits et des jeunes estiment que le fait d’imposer des traitements ne fonctionne pas et que la menace de les détenir pendant une semaine après une surdose risque de provoquer plus de mal que de bien.

Ils avancent que, de peur d’être hospitalisés ensuite, les jeunes risquent de se cacher pour consommer, qu’ils courront plus de risques de faire des surdoses de cette façon et qu’ils seront réticents à appeler le 911 en cas de besoin.

On devrait pouvoir recevoir des traitements de son propre gré et quand on est prêt , lance Kali Sedgemore, qui travaille auprès des jeunes.

Personne n’aime être forcé de faire des choses.

Kali Sedgemore, intervenant auprès des jeunes

Le premier ministre John Horgan pense quant à lui qu'il faut donner le plus de chances possible à ces personnes de prendre la meilleure décision médicale pour elles et leur famille. Selon lui, ce projet de loi va dans ce sens.

Le problème, selon moi, c'est que nous avons le plus grand nombre de morts à cause des opioïdes en Colombie-Britannique depuis le début de la crise qui a été reconnue comme une urgence de santé publique il y plus de cinq ans, a-t-il déclaré lundi.

Avec des informations de Maryse Zeidler et d'Adrien Blanc

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