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Ouverture d’un premier site temporaire de prévention des surdoses à Gatineau

Une chaise à côté d'une table pliante avec de l'équipement médical pour assurer des injections sécuritaires d'opioïdes (archives).

Le site temporaire de prévention des surdoses est situé près du Gîte Ami.

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

En raison du nombre de surdoses en hausse en Outaouais, un premier site temporaire de prévention sera mis en place à Gatineau. Les deux tentes seront installées lundi sur un terrain municipal derrière le Gîte Ami.

Le service de supervision sera offert 7 jours sur 7, de 18 h à 22 h. Le lieu permettra la consommation par injection, par voies orales et intranasales. Deux intervenants seront présents afin de superviser et de conseiller les usagers.

Une infirmière sera disponible sur appel en tout temps pour répondre aux demandes non urgentes. Et en cas d’urgence, les intervenants contacteront rapidement le 911.

Les intervenants ont reçu la formation nécessaire dans le contexte de la COVID-19. La distanciation physique sera respectée et les règles entourant l’équipement de protection individuelle aussi.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais, le Centre d’intervention en toxicomanie de l’Outaouais (CIPTO) et le BRAS Outaouais unissent leurs forces pour offrir ce service.

Bouleversement des habitudes en raison de la COVID-19

La Dre Camille Paquette, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive, mentionne que la pandémie de la COVID-19 provoque des bouleversements importants dans les habitudes de consommation.

La docteure Camille Paquette lors d'un point de presse virtuel du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais.

La Dre Camille Paquette, médecin spécialiste en santé publique affirme qu'un site temporaire de prévention des surdoses peut sauver des vies à Gatineau.

Photo : Radio-Canada

Les consommateurs font face à davantage d’isolement. Les marchés des substances illicites sont perturbés et de nouvelles molécules inconnues font leur apparition dans les drogues.

Selon la Dre Paquette, depuis le mois de mai, on observe un nombre plus élevé qu’à l’habitude de décès possiblement dus à une surdose. Elle poursuit en expliquant que le site fournira un endroit sécuritaire où les personnes pourront consommer sous la supervision d’intervenants qualifiés.

La façade du Gîte Ami, à Hull, en été.

Le site de prévention des surdoses sera accessible de 18 h à 22 h tous les jours.

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Un site, plusieurs objectifs

Janick Allyson, coordonnatrice du service de consommation supervisée au CIPTO, précise que le site permettra d’atteindre plusieurs objectifs dans une approche de réduction des méfaits.

Les usagers du site pourront avoir accès à de l’analyse de leurs substances et à du matériel de consommation sécuritaire diminuant les risques de transmission d’ITSS, précise Mme Allyson. Ils pourront aussi avoir accès à de l’information, de la sensibilisation et des références vers des services connexes.

Mme Allyson pose dans les locaux de la Soupe populaire de Hull.

Selon Janick Allyson du CIPTO, le quartier où le site temporaire s'installe était déjà un point chaud, avant même l'aménagement du Centre d'hébergement d'urgence au Centre Robert-Guertin.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Site temporaire plutôt que permanent

Selon la Dre Camille Paquette, Santé Canada autorise deux formules pour les sites de prévention des surdoses. L’un est permanent et l’autre temporaire. Elle explique que la formule temporaire peut être mise en place relativement rapidement lors d’un besoin urgent de santé publique.

« Dans le contexte de la pandémie, le besoin s'est clairement fait sentir. »

— Une citation de  Dre Camille Paquette, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive

Janick Allyson affirme pour sa part que l’autorisation d’exploiter le site a été obtenue pour l’instant jusqu’au 30 septembre. Il sera possible d’obtenir une prolongation de Santé Canada si le besoin se fait sentir.

Une trousse de naloxone sur une table près d'équipement médical.

Le site du Gîte Ami dispose aussi de naloxone, la substance à administrer en cas de surdose pour éviter qu'elle ne soit mortelle.

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Décès en hausse

L’objectif du site temporaire est de prévenir des décès. Selon le CISSS de l'Outaouais, les morts par surdose d’opioïdes sont en hausse dans la région.

Toujours selon le CISSS, en 2019, il y a eu 30 décès potentiellement dus à une surdose. Depuis janvier 2020, il y a en a eu 19. En mai et juin seulement, on a dénombré 12 décès potentiellement dus à une surdose.

Les données divulguées par le CISSS de l’Outaouais révèlent qu’un consommateur sur quatre a fait l’utilisation d’au moins un article d’injection déjà utilisé. De plus, 4 utilisateurs de drogues par injection sur 10 étaient dans des lieux publics au moment de consommer dans les 6 derniers mois.

Le site temporaire permet de transférer la consommation faite dans les lieux publics vers un lieu protégé et supervisé.

Des résultats concluants ailleurs au pays

Le cas de la Colombie-Britannique et de son site Insite est cité comme très concluant par la Dre Paquette. Elle raconte qu’il y a eu une baisse d’environ 35 % des décès après l’arrivée du site supervisé.

« Cela sauve vraiment des vies. »

— Une citation de  Dre Camille Paquette, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive

Elle précise qu’il peut y avoir des surdoses, mais qu’elles sont moins mortelles, puisque les intervenants sont sur place et prêts à réagir rapidement en cas de besoin.

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