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Une équipe de soccer de propriété féminine : Danièle Henkel applaudit

Elle sourit, assise sur une chaise, devant un fond gris

La femme d'affaires Danièle Henkel

Photo : Courtoisie Daniele Henkel / BENEDICTE BROCARD

Jean-François Chabot

Il y a une semaine, la National Women's Soccer League (NWSL) annonçait que la future équipe de Los Angeles sera la propriété d’un groupe majoritairement composé de femmes investisseuses. Pour Danièle Henkel, il s'agit d'un pas dans la bonne direction.

La franchise, qui se joindra au circuit en 2022, bénéficiera de l’engagement d'un groupe de propriétaires nommé Angel City dont font notamment partie les actrices Natalie Portman, Jessica Chastain et Eva Longoria ainsi que la joueuse de tennis Serena Williams et son époux Alexis Ohanian.

Celles-ci seront également appuyées par l'investisseuse en capital de risque technologique Kara Nortman et l'entrepreneuse de jeux vidéo Julie Uhrman, qui présidera l'équipe.

Henkel, femme d’affaires québécoise d’origine marocaine, estime qu’il s’agit là d’une situation qui devrait montrer aux jeunes que tout est possible.

Et pourquoi pas? Je pense que tout est à propos quand ça doit arriver. Je ne sais si ça aurait dû être fait il y a longtemps, mais je crois que c’est un signal que c’est le temps d’essayer et de démontrer à travers ce geste que c’est possible, lance-t-elle d’entrée de jeu.

C’est un business. Toutes les ligues sont formées de gens d’affaires. On parle d’argent, on parle de revenus, de commercial. Des femmes ont décidé aujourd’hui d’envoyer ce message aux jeunes femmes, aux jeunes hommes, à la population pour mettre la pression nécessaire pour que les ligues qui sont restées encore un peu réticentes, récalcitrantes, archaïques, comprennent qu’il est temps de changer.

Danièle Henkel, femme d'affaires

Chasser les préjugés

Panéliste de la première heure de l’émission Dans l’œil du dragon à la télévision de Radio-Canada, Mme Henkel reconnaît que les défis seront multiples.

Les défis qu’on pourrait rencontrer, c’est le fait d’être récalcitrant ou qu’on va continuer pendant un certain temps à perpétuer certains préjugés sur la capacité des femmes à faire ce travail, explique-t-elle avant de parler des risques.

Mais il y a aussi un danger. Il ne faudrait pas que ça devienne encore une fois les femmes d’un côté, les hommes de l’autre. Ce n’est pas le but. On va démontrer que les femmes sont tout aussi capables de faire ce que les hommes font dans un domaine sportif qui est extrêmement exigeant et qui est encore extrêmement masculin. Et le message sous-jacent, c’est à nos jeunes, nos jeunes filles, nos jeunes femmes, nos jeunes hommes aussi, de leur dire que, si vous ne parlez pas et n’exigez pas de vos ligues que ça change, eh bien, ça changera difficilement!

Danièle Henkel continue de croire que les propriétaires de la nouvelle équipe de Los Angeles devront probablement en faire plus pour obtenir la reconnaissance de leurs pairs masculins au sein de la NWSL.

Vous savez bien que c’est un perpétuel débat où il faut toujours prouver plus, faire plus, prendre plus de place. C’est dommage, mais, oui, je pense que oui. Je pense qu’il va falloir essayer de se faire d’abord accepter, ou même tout simplement d’essayer de montrer sa différence.

Danièle Henkel

C’est d’accepter que nous allions dans une direction qui va susciter des critiques, des regards, des questions, des préjugés, et d’être prêtes à ça. Je crois qu’elles le sont. Je crois qu’elles ont à faire face à cela, et je crois aussi que c’est une des façons de permettre le débat, de permettre le questionnement et de permettre le changement.

Des choix qui parlent

Pour Danièle Henkel, ces femmes ont des cartes maîtresses importantes entre leurs mains. Les choix qu’elles feront en sélectionnant le personnel sportif de leur équipe pourraient instaurer une nouvelle mentalité.

Elles vont peut-être démontrer qu’elles sont capables d’intégrer les hommes qui ont des compétences. Les femmes sont prêtes à dire qu’il y a des compétences et on ne ferme pas la porte aux hommes qui sont compétents. C’est de démontrer justement qu’il y a une ouverture qui devrait être naturelle de l’autre côté. En faisant ça, les gens verront peut-être que ça fonctionne bien ensemble. Si ces femmes-là décident de le faire différemment, c’est un choix personnel, c’est leur entreprise, leur argent, leur message.

Et il y a la présence de Serena Williams qui permettra de toucher toute la question de la diversité.

C’est une personne qui, de par ce qu’elle est, son background, est une femme de la diversité. Elle a démontré, à force de travail et de persévérance, d’ardeur, de messages constants et cohérents que c’était possible. Son rôle va être extrêmement important pour la diversité. C’est la possibilité aux jeunes de rêver. Elle aura un rôle important. Je crois qu’elle a aussi les compétences pour le faire.

Un exemple pour la suite ?

Tout en ayant de bons mots pour les dirigeants de la NWSL qui font preuve d’ouverture, elle espère que ceux qui sont à la tête des grandes ligues professionnelles comme la NFL, la NBA, le baseball majeur et la LNH sauront s’en inspirer.

Je crois qu’il faut poser la question. On a parlé beaucoup de salaires, on a parlé des abus. Aujourd’hui, on parle de la possibilité que les femmes puissent aussi jouer dans des ligues importantes, majeures, avec leurs collègues et pairs masculins. Je crois qu’il pourrait y avoir une ouverture. Ça va dépendre de la constance et de la cohérence du message qui doit être là et qui doit démontrer que c’est possible.

Au Québec et au Canada, on a déjà pris l'avance sur ces positions-là, et je souhaite qu’on le fasse encore et qu’on démontre au reste du monde que, pourquoi pas?

Danièle Henkel, femme d'affaires

Mais Danièle Henkel serait-elle prête à investir dans une équipe de sport professionnel?

Vous savez, j’ai déjà soutenu – et ça, c’est très personnel – plusieurs de nos athlètes, parce que je crois fondamentalement que le sport fait du bien, précise-t-elle.

Nous avons besoin de permettre à nos jeunes femmes de faire ce qu’elles aiment. Je me dis que si l'occasion était là, eh! bien, pourquoi pas? Je la regarderais comme n’importe quelle autre occasion, mais avec un message très clair : c’est juste une occasion d’affaires qui va permettre de lancer un message clair, de dire que c’est possible aussi et qu’il est temps de collaborer, messieurs…

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