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La police de Repentigny encore accusée de profilage racial

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De jeunes Noirs jouent au basket.

Le reportage de Jacaudrey Charbonneau.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un groupe de jeunes noirs affirme avoir reçu plusieurs milliers de dollars d’amende pour un rassemblement illégal alors que le confinement était encore en vigueur, alors qu’un groupe de Blancs n’a reçu qu’un avertissement. La police se défend.

Le 22 mai dernier, le Grand Montréal est encore confiné pour trois jours. Les sports collectifs sont toujours interdits, même à l’extérieur. Dans le parc de la Seigneurie à Repentigny, plusieurs jeunes noirs jouent au basket ou au soccer quand quatre voitures de police arrivent sur les lieux.

Alors que plusieurs jeunes prennent la poudre d’escampette, Philippe Jonathan Guerre reste sur place. Ils ont donné un ticket à tous ceux qui sont restés, puis je faisais partie de ceux qui étaient restés, raconte le jeune homme de 22 ans. Les neuf contraventions totalisent plus de 11 500 $.

Après notre départ, d’autres personnes sont venues jouer [des Blancs], pis les policiers leur ont juste donné un avertissement.

Philippe Jonathan Guerre

Ce dernier se dit frustré de la situation. Selon lui, les règles doivent être appliquées de la même façon pour tous, quelle que soit la couleur de peau.

Pas de double traitement selon la police

La police se défend d’avoir fait preuve de discrimination dans ce dossier.

Le 22 mai, on a donné des constats à des personnes blanches dans un parc puis on a donné des constats à des personnes de la communauté noire dans un autre parc. Ce que je peux vous dire c'est qu'on a donné des constats autant à des blancs qu'à des noirs.

Lison Ostiguy, directrice adjointe par intérim du Service de police de Repentigny (SPVR)

Le SPVR affirme que certains des membres de ce groupe avaient été avertis quelques jours auparavant des règles, ce que ces derniers réfutent. Les jeunes comptent désormais porter plainte devant la Commission des droits de la personne et de la jeunesse.

L'histoire qui se répète

Ce n’est pas la première fois que la police de Repentigny est accusée de profilage racial. En avril 2019 le Centre de recherche-action sur les relations raciales avait dénombré neuf cas en six mois. Il est clair qu’il y a un grave problème de racisme systémique anti-noir à Repentigny. On dirait que les hommes noirs sont traqués par la police dans cette municipalité, avait déclaré le directeur général du CRARR, Fo Niemi.

Le profilage racial chaque jour s’amplifie, a déclaré en conférence de presse dimanche Pierre-Richard Thomas, président du groupe des citoyens noirs de Repentigny. Ce dernier croit que la Ville doit dans un premier temps reconnaître qu’il y a une problématique.

Moi quand je suis venu vivre dans cette ville-là [Repentigny], je ne pensais pas que mes enfants vivraient pire que moi qui ai grandi à Montréal-Nord et à Rivière-des-Prairies, confie Rose Alcide, mère de l’un des jeunes Noirs impliqués.

Fin 2018, sur les 121 policiers travaillant pour le SPVR, trois étaient issus des minorités visibles. Il en faudrait quatre fois plus pour que cela soit proportionnel à la part des minorités visibles dans cette ville de 84 000 habitants.

D'après les informations de Jacaudrey Charbonneau

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