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Incendie dans la cathédrale de Nantes : le bénévole passe aux aveux

Des pompiers devant la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes endommagée par le feu.

Des pompiers dépêchés sur les lieux de l’incendie à la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes.

Photo : Getty Images / SEBASTIEN SALOM-GOMIS

Agence France-Presse

Une semaine après l'incendie dans la cathédrale de Nantes, la piste criminelle est désormais privilégiée et un bénévole du diocèse, un temps interpellé puis relâché, a été mis en examen et placé en détention provisoire dans la nuit de samedi à dimanche pour destructions et dégradations par incendie après être passé aux aveux.

Mon client a coopéré, a affirmé au quotidien Presse-Océan son avocat, Me Quentin Chabert. Il regrette amèrement les faits et évoquer cela a été pour lui une libération. Mon client est aujourd'hui rongé par le remords et dépassé par l'ampleur qu'ont pris les événements, assure-t-il.

Il a reconnu, lors de l'interrogatoire de première comparution devant le juge d'instruction, avoir allumé les trois feux dans la cathédrale : sur le grand orgue, le petit orgue et dans un panneau électrique, a précisé le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès au quotidien.

L'homme de 39 ans était chargé de fermer la cathédrale la veille de l'incendie. Il s'agit d'un homme venu se réfugier en France il y a quelques années, avait expliqué la semaine dernière à l'AFP le recteur de la cathédrale de Nantes, le père Hubert Champenois.

Selon le recteur, le bénévole est servant d'autel et il le connaissait depuis quatre ou cinq ans.

J'ai confiance en lui comme en tous les collaborateurs, avait-il expliqué à l'AFP.

Le bénévole avait été placé en garde à vue quelques heures après l'ouverture de l'enquête, le 18 juillet, puis remis en liberté le lendemain soir. Les enquêteurs souhaitaient l'interroger, car après l'incendie aucune trace d'effraction n'avait été constatée sur les accès à l'édifice dans lequel trois points de départ de feu avaient été constatés.

Dans le cadre de cette enquête, plus de trente personnes ont été entendues et une vingtaine d'enquêteurs de la police judiciaire ont été mobilisés, avec notamment le renfort du laboratoire central de la préfecture de police de Paris, afin de déterminer la cause de l'incendie, a expliqué dans un communiqué samedi soir le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès.

Les premiers résultats communiqués par le laboratoire central de la préfecture de police de Paris amènent à privilégier la piste criminelle, a-t-il ajouté.

Le bénévole interpellé de nouveau

Le bénévole a été de nouveau interpellé et placé en garde à vue samedi matin et présenté dans la soirée au parquet de Nantes qui a ouvert une information judiciaire, a précisé le procureur, confirmant une information du quotidien Presse-Océan.

L'homme a été mis en examen dans la nuit des chefs de destructions et dégradations par incendie et placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet. Il encourt pour cette infraction une peine de 10 ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende, a ajouté le procureur.

L'enquête avait révélé l'existence de trois points de feu distincts dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Entre le grand orgue, qui est sur la façade au premier étage et les autres feux, vous avez quasiment toute la distance de la cathédrale. Ils sont quand même à une distance conséquente les uns des autres, avait relevé le jour de l'incendie le procureur.

L'alerte avait été donnée le 18 juillet vers 7h45 par des passants qui avaient vu des flammes sortant de la cathédrale. Il a fallu environ deux heures aux sapeurs-pompiers pour circonscrire le feu qui a notamment détruit un tableau d'Hippolyte Flandrin du XIXe siècle et le grand orgue.

Un orgue complètement brûlé à l'intérieur de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes.

L'orgue a brûlé après être tombé du 1er étage lors de l’incendie à l'intérieur de la cathédrale.

Photo : Getty Images / FANNY ANDRE

En dehors du grand orgue dont très peu, voire pas du tout d'éléments seront sauvables, selon Philippe Charron, responsable du pôle patrimoine à la Direction régionale des affaires culturelles, la plupart des oeuvres ont été sauvées et sont remisées notamment dans le château de Nantes.

On va compter en semaines la mise en sécurité du site, (...) en mois l'investigation qui va se faire pierre par pierre et, concernant la durée du chantier de reconstruction précédé d'une phase d'études, là, l'unité sera plutôt l'année, a estimé M. Charron.

L'État prendra toute sa part dans la reconstruction, a promis le premier ministre Jean Castex, venu à Nantes féliciter les sapeurs-pompiers le jour de l'incendie.

L'incendie de la cathédrale de Nantes, survenu 15 mois après celui de Notre-Dame de Paris, a suscité une vive émotion chez les Nantais, dont certains ont conservé le souvenir d'un précédent incendie de l'édifice, le 28 janvier 1972.

L'édification de cette cathédrale, de style gothique flamboyant, a duré plusieurs siècles (de 1434 à 1891).

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