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Deux ans après la mort de Riley Fairholm, sa mère cherche encore des réponses

Tracy Wing tient une photo de son fils.

Tracy Wing cherche encore à comprendre les circonstances entourant la mort de son fils, en 2018.

Photo : Radio-Canada

Une trentaine de personnes se sont rassemblées devant les bureaux de la Sûreté du Québec à Dunham samedi soir pour rendre hommage à Riley Fairholm.

Il y a deux ans jour pour jour, le jeune de 17 ans, qui était en crise, est mort sous les balles d'un policier à Lac-Brome.

Dans la nuit du 25 juillet 2018, une dame a appelé la police, inquiète de voir un homme armé circuler sur la route 104 en criant. À leur arrivée, les policiers auraient tenté de discuter avec l'adolescent en crise à l'aide d'un haut-parleur, mais ce dernier serait devenu menaçant envers eux et un policier a fait feu.

« Ça aurait pu être votre frère », peut-on lire sur une affiche à l'effigie de Riley Rairholm.

« Ça aurait pu être votre frère », peut-on lire sur une affiche à l'effigie de Riley Rairholm.

Photo : Radio-Canada

Pour Tracy Wing, la mère de l'adolescent, les blessures sont encore vives. Les circonstances entourant la mort de son fils demeurent une grande source de questionnement.

D'attendre presque deux ans pour avoir des réponses, ça rend le deuil très difficile, précise-t-elle. 

Tracy Wing peine à comprendre pourquoi les policiers n'ont mis que 61 secondes entre leur arrivée sur les lieux et le moment où ils ont fait feu sur son fils.  

Je trouve que l'intervention était trop courte et j'ai de la difficulté à l'accepter.

Tracy Wing, mère de Riley Fairholm

Tracy Wing pensait que le rapport du Bureau des enquêtes indépendantes qui a été déposé cet hiver éclaircirait les circonstances de l'intervention policière, mais les informations partielles qu'elle a obtenues n'ont pas été suffisantes pour répondre à ses nombreuses questions.  

Elle se demande notamment pourquoi les policiers ont attendu plus de deux heures avant de l'informer que son fils avait été tué par un agent de la paix.


Tracy Wing fonde maintenant son espoir sur le rapport du coroner, qui devrait être déposé en décembre et qui pourrait lui apporter certains éclaircissements.

Plus de transparence du BEI réclamée

La Ligue des droits et libertés adresse, elle aussi, plusieurs reproches au BEI, dont le fait que cette instance ne soit pas véritablement indépendante du milieu policier, puisque les enquêteurs qui y travaillent sont majoritairement des ex-policiers.  

La Ligue des droits et liberté plaide aussi pour que le BEI diffuse les résumés de ses enquêtes, comme le font des organismes similaires dans plusieurs autres provinces canadiennes.  

Un manque de transparence que déplore également la Coalition contre la répression et les abus policiers. 

L'État est responsable de la mort d'un citoyen, la moindre des choses, c'est de faire preuve de la plus totale transparence, souligne le porte-parole de cette coalition, Alexandre Popovic. 

Contacté par Radio-Canada, le Bureau des enquêtes indépendantes a indiqué que sur les 177 enquêtes indépendantes réalisées depuis sa création, il y a 4 ans, aucune d'entre elles n'a mené au dépôt d'accusation contre des policiers.  

Plaidoyer pour une meilleure formation des policiers 

Tracy Wing estime que les policiers devraient avoir accès à davantage de formations pour intervenir auprès des personnes en crise.  

Je crois que les policiers ont besoin de plus de formation et moins de pouvoir, parce que 61 secondes, c'est bien peu pour prendre une décision de tirer mortellement, ce n’était pas un accident.

Tracy Wing a également déposé une plainte en déontologie policière contre les policiers qui sont intervenus ce soir-là. Elle espère que ses démarches puissent contribuer à éviter la perte d'une autre vie humaine.  

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