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La FÉÉCUM exige une prise de position publique de l'Université sur le harcèlement

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L’Université de Moncton a réagi aux allégations d'inconduites sexuelles d'un de ses professeurs par voie de communiqué, mais n'a pas souhaité accorder d'entrevue.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Fédération des étudiantes et étudiants du campus de l'Université de Moncton dénonce les actions de l'institution entourant les nombreuses dénonciations d’inconduites à l'encontre du professeur d'art dramatique Andréi Zaharia. L'association exige maintenant que l'Université se prononce publiquement concernant les allégations de harcèlement.

Jaber Najim, vice-président exécutif de la Fédération des étudiantes et étudiants du campus de l'Université de Moncton (FÉÉCUM) se dit vraiment déçu de la réaction de l’administration de l’Université en réponse à ces allégations. Il déplore le manque de prise en charge des préoccupations des étudiants par les dirigeants.

Jaber Najim en entrevue sur le campus de l'Université de Moncton.

Jaber Najim, vice-président de la FÉÉCUM, déplore l'inaction de l'administration.

Photo : Radio-Canada

L’inaction de l’administration fait craindre aux étudiants de ne pas être en sécurité dans l’établissement d’éducation. Ils souhaitent que l'Université se prononce clairement pour défendre les membres de leur communauté, surtout considérant que ces épisodes de harcèlement visaient entre autres des étudiantes mineures au moment des faits allégués.

Vendredi, d’anciennes étudiantes de l'université en art dramatique ontdénoncé plusieurs comportements problématiques du professeur Andréi Zaharia dont elles auraient été victimes. Elles sont au moins cinq étudiantes à avoir fait état de harcèlement, de sexisme ou de misogynie.

La FÉÉCUM souhaite que l’établissement se prononce publiquement à ce sujet. Or, l’Université de Moncton a réagi à ces déclarations par voie de communiqué, mais n'a pas souhaité accorder d'entrevue. Le professeur Zaharia n’a pas non plus répondu aux demandes d’entrevue de Radio-Canada.

Une culture répandue dans le milieu des arts

La vague de dénonciations à l’Université de Moncton a aussi soulevé plusieurs questions par rapport au milieu particulier de l'enseignement des arts.

Plusieurs victimes qui ont témoigné ont mentionné un écart de pouvoir important entre l’étudiant qui veut bien performer et le professeur. Cette situation rendrait les étudiants, notamment en art dramatique, particulièrement vulnérables aux abus de pouvoir.

Une étude pancanadienne s'est d'ailleurs penchée sur la question en 2018. Pour ce faire, des centaines d'étudiants et de diplômés de programmes d'art dramatique au pays ont été sondés. L'étude a entre autres démontré que malgré les plaintes des étudiants, la grande majorité des organisations ne prennent pas de mesures concrètes pour protéger les victimes.

Selon Sarah Robbins, candidate au doctorat au Centre d’études dramatiques de l’Université de Toronto et la chercheuse derrière cette étude, les témoignages des étudiantes de la faculté d'art dramatique de Moncton font échos à des histoires qui se déroulent également dans d’autres facultés.

Il y a des déséquilibres de pouvoir qui sont propres à l'enseignement de l'art dramatique, où le comportement qui se produit dans ces espaces serait inapproprié dans tout autre contexte. Encore une fois, ces déséquilibres sont justifiés par les exigences de l'industrie, explique-t-elle. Ce déséquilibre de pouvoir encourage les étudiants à accepter des choses qu'ils savent être inappropriées et inconfortables, poursuit la chercheuse.

Sarah Robbins en entrevue.

Sarah Robbins, candidate au doctorat au Centre d’études dramatiques de l’Université de Toronto

Photo : Radio-Canada

Ces déséquilibres auxquels se réfère Sarah Robbins, subsisteraient même au niveau professionnel. Selon Grégoire Gagnon, directeur général du Conseil des ressources humaines du secteur culturel, les artistes peuvent se retrouver dans des positions vulnérables en raison de la nature de leur emploi.

Afin de remédier à cette situation, le Conseil des ressources humaines du secteur culturel offre depuis quelque temps des ateliers sur le harcèlement et l'intimidation, spécifiquement dans le milieu culturel. Ces ateliers sont nécessaires selon Grégoire Gagnon, qui affirme qu’il faut collectivement changer la culture et le mode de travail du milieu pour éviter que de telles histoires se répètent.

Avec les informations de Rose St-Pierre

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