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Une nouvelle nuit tendue à Portland entre manifestants et policiers

Les explications de Gabrielle Proulx

Photo : Reuters / CAITLIN OCHS

Radio-Canada

À Portland, en Oregon, des milliers de personnes ont été dispersés lors d'une manifestation tendue qui visait à dénoncer la décision d'un juge fédéral de ne pas retenir la demande des autorités locales de restreindre les actions des agents spéciaux fédéraux.

L'Oregon demandait notamment à ce que les policiers fédéraux n'arrêtent personne sans raison valable, à ce qu’ils s'identifient avant l'arrestation et expliquent les motifs de l'arrestation.

La manifestation de la nuit dernière a été plus tendue que les précédentes. La situation s'est envenimée au petit matin samedi lorsque des manifestants ont lancé des bouteilles en verre et des feux d'artifice contre l'immeuble, tandis que des policiers fédéraux répliquaient avec des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Une femme est arrêtée par des policiers.

La police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, qui avaient notamment allumé un feu dans une rue.

Photo : Reuters / Caitlin Ochs

« Attroupement illégal », selon les agents fédéraux

La manifestation a attiré vendredi soir des gens de différentes organisations, dont des travailleurs de la santé, des enseignants et des avocats associés au mouvement Black Lives Matter. Les manifestants contre le racisme et la discrimination se sont rassemblés devant l'édifice de la cour fédérale américaine à Portland, devenu l'épicentre des protestations.

À mesure que la foule prenait de l'ampleur, les manifestants scandaient les slogans Black lives matter et Feds go home (Fédéraux, rentrez chez vous) pour inciter le retrait des agents fédéraux, au son des tambours. Certains d'entre eux s'étaient également réunis avant la tombée de la nuit devant un mémorial commémorant des personnes noires décédées de violences policières.

C'est incroyable qu'autant de personnes viennent, donc je veux juste être une voix de plus, a commenté Sean Robinson, gérant en informatique. Et mon autre message, c'est que les vies des personnes noires comptent.

Daniel Douglas, un informaticien de 31 ans, portait un sac à dos sur lequel était écrit les fédéraux dehors maintenant. On ne veut pas que des fédéraux venus de l'extérieur de notre ville occupent notre ville et terrorisent nos communautés, a-t-il expliqué.

La manifestation a duré plusieurs heures, soit jusqu'à ce que les policiers fédéraux décident de disperser les derniers protestataires vers 2 h 30 du matin, heure locale.

Les agents fédéraux ont aussi éteint un grand feu qui avait été allumé dans la rue devant l'édifice de la cour fédérale. Des manifestants ont notamment secoué la clôture entourant le tribunal, tiré des feux d'artifice vers le bâtiment et jeté des bouteilles en verre.

Des manifestants se rassemblent derrière une clôture métallique lors d'une manifestation.

La Ville est théâtre depuis près de deux mois de rassemblements contre le racisme et désormais contre le déploiement d'agents fédéraux ordonné par Donald Trump.

Photo : Reuters / CAITLIN OCHS

La plupart des manifestants avaient quitté les lieux vers 3 h, mais il restait toujours quelques petits groupes qui circulaient dans les rues.

Les autorités du Federal Protective Service ont indiqué qu'il s'agissait d'un attroupement illégal pour justifier leur intervention et ont mentionné que des policiers ont été blessés lors de heurts avec des manifestants.

Une intervention très controversée

Des leaders démocrates de l'Oregon estiment que les policiers fédéraux déployés par le président Donald Trump pour gérer la crise n'ont fait qu'empirer la situation depuis deux mois.

Le mouvement dans cette ville du nord-ouest des États-Unis avait commencé, comme ailleurs dans le pays et dans le monde, après la mort fin mai d'un homme noir, George Floyd, sous le genou d'un policier blanc à Minneapolis.

Mais il s'est amplifié lorsque sont arrivés mi-juillet des policiers fédéraux à Portland. Dans de nombreuses vidéos publiées sur les réseaux sociaux, on voit ces agents, en tenue paramilitaire et sans badge visible d'identification, utiliser des véhicules banalisés pour interpeller des manifestants, attisant les braises de la contestation.

Des militants des droits de la personne et des élus ont dénoncé des arrestations sommaires dans les rues de Portland, par ces agents fédéraux, qui arrêtent des manifestants sans leur fournir de motifs depuis au moins le 14 juillet. Certains de ces manifestants ont été brutalisés.

Les agents fédéraux ont été envoyés à Portland afin de mettre un terme aux manifestations organisées chaque nuit devant le tribunal fédéral de la ville pour protester contre les brutalités policières et le racisme.

Le président Donald Trump a d'ailleurs renchéri le 20 juillet en indiquant que le déploiement des forces fédérales pourrait se répéter ailleurs qu'à Portland, plus précisément dans des villes dirigées par des démocrates.

Une enquête officielle a été ouverte jeudi par le ministère de la Justice sur l'action très controversée de ces policiers fédéraux sur place.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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