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L’industrie du tournage ontarienne devant un tout nouveau scénario

Trois personnes travaillent sur un plateau de tournage en portant un masque.

L'industrie ontarienne du tournage a dû s'adapter aux nouvelles réalités du travail en pandémie.

Photo : Radio-Canada

Après des mois sans pouvoir exercer ses activités en raison des mesures de lutte contre la pandémie, l’industrie du tournage en Ontario doit maintenant s’adapter à une toute nouvelle réalité qui force les studios à changer leur manière de planifier, budgéter et d’exécuter des tournages.

Depuis la deuxième phase du plan de déconfinement de la province, les compagnies de tournages sont autorisées à se rassembler sur les plateaux.

Un homme aux cheveux courts et gris, yeux verts clairs, il sourit.

Denis McCready, producteur exécutif du Studio de la francophonie canadienne de l’ONF.

Photo : Denis McCready

Mais comme l’explique Denis McCready, producteur exécutif du Studio de la francophonie canadienne de l'Office national du film du Canada, un obstacle de taille se dresse encore devant les compagnies qui souhaitent reprendre leurs activités sur le terrain.

Les producteurs privés font face à un défi important qui est la possibilité d'avoir une assurance qui va couvrir les arrêts de tournage, les situations où quelqu'un pourrait devenir infecté.

Denis McCready, producteur exécutif du studio de la francophonie canadienne de l'office national du film du Canada.

Ce constat est partagé par Rob Riselli, qui est gestionnaire des programmes cinématographiques pour Creative Industry Ontario North (CION).

Une bobine de film et une claquette pour tournage de film.

Les compagnies d'assurance refusent presque totalement d'assurer les plateaux de tournage en raison de la COVID-19.

Photo : iStock / iStockphoto

Aucune compagnie d’assurance ne désire couvrir un arrêt de tournage dû à la COVID-19, explique-t-il.

Il ajoute que le tournage d’émissions de télévision souffre particulièrement de ces restrictions parce que ce type de tournage est souvent étendu sur plusieurs mois et qu’un arrêt des activités de plusieurs semaines rendrait difficile de garder l’équipe et les acteurs sur place.

Pour remédier à cette situation, l’ONF a plutôt opté pour une autoassurance, ce qui signifie que la compagnie de tournage prévoit une partie de son budget en extra de manière à couvrir un possible arrêt de travail.

Une option qui est analysée par plusieurs compagnies de production, selon M. Riselli.

M. Riselli cite aussi l’immigration et les délais de quarantaine obligatoire qui s’applique aux arrivants des autres pays comme d'autres facteurs qui rendent plus difficiles les tournages.

Une réticence qui pourrait changer

Tracy Legault, qui est la productrice exécutive de Carte Blanche Films, une compagnie de tournage qui oeuvre à Ottawa et Sudbury, a récemment reçu une bonne nouvelle de la part de son assureur.

La productrice exécutive de Carte Blanche Films, Tracy Legault, supervise le tournage de la série télévisée pour enfants, Amélie et compagnie!, dans une maison près de Bell Park.

La productrice exécutive de Carte Blanche Films, Tracy Legault, qui produit des séries et des films à Ottawa et Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Benjamin Aubé

Moyennant ce qu’elle qualifie de très grosse franchise, sa compagnie d’assurance devrait accepter de couvrir l’arrêt de travail si un arrêt en raison de la pandémie survient.

Elle ajoute que le montant versé en cas d’infection d’un acteur pourrait aider la production à continuer malgré un arrêt.

Les autres travailleurs des plateaux de tournage ne sont cependant pas couverts par ces changements de l’assureur.

Des adaptations coûteuses sur les plateaux

Une fois le tournage repris, l’industrie doit aussi se frotter à de nombreux défis au sein même des plateaux de tournage.

Les compagnies de tournages doivent composer avec de nouvelles contraintes liées à la pandémie.

Si les plateaux des documentaires de l’ONF sont souvent plus petits que celles d’un film ou d’une série, selon M. McCready, des mesures sont tout de même prises pour faire respecter la distanciation physique

L’ONF distribue de l'équipement de protection et peut installer des panneaux de plexiglas si les employés doivent rester près les uns des autres comme dans le cas d’une caméra par exemple.

Trois techniciens portent des masques.

Comme ailleurs au pays, les équipements de protection sont maintenant chose courante sur les plateaux de tournage.

Photo : Productions Casablanca

En ce qui a trait aux plus gros plateaux de films ou de télévision, M. Riselli affirme les compagnies doivent trouver les meilleurs processus pour que les équipes travaillent ensemble, sans travailler ensemble.

Il affirme que certaines compagnies de tournage songent à établir des plateaux-bulles ou encore à faire travailler les équipes par vagues en désinfectant entre chaque équipe.

Du côté du projet de tournage de Carte Blanche Films qui devrait s’amorcer à la fin du mois d’août, on compte engager une équipe de sécurité pour contrôler l’accès au plateau et donc empêcher une personne infectée d’entrer sur un lieu de tournage.

Les employés vont aussi devoir subir un contrôle de température chaque jour.

Le rythme du tournage sera aussi ralenti puisqu’on ne peut mettre qu’un certain nombre de personnes en même temps sur le plateau, explique Mme Legault.

Des comédiens locaux de la série télévisée pour enfants, Amélie et compagnie!, se préparent à tourner une scène dans la cour arrière d’une maison dans un quartier situé près de Bell Park dans le Grand Sudbury.

Carte Blanche Films produit la série télévisée pour enfants Amélie et compagnie!, série qui est normalement filmée dans le Grand Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Benjamin Aubé

Mme Legault estime que les nouvelles adaptations du lieu de tournage incluant la sécurité et l’achat d’équipement de protection pourraient coûter environ 50 000$ pour la réalisation d’un court métrage.

Elle affirme que des démarches sont en cours auprès des différents organismes gouvernementaux pour tenter d’obtenir du soutien pour ces frais supplémentaires.

Devant ces changements, Mme Legault affirme que son équipe est quand même prête à retourner sur le terrain pour leur premier tournage depuis la pandémie après des mois en télétravail.

Les membres de l’équipe sont contents de pouvoir enfin travailler et ils vont faire leur possible pour que ça se passe bien, croit-elle.

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