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Agressions sexuelles : un ex-gérant de bar d’Edmonton s'expose à une peine de 22 ans

« Je n’ai jamais plaidé dans une affaire où la Couronne et la Défense étaient si opposées », a affirmé Me Bottos.

Matthew McKnight marche au côté de sa mère devant un des murs du tribunal.

Matthew McKnight et sa mère entrent au tribunal d'Edmonton, le 10 juillet 2020.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Reconnu coupable de cinq agressions sexuelles, Matthew McKnight pourrait écoper de cinq à neuf ans de prison, si la juge Doreen Sulyma retient les recommandations de son avocat, ou de plus de 22 ans, si elle accepte l'argumentation de la Couronne.

Cinq viols contre cinq jeunes femmes et la peine présentée comme juste et appropriée pourrait être de moins de cinq ans, a demandé le procureur de la Couronne Mark Huyser-Wierenga alors qu'il remettait en cause, vendredi, les recommandations de la défense.

En ce septième jour des audiences sur la détermination de la peine de Matthew McKnight, Me Huyser-Wierenga a tenté de convaincre la juge que les cinq agressions sexuelles dont M. Knight a été reconnu coupable méritaient 22 ans et demi de prison.

Cet ancien gérant de bar d’Edmonton, aujourd’hui âgé de 33 ans, a été accusé d’agression sexuelle sur 13 femmes âgées de 17 à 22 ans.

Il avait plaidé non coupable de ces actes qui sont produits entre 2010 et 2016. Un jury l’a finalement reconnu coupable en janvier de cinq chefs d’accusation.

Divergence

Selon la Couronne, les cinq agressions étant distinctes, Matthew McKnight devrait être condamné à des peines consécutives qui seraient purgées l’une après l’autre.

Les procureurs ont réclamé deux peines de 4 ans, une de quatre et demi et deux de 5 ans, pour un total de 22 ans et demi.

La semaine dernière, son avocat, Dino Bottos, avait plutôt recommandé à la juge cinq à neuf ans de prison en affirmant que son client n’était pas le prédateur sexuel décrit par la Couronne et les victimes.

Il a eu des rapports sexuels avec 200 à 300 femmes en six ans, a soutenu Me Bottos lors du procès. Dans cinq cas, il est allé trop loin, a-t-il dit en rappelant à la cour que 8 des 13 poursuites s’étaient révélées non concluantes.

Les 12 victimes présumées qui ont témoigné lors du procès ont raconté avoir rencontré M. McKnight dans un club d’Edmonton, où il leur offrait des verres avant de les inviter à son appartement. Toutes, sauf une, ont expliqué avoir été agressées dans sa chambre.

Plusieurs plaignantes s’entendent pour dire que M. McKnight les aurait droguées à leur insu.

Je ne pouvais plus marcher, plus faire de phrases complètes ou voir clairement, a témoigné une d’entre elles. La dernière chose dont je me souvienne, c'est d’être tellement ivre que ma vision en est devenue trouble.

La défense a nié en bloc ces accusations, en maintenant que M. McKnight n’avait ni saoulé ni drogué des femmes dans le but d’abuser d’elles.

N’est-il pas beaucoup plus probable que M. McKnight ait un style de vie – celui d’un homme d’affaires, d’un gérant de bar – qui fait qu’il offre des verres à beaucoup de gens?, a suggéré Me Bottos au tribunal, le 17 juillet.

Défendant le style de vie de son client, coureur de jupons, Me Bottos a laissé entendre que les cinq femmes s’étaient prêtées à ce style de vie que l’on peut qualifier d'insouciant ou d'irresponsable.

Cela ne signifie pas qu’il était délibérément un prédateur, a soutenu Me Bottos.

Durant le procès, plusieurs victimes ont affirmé avoir souffert de cauchemars, d’anxiété et d'avoir eu des pensées suicidaires depuis qu’elles avaient été agressées.

Il a violé mon corps comme si j’étais une poupée gonflable à sa disposition, a décrit, en larmes, une des victimes. Je me suis réveillée dans un cauchemar qui me hantera pour le reste de ma vie.

Répétant que la prise d’alcool est intrinsèquement liée à la vie des bars dans laquelle évoluait M. Knight, Me Bottos a demandé au tribunal de ne pas traiter son client comme un criminel qui avait prémédité ses actes dans les cinq agressions pour lesquelles il s’apprête à être condamné.

Il a suggéré la semaine dernière une peine de 18 mois à 4 ans pour chaque chef d’accusation, soit une peine totale de 5 à 9 ans de prison.

La juge de la Cour du Banc de la Reine d’Edmonton Doreen Sulyma tranchera la semaine prochaine. Elle devrait annoncer la peine de Matthew McKnight le 31 juillet.

Avec les informations de La Presse canadienne

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