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Le rôle de la coroner est de prévenir d’autres cas comme Martin Carpentier

Martin Carpentier est toujours recherché.

Selon la SQ, Martin Carpentier était décédé avant le déclenchement d'une alerte Amber, le 9 juillet 2020.

Photo : Courtoisie Sûreté du Québec

La coroner et avocate Sophie Régnière est désignée pour faire la lumière sur les événements qui ont mené aux morts tragiques de Martin Carpentier et ses filles, il y a deux semaines à Saint-Apollinaire. Mais à quoi peuvent s’attendre de nombreux Québécois qui souhaitent en apprendre plus sur les circonstances qui ont mené à ce drame? Analyse d’un ex-coroner à la retraite.

D’abord, le rôle d’un coroner n’est pas de tenir un procès sur la place publique, mais plutôt de faire de la prévention afin d’empêcher que d’autres drames comme celui-ci ne se reproduisent, rappelle Denis Boudrias, qui a occupé les fonctions de coroner de 1979 à 2004.

Le coroner peut divulguer certains éléments d’intérêt public, mais il n’est pas obligé de tout divulguer. Il ne faut pas s’attendre à un rapport du coroner croustillant ou à un rapport qui va contenir des détails morbides, explique M. Boudrias.

Le coroner est maître du dossier et a accès à l’ensemble de tous les éléments de preuve. Ceux qui ont été rendus publics, ceux qui n’ont pas été rendus publics. Le coroner a accès à tout, car les policiers quand ils enquêtent sur un décès inexpliqué, ils enquêtent pour le coroner.

Toujours dans une optique de prévention, Mme Régnière fera part de ses recommandations à partir des faits, de tous les rapports soumis, des témoignages de proches de la famille Carpentier ainsi que de ceux d’experts, comme des psychologues.

Romy et Norah Carpentier.

Romy et Norah Carpentier ont été tuées par leur père.

Photo : Facebook (capture d'écran)

Un autre infanticide

D'après M. Boudrias, Martin Carpentier a commis un autre infanticide. Ces meurtres commis par des parents qui tuent leurs enfants sont en forte hausse au Québec, constate-t-il. C’est l’un des thèmes sur lesquels le Bureau du coroner doit se pencher, croit-il.

[La] coroner va plutôt s’attarder à découvrir le pourquoi des gestes, à la lumière de la preuve qui pourrait être recueillie auprès des proches et de l’entourage de [Martin] Carpentier. Et éventuellement, [elle] va peut-être formuler des recommandations, affirme M. Boudrias qui ne savait pas que la coroner Sophie Régnière serait chargée du dossier quand il a été interrogé vendredi, à l’émission matinale Première heure.

Et je pense même qu’éventuellement, il pourrait y avoir une enquête thématique sur [les infanticides].

Il faut faire de la prévention. Comment on la fait, cette prévention? Je pense que c’est en analysant les crimes déjà survenus, ajoute M. Boudrias. À partir du moment où on trouve des éléments déclencheurs de telles situations, on pourra mieux mettre en place des politiques pour tenter de les prévenir.

Plan rapproché de Guy Lapointe, en uniforme, l'air sérieux.

L'inspecteur-chef de la SQ et directeur des communications, Guy Lapointe, lors de la conférence de presse sur l'affaire Martin Carpentier.

Photo : La Presse canadienne

Tout s’est-il vraiment joué en 12 heures?

Certains faits énoncés lors de la conférence de presse de la Sûreté du Québec (SQ) du 22 juillet dernier sur la mort de Romy, Norah et Martin Carpentier, dont l’évaluation de la date des décès, seront aussi analysés par la coroner, selon La Presse canadienne.

Le Bureau du coroner rappelle que les éléments divulgués par la SQ étaient alors basés sur des analyses préliminaires. Ils pourraient donc être revus en fonction des éléments mis en lumière au cours de l’investigation de la coroner.

Plusieurs s'interrogent notamment quant à la précision d'une autopsie sur un cadavre retrouvé une dizaine de jours après le décès.

Il y a plusieurs pathologistes qui se sont prononcés ces derniers jours et ont expliqué que ce sont les circonstances et les faits découverts par l’enquête qui, souvent, permettent de préciser l’heure du décès, analyse M. Boudrias. Ce n’est pas toujours évident de le préciser [par l’autopsie]. Mais on a quand même une fenêtre qui donne un assez bon aperçu.

Deux policiers de dos, avec un chien, marchent dans un champ.

Depuis le début des recherches, la SQ a validé plus de 1000 signalements.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Et l’alerte Amber?

La SQ a également essuyé des critiques sur le moment du déclenchement de l’alerte Amber, survenu 18 heures après le mystérieux accident sur l’autoroute 20. Norah, Romy et Martin Carpentier ont d'ailleurs été aperçus vivants pour la dernière fois une heure environ avant cet accident. Le rapport de la coroner pourrait-il mener à des changements dans les critères menant au déclenchement de l’alerte Amber?

Un coroner va regarder l’ensemble des faits, l’ensemble des circonstances. Certainement que le délai pour déclencher l’alerte Amber va être un des sujets considérés, mais on n’en sait pas beaucoup pour l’instant. Le délai a été expliqué par la SQ; maintenant, est-ce que le délai est valable? On verra. Ça va être un des aspects regardés par [la] coroner, mais probablement pas le principal, répond M. Boudrias.

Le Bureau du coroner signale que le processus d’investigation de la coroner Régnière sera confidentiel jusqu’à la diffusion de son rapport final qui, lui, sera public. Le délai moyen entre le moment où le coroner est avisé d’un décès et la publication du rapport est actuellement de 11 mois.

Avec les informations de La Presse canadienne

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