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Trudeau doit partir « pour le bien du pays », affirme Scheer

Le Bloc québécois demande aussi formellement la démission du premier ministre et dit envisager le dépôt d'une motion de censure, une démarche susceptible d'entraîner la chute du gouvernement.

Portrait d'Andrew Scheer qui s'exprime en conférence de presse.

« Si les libéraux refusent d'agir, [...] ils approuvent implicitement cette conduite corrompue », a affirmé Andrew Scheer en conférence de presse.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le chef démissionnaire du Parti conservateur du Canada invite les députés libéraux à se coaliser pour montrer la porte au premier ministre Justin Trudeau dans la foulée de l'affaire UNIS. Le Bloc québécois réclame aussi formellement sa démission tandis que le NPD temporise.

Selon Andrew Scheer, le premier ministre tout comme son ministre des Finances, Bill Morneau, doivent démissionner en raison de la façon dont ils ont géré ce dossier.

Nous avons une situation où le premier ministre a choisi d'utiliser la pandémie pour briser les lois, pour briser les règles, pour donner un contrat à ses amis, a-t-il déclaré en conférence de presse vendredi.

C’est la sorte de premier ministre que nous avons en ce moment, et nous avons besoin d’un premier ministre qui respecte les règles, qui ne veut pas profiter politiquement d’une crise.

Une citation de :Andrew Scheer, chef démissionnaire du Parti conservateur

C’est précisément la raison pour laquelle ces deux personnes doivent faire la bonne chose, et partir pour le bien du pays, a-t-il poursuivi.

Les conservateurs ont déjà exigé la démission du ministre Morneau plus tôt cette semaine, après qu'il eut admis avoir fait deux voyages aux frais d'UNIS en 2017. Il s'est excusé et a remboursé plus de 41 000 $ à l'organisme.

MM. Trudeau et Morneau ont déjà admis qu'ils auraient dû se récuser de la décision du Cabinet d'accorder un contrat sans appel d'offres à UNIS pour gérer un programme de distribution de bourses à des étudiants faisant du bénévolat pendant la pandémie de COVID-19, puisqu'ils ont des liens avec l'organisation.

Le programme, d'une valeur de plus de 900 millions de dollars, aurait pu rapporter quelque 43 millions de dollars à UNIS. Il a cependant été annulé en raison de la controverse.

M. Scheer a fait valoir qu'il ne demande pas directement à M. Trudeau de démissionner. Je ne demande pas qu’il démissionne [par] lui-même, je parle aux députés libéraux, a-t-il dit.

Les députés libéraux ont un choix à faire : sont-ils prêts à sacrifier leur intégrité pour protéger un dirigeant qui fait l'objet d'une enquête ou est-ce qu’ils vont exiger que Trudeau parte?

Si les libéraux refusent d’agir, s’ils restent sans rien faire, ils approuvent implicitement cette conduite corrompue, ils sont aussi coupables que Justin Trudeau.

Une citation de :Andrew Scheer, chef démissionnaire du Parti conservateur

Le chef conservateur a rappelé qu'il avait déjà exigé la démission du premier ministre lorsque l'affaire SNC-Lavalin faisait rage l'an dernier et qu'il n'avait pas changé d'idée.

Je n’ai jamais changé mon opinion. Je crois que Justin Trudeau ne mérite pas d’être premier ministre de ce pays, a déclaré celui qui vit ses dernières semaines à titre de chef conservateur.

Selon Andrew Scheer, M. Trudeau ne prenait pas la responsabilité de ses gestes à l'époque de l'affaire SNC-Lavalin, et il ne le fait pas davantage aujourd'hui.

Le Bloc lui emboîte le pas

Dans une déclaration publiée vendredi après-midi, le Bloc québécois demande aussi formellement la démission de messieurs Justin Trudeau et Bill Morneau comme premier ministre et ministre des Finances.

Si MM. Trudeau et Morneau devaient ne pas obtempérer, le Bloc québécois consultera les Québécois dans la perspective du dépôt d’une motion de censure à l’encontre du gouvernement, dès le retour en Chambre en septembre 2020.

Une citation de :Extrait du communiqué du Bloc québécois

Jusqu'ici, le chef bloquiste Yves-François Blanchet invitait plutôt M. Trudeau à se retirer de ses fonctions au profit de la vice-première ministre, Chrystia Freeland, quitte à ce que cela ne soit que temporaire.

Depuis, les aveux du premier ministre et du ministre des Finances et l’utilisation politique de listes de participants aux activités de WE Charity par le Parti libéral du Canada ont rendu impossible de cautionner davantage ce gouvernement, explique M. Blanchet pour justifier le changement de ton.

Selon lui, les Québécois peuvent ne pas vouloir une élection à court terme, mais ils veulent encore moins un autre scandale partisan et libéral qui nuit gravement à la lutte [contre] la COVID-19.

Andrew Scheer a plutôt soutenu qu'il n'est pas question pour lui de tenter de défaire le gouvernement libéral, qui est minoritaire à la Chambre des communes. Cette décision reviendra au prochain chef conservateur, a-t-il dit.

En cas du dépôt d'une motion de censure appuyée par les conservateurs et les bloquistes, les libéraux pourraient demeurer au pouvoir avec l'appui du seul Nouveau Parti démocratique.

Le NPD attend de voir

Le chef du parti, Jagmeet Singh, n'a pas encore fait connaître son avis sur le sujet. En entrevue à l'émission 24|60, le député du NPD Alexandre Boulerice a souligné qu'un premier ministre qui fait l'objet d'une troisième enquête par le commissaire à l'éthique, c'est du jamais-vu. Il a toutefois ajouté que son parti allait attendre les conclusions de ce dernier avant de se prononcer.

De quoi est-ce que les citoyens ont le plus besoin aujourd'hui? Peut-être que ce sera une élection. Mais peut-être que ce sera aussi : il y a une deuxième vague qui s'en vient et il va falloir travailler sur la relance économique, une relance verte et écologique pour vrai.

Une citation de :Alexandre Boulerice, député du NPD

« Personne au sein du gouvernement n'est content », dit Rodriguez

Invitée à commenter l'appel à la démission de son chef, la ministre fédérale du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, s'est montrée circonspecte.

Je pense que M. Trudeau a la confiance des Canadiens au pays, s'est-elle contentée d'affirmer, avant de rappeler que Justin Trudeau témoignera bientôt devant le comité des finances des Communes.

Dans une entrevue accordée à Midi info avant la sortie de M. Scheer, le leader du gouvernement Trudeau aux Communes, Pablo Rodriguez, a pris la défense du ministre Morneau, tout en reconnaissant qu'il a commis une erreur.

J'ai été surpris comme tout le monde par ce qu'il a admis devant le comité des finances des Communes, a-t-il déclaré.

[Est-ce] que j'ai confiance en sa bonne foi? Absolument. Est-ce qu’il a fait une erreur? Oui, aussi, et il l’a admis. Il a été transparent et il va continuer de répondre aux questions, a-t-il aussitôt ajouté.

Évidemment, je suis déçu de la tournure des événements. Je ne suis pas content, là. Je pense qu’il n'y a personne au sein du gouvernement qui [est] content de la situation dans laquelle on se trouve actuellement.

Une citation de :Pablo Rodriguez, leader du gouvernement aux Communes

M. Rodriguez fait toutefois valoir que M. Morneau a fait une bonne job depuis qu'il est ministre des Finances et qu'il s'est engagé en politique pour les bonnes raisons.

Il concède toutefois que le gouvernement doit penser à dresser des remparts pour empêcher que de telles situations ne se reproduisent.

Il y a des choses qui doivent changer. Quel type de changement exactement? Je n’ai pas de réponse spécifique, je réfléchis là-dessus. Les collègues également réfléchissent là-dessus, sur des remparts, des lumières qui s’allument peut-être plus rapidement dans certains cas, a-t-il précisé.

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