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Qui est la Dre Sobanjo, le visage de la lutte contre la pandémie en Abitibi-Témiscamingue?

La docteure Sobanjo se tient debout accotée à une clôture sur le toit d'un édifice devant l'hôpital de Rouyn-Noranda.

La Dre Omobola Sobanjo, médecin-conseil à la Santé publique.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Luneau

Annie-Claude Luneau

En quelques semaines, elle est devenue le visage de la lutte contre la pandémie de COVID-19 en Abitibi-Témiscamingue.

Au début de la crise, elle s’adressait aux médias et aux citoyens tous les jours. Mais qu’est-ce qui a mené Omobola Sobanjo de son Nigeria natal à l’Abitibi-Témiscamingue?

Omobola Sobanjo est née au Nigeria, un pays africain anglophone de 195 millions d’habitants.

Elle grandit dans une famille nantie, ce qui lui permet d’avoir accès à l'éducation.

À l’adolescence, elle choisit la médecine, d’abord dans l’idée d’aider les femmes ayant des problèmes de fertilité.

C’est finalement lors d’un stage à la fin de ses études qu’elle s’intéresse pour la première fois à la santé publique.

J’ai travaillé dans une communauté dans laquelle je voyais des enfants. Des fois, on pouvait avoir une clinique avec 50 enfants, parce que c’est un hôpital de la communauté. C’est gratuit, alors c’est toujours achalandé. Je constatais que, des fois, on voit les mêmes enfants à l’intérieur de deux-trois mois avec la malaria, avec la diarrhée, les mêmes infections qui reviennent assez fréquemment. Je me suis dit : "Il devrait y avoir une façon d’aller plus en amont, de prévenir ces infections au lieu de les gérer à la pièce", raconte la Dre Sobanjo.

Deux femmes devant les caméras pour une conférence de presse

La Dre Omobola Sobanjo, médecin-conseil à la direction de la santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue

Photo : Radio-Canada / Millette, Lise

Elle décide donc de se rendre au Royaume-Uni pour effectuer une maîtrise en santé publique, tout en caressant le rêve d’immigrer au Canada.

Il faut dire que les conditions d’exercice sont difficiles au Nigeria, explique la Dre Sobanjo, qui a tout de même dû faire un deuil en quittant son pays d’origine.

Je me questionne toujours : "Est-ce que je dois retourner? Est-ce que j’ai fait le bon choix?" Au Nigeria, il y a des besoins, mais il y a encore beaucoup de difficultés à pratiquer parce qu’il n’y a pas d’argent. Je voyais des enfants très malades ou des personnes qui étaient en train de décéder, je savais que c’est une maladie assez simple, mais je n’étais pas en mesure de rien faire parce qu’il n’y avait pas de ressources. À un moment donné, soit tu deviens frustrée ou tu commences à manquer d'empathie.

Un intérêt pour la langue française

À son arrivée au Canada, Omobola Sobanjo s’installe en Ontario, où elle peut parler sa langue maternelle, l’anglais.

Elle développe cependant un intérêt pour la langue française et décide de s’installer à Montréal, pensant y rester quelques mois pour apprendre la langue.

Je n’ai jamais pensé travailler et vivre dans un milieu 100 % francophone.

Une citation de :La docteure Omobola Sobanjo

C’est en 2015 qu’elle entend pour la première fois parler de l’Abitibi-Témiscamingue, alors que feu Réal Lacombe, ancien directeur de la santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue, offre une formation aux étudiants en santé publique de l’Université McGill.

L'entrée de l'Université McGill à Montréal.

L'entrée de l'Université McGill à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Elle tente sa chance et vient réaliser un stage dans la région en septembre 2015.

Un an plus tard, la nouvelle directrice de la santé publique lui téléphone et lui offre un emploi comme médecin-conseil en santé publique.

J’ai réfléchi et je me suis dit : "Je ne pense pas que ça va marcher, je ne sais pas si je vais pouvoir réussir le travail comme il faut dans un contexte complètement francophone, mais je vais au moins venir pour un an". Donc, je suis venue en novembre 2016 et je suis toujours ici!, raconte la Dre Sobanjo en souriant.

Une crise mondiale à l’horizon

Début 2020, la COVID-19 prend de l’ampleur à travers le monde.

La Dre Sobanjo l’avoue candidement, elle croyait pendant un moment que la pandémie n’atteindrait peut-être pas l’Abitibi-Témiscamingue.

Toutefois, les premiers cas arrivent à la fin mars, et, rapidement, le secteur de Rouyn-Noranda est touché de plein fouet.

Il y a même un collègue qui m’a posé la question : "Dans votre tête, avez-vous déjà pensé avoir à gérer une situation comme ça au début de votre carrière?" C’est vrai que je n’y ai jamais pensé , reconnaît celle qui a dû assumer le rôle de directrice de la santé publique par intérim.

Je suis contente qu’on ait réussi à travailler fort, tout le monde a mis l’épaule à la roue. Je suis contente des résultats qu’on a eus, vraiment.

Le centre hospitalier de Rouyn-Noranda.

L'Hôpital de Rouyn-Noranda est dorénavant un centre désigné pour les cas de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

À ce jour, l’Abitibi-Témiscamingue présente un taux de COVID-19 de 118,6 par 100 000 habitants.

Seules les régions du Bas-St-Laurent, du Nord-du-Québec et des Terres-Cries-de-la-Baie-James affichent des taux inférieurs.

Maintenant qu’elle est installée à Rouyn-Noranda depuis près de quatre ans, la Dre Sobanjo compte-t-elle rester?

La réponse que ma directrice veut que je dise, c’est oui!, admet la Dre Sobanjo en riant. Pour l’instant, je suis bien ici, je pense que je vais rester, mais je ne sais pas ce qui va arriver. Je dis à tout le monde : "Moi, je suis citoyenne du monde", donc ça se peut que je sois appelée à aller ailleurs, mais pour l’instant, c’est l'Abitibi que j’appelle ma maison.

Quand je me suis adressée aux Témiscabitibiens, ils ont reconnu mon appel et ils ont répondu, donc j'apprécie beaucoup et je me compte parmi eux aussi, conclut la Dre Sobanjo.

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