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Des artistes et un public en chair et en os, dans une cour près de chez vous

Deux hommes et une femme chantent devant des micros dans une cour arrière.

Les spectacles organisés par Rainbow Submarine sont présentés devant quelques spectateurs privilégiés et diffusés sur le web.

Photo : Maxime Varenne

Depuis quelques semaines, des microspectacles prennent place dans le décor intimiste de jardins ou de terrasses, mis à disposition de monsieur et de madame Tout-le-Monde. Des organismes culturels se tournent ainsi vers le terrain des particuliers pour offrir des spectacles en tout respect des règles sanitaires en vigueur.

Les règles de distanciation physique en temps de pandémie, limitant tout rassemblement extérieur en lieu privé à un maximum de 10 personnes de trois foyers différents, n'ont pas freiné des organismes comme L'Exil ou Rainbow Submarine. Ceux-ci donnent l’occasion à des artistes ainsi qu'à quelques spectateurs privilégiés de profiter d'un moment culturel hors écran.

Bastien Banville, Maxime Varenne et Mathieu Boucher.

Les « cocapitaines » du Rainbow Submarine : Bastien Banville, Maxime Varenne et Mathieu Boucher (archives)

Photo : Gracieuseté - Tom Morin

Maxime Varenne, cofondateur du Rainbow Submarine, raconte que les mesures de confinement lui ont fait craindre des impacts à long terme sur la vie culturelle de Rivière-du-Loup et d'ailleurs au Québec. Il était donc pour lui urgent de reprendre la diffusion de spectacles dès que possible, dans le respect des règles de santé publique.

Si on peut avoir une dizaine de personnes dans une cour arrière, pourquoi pas que l'un d'eux soit un musicien, et que du coup il y ait un petit public. Et en même temps, on diffuse cet événement sur Internet.

On voulait quand même garder le fait qu'il y ait un petit public, parce que nous ça change tout, que l’artiste joue devant quelqu’un plutôt que seulement devant une caméra.

Maxime Varenne, cofondateur du Rainbow Submarine

Quelques spectacles ont déjà eu lieu dans des cours privées dans les dernières semaines à Rivière-du-Loup, et l’expérience est plus que positive, selon M. Varenne, qui rappelle que Rainbow Submarine organise des spectacles dans des lieux inusités depuis ses débuts, il y a trois ans.

Trois personnes chantent et jouent de la guitare assises dans le gazon.

Les spectacles de cour arrière permettent à l'organisme Rainbow Submarine de maintenir le contact entre les artistes et le public, tout en respectant les règles de santé publique.

Photo : Maxime Varenne

Pour ce qui est des diffusions sur Internet, Rainbow Submarine tenait à les faire payantes pour les spectateurs en ligne, ce qui ne semble pas avoir freiné leur enthousiasme, indique M. Varenne. Il faut garder à l’esprit que les artistes proposent un travail de longue haleine et qu’ils méritent rémunération pour ça.

Après Kourage, Olivier Martin, Ariane Roy et Étienne Copé, des résidents des alentours de Rivière-du-Loup accueilleront Mathieu Stellaire, le 2 août prochain.

D’autres initiatives du genre devraient également être déployées par Rainbow Submarine pour le reste de l’été.

Une formule solidaire

De son côté, l'organisme à but non lucratif L’Exil offre aux particuliers d'acheter un spectacle littéraire ou musical élaboré sur mesure pour l'occasion, au coût de 50 dollars.

Le projet, en plus d'avoir pour but de relancer les arts vivants, a une vocation solidaire, comme des spectacles seront également offerts gratuitement aux résidences pour aînés, explique la directrice artistique de L’Exil, Stéphanie Pelletier.

En achetant ce spectacle-là, non seulement on se l’offre à nous, mais on l’offre à plein de personnes, qui étaient isolées dans des résidences. Ils ont vécu un isolement complet, ils en sortent un peu [maintenant], mais c’est quand même quelque chose de vraiment difficile, d’intense pour eux. Quelqu’un qui achète un spectacle a la générosité de se l’offrir, mais aussi de l’offrir à des gens qui ont vécu beaucoup plus d’isolement.

Une personne âgée, habillée d'une jaquette d'hôpital, salut depuis son balcon.

Un homme salue ses petits-enfants et arrière-petits-enfants venus lui rendre visite devant son balcon. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

L’idée, c’était vraiment de nous permettre d’aller rejoindre le monde avec les arts vivants, de continuer d’en faire, de continuer de susciter cette énergie-là qui se passe direct entre le public et les artistes

Stéphanie Pelletier, directrice artistique de l’Exil

L’appel vient tout juste d’être lancé aux résidents de Rimouski qui souhaitent accueillir un spectacle au mois d’août ou de septembre, mais de nombreuses résidences pour personnes âgées ont déjà répondu avec beaucoup d’intérêt à l’invitation de L’Exil.

Selon les disponibilités des artistes, ils auront droit à un spectacle littéraire et en chanson d’Isabelle Blouin Gagné Rémy Vaillancourt ou à une prestation d’Olivier D’Amours qui ira chanter la sérénade au public, avec des reprises de chansons d’amour populaires.

Des marionnettes et un Westfalia

Attrapés au téléphone à Bonaventure, Lucille Prosper et son conjoint Mathieu Marcil, de la compagnie de théâtre Aluma, amorcent pour leur part une tournée dans l’Est-du-Québec, présentant Buffet sanglant, un spectacle solo de marionnettes.

Avec la COVID, il y a encore plus d’amour [du public] parce que les gens sont en manque, en fait.

Lucille Prosper, artiste de la compagnie Aluma

Il appert que leur adaptation humoristique de Thyeste, de Sénèque, est faite pour être présentée dans un contexte minimaliste et correspond parfaitement au contexte actuel, où les contraintes sont nombreuses.

Une comédienne faiblement éclairée manie un couteau au-dessus de trois pommes alignées.

Buffet sanglant a été pensé pour les ados et les adultes, mais reste aussi accessible aux petits, explique Lucille Prosper.

Photo : Aluma

Le spectacle, qui a tourné en Europe l’an dernier, est ainsi adapté à leur véhicule, pour pouvoir le jouer n’importe où.

Le Westfalia sert de castelet, et donc tout le monde peut voir le spectacle que ce soit dans une ruelle, devant un magasin, devant une maison, dans un jardin, ou même au camping de Bonaventure.

Accueillis actuellement par la Ville de Bonaventure, ils s’arrêteront également dans une cour privée à Sainte-Thérèse-de-Gaspé, aux abords d’un commerce à Percé, ainsi qu’à L’Isle-Verte et à Trois-Pistoles, au mois d’août.

Lucille Prosper conclut que ce spectacle leur permet de répondre à ce désir d’aller chez les gens et d’offrir un théâtre de qualité sans que le public ait à faire plusieurs heures de route pour y avoir accès.

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Bas-Saint-Laurent

Arts de la scène