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Le prolongement de la PCU coûte cher aux commerçants de la région

Deux mains ouvertes l'une vers l'autre, dessinées à la craie sur un tableau noir. Entre elles est posé le signe $ découpé dans du papier.

Les organismes de charité anticipent une importante baisse de leurs revenus.

Photo : iStock

Le prolongement de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) jusqu’en septembre a déjà des impacts pour certains commerçants de l’Abitibi-Témiscamingue.

Plusieurs personnes ont fait le choix de ne pas retourner travailler après le confinement et de plutôt profiter de l’été en bénéficiant de la PCU.

De nombreux travailleurs de la région ont bénéficié de la PCU de 2 000 $ par mois durant la période de confinement alors que tous les commerces étaient fermés ou avaient ralenti leurs activités.

À la réouverture, ce fut tout un casse-tête pour les employeurs.

Il y en a qui ne sont pas revenus, je les ai rappelés graduellement, il y en a qui disaient qu’ils voulaient attendre et il y en a qui n’ont juste jamais donné de nouvelles, ils sont disparus dans la brume, nous explique la propriétaire des restaurants O’Poulet et O’Tourne-Broche à Rouyn-Noranda, Marie-Hélène Rivard.

Confirmation écrite de la demande de prestation canadienne d'urgence.

Le paiement, imposable, sera versé toutes les 4 semaines (équivalent à 500 $ par semaine).

Photo : Capture d'écran - Gouvernement du Canada

Le manque de personnel est tellement important que le restaurant O’Poulet ouvre seulement de 16 h à 20 h pour la durée des vacances de la construction. Une première en 24 ans d’histoire pour le restaurant.

Mettez-vous à leur place, tu peux être assis sur une plage à recevoir 2 000 $ par mois ou venir désinfecter des sels et poivres, la question est pas trop longue à se poser, ajoute Marie-Hélène Rivard, qui s’explique mal pourquoi certains de ses employés peuvent encore obtenir de la PCU alors qu’elle a du travail pour eux.

Les entreprises comme nous qui sont ouvertes et qui roulent à 100 % de leurs capacité, ça ne s’applique pas du tout. Les 2 restaurants roulent à 100% et sont à heures réduites parce qu’on manque de personne,l et j’en ai qui sont encore sur la PCU. Ça n’a juste pas de bon sens, déplore-t-elle.

Elle est loin d’être la seule dans cette situation. De nombreux commerces de la région ont dû réduire leurs heures d’ouverture pour cette raison.

Au Balthazar Café de Val-d’Or, les employés sont revenus travailler, mais c’est le recrutement qui est devenu difficile.

La pénurie de main-d’oeuvre était déjà là avant la pandémie. Je pensais qu’après ce serait plus facile de recruter parce que certains restaurants sont fermés, mais malheureusement, les gens ne répondent pas à l’appel, affirme la propriétaire Isabelle Boutin.

Une femme tenant une tasse de café pose dans son café, souriante.

Isabelle Boutin, du Balthazar Café

Photo : gracieuseté

Au Tim Hortons de La Sarre, la propriétaire Mélinda Bordeleau a aussi constaté l’impact du prolongement de la PCU, surtout qu’il faut beaucoup d’employés dans le contexte de la pandémie.

On se doit d’offrir un bon service, d’exécuter la rapidité qu’on est habitué d’avoir, de contrôler les entrées et les sorties, les déplacements. Tout ça, avec la PCU, c’est difficile, mais comme n’importe qui on va s’en sortir et espérer passer la crise sanitaire le plus rapidement possible, souligne Mélinda Bordeleau

Même l’industrie du tourisme est affectée par cette situation, comme le rapporte Guy-Édouard Bouchard, directeur général de la Cité de l’Or.

C’est sûr qu’il y a eu un impact. Il y a des gens qui préféraient ne pas travailler cet été, de profiter de la PCU. C’était plus difficile de trouver du personnel. Cette offre, ça n’a pas aidé, surtout que dans la région ici c’était difficile de trouver du personnel, nous explique Guy-Édouard Bouchard.

Une problématique répandue

À la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda (CCIRN), on dit recevoir beaucoup de témoignages de commerçants qui dénoncent la situation.

La raison principale pour laquelle les travailleurs ne veulent pas revenir travailler, ce n’est pas par peur du virus, mais pour profiter de la PCU. Alors, il y a un problème, affirme d’emblée le président de la CCIRN David Lecours.

Il croit que la PCU était adaptée en mars et avril, mais que ce n’est plus le cas aujourd’hui dans un contexte de reprises des activités.

Le gouvernement pourrait sensibiliser sur les conséquences de retirer illégalement la PCU, il y a un paquet de gens qui vont avoir des surprises au niveau fiscal. Il faut les sensibiliser aux conséquences de profiter injustement de ce programme, estime David Lecours.

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