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Chutes d'achalandage historiques à la Société des traversiers du Québec

Un traversier sur le fleuve St-Laurent en face du Château Laurier

La traverse Québec-Lévis

Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Les traversiers de la province ont connu des baisses d'achalandage records au cours de la pandémie. La chute est particulièrement vertigineuse à Québec où près de 400 000 passagers et 100 000 véhicules en moins ont été transportés.

Trois des neuf traverses de la Société des traversiers du Québec (STQ) génèrent l'essentiel des revenus autonomes de la société d'État. Il s'agit des traverses de Québec–Lévis, de Sorel-Tracy–Saint-Ignace-de-Loyola et de Matane–Baie-Comeau–Godbout.

Évalués à 20 millions $ annuellement, peut-on lire dans le rapport annuel 2019-2020, les revenus de tarification comptent pour environ 10 % du budget d'exploitation de la STQ. À l'exception de celle de l'Île-Verte, dont les revenus sont négligeables, les autres traverses sont gratuites puisqu'il s'agit de services essentiels.

La pandémie de COVID-19 risque cette année de brouiller les prévisions de la STQ dans la colonne des revenus. À l'instar d'autres services de transport public, les traverses tarifées du Québec ont vécu des chutes d'achalandage draconiennes, surtout lors du confinement.

En avril, pendant que les Québécois étaient forcés de demeurer à la maison, la chute frôlait les 95 % à certains endroits. Comme tout le monde, on a été pris par surprise. Du jour au lendemain, l'achalandage a baissé drastiquement, explique Alexandre Lavoie, porte-parole de la STQ.

Heureusement, poursuit M. Lavoie, les mois d'été et le déconfinement ont permis de ramener la moyenne à la hausse au premier trimestre de l'année financière. Il y aura tout de même un impact sur l'entrée d'argent. C'est évident. On est à chiffrer tout ça.

Revenus de tarifications en 2019

Québec–Lévis : 5 204 967 $

Sorel-Tracy–Saint-Ignace-de-Loyola : 5 952 326 $

Matane–Baie-Comeau–Godbout : 9 749 010 $

Source : Rapport annuel 2019-2020 de la STQ

Forte baisse à Québec

Le ralentissement s'est particulièrement fait sentir à Québec. Entre mars et juin, la traverse reliant la capitale à Lévis a vu le nombre de passagers et de véhicules piquer de 75 % par rapport à l'année précédente.

Encore à ce jour, la STQ évalue les nouvelles dynamiques d'achalandage provoquées par la pandémie. Les touristes étrangers sont beaucoup moins nombreux en ville alors que les travailleurs de la colline Parlementaire sont, pour plusieurs, en télétravail à la maison.

Plusieurs facteurs influencent ainsi les dynamiques d'achalandage. Les fins de semaine deviennent nos moments les plus achalandés [à Québec], souligne Alexandre Lavoie. Auparavant, les heures de pointe survenaient en semaine, tôt le matin et en fin d'après-midi.

Ce qu'on constate, par contre, c'est un changement dans les habitudes. On est en train d'essayer de comprendre ce qui se passe, de voir le comportement de nos clients pour chaque traverse.

Alexandre Lavoie, porte-parole, Société des traversiers du Québec

Chaque région a sa propre dynamique, rappelle le porte-parole. Dans le cas de Matane–Baie-Comeau–Godbout, la saison estivale et l'afflux important de touristes dans l'est du Québec donnent espoir de minimiser les pertes. À l'automne, il y a la chasse, ajoute Alexandre Lavoie. L'impact dans chacune des traverses va être différent.

La STQ refuse pour l'instant d'avancer un chiffre. En plus d'estimer ses pertes, elle est à produire de nouvelles prévisions pour le reste de l'année. Les données seront ensuite fournies au gouvernement du Québec, principal bailleur de fonds de la Société.

Le gouvernement Legault a déjà annoncé, en juin dernier, une aide financière d'urgence de 400 millions $ pour les sociétés de transport en commun pour faire face à la crise.

Le bateau F.A. Gauthier au large de Matane

Le F.A. Gauthier assure la liaison entre Matane et Baie-Comeau

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

Pas de modifications de services

Pour l'heure, la STQ ne prévoit pas modifier ou diminuer son offre de services malgré les pertes financières qui seront éprouvées et la modification des habitudes de la clientèle.

D'une part, il serait mal avisé, selon M. Lavoie, de toucher aux services essentiels. Quant aux traverses tarifées, il est encore trop tôt pour agir, selon lui. On va voir si ça persiste dans le temps., dit-il. S'il y a des décisions à prendre, on le fera dans le futur.

Il s'agit d'une deuxième année houleuse pour la STQ d'un point de vue financier, mais pour des raisons différentes. Si 2020 sera marquée par le coronavirus, 2019 était celle de la saga du F.A.-Gauthier.

Les problèmes répétés au navire ont contribué à l'attribution d'une subvention gouvernementale record à la STQ. Radio-Canada rapportait en février une augmentation de 61 % de la part provinciale, se chiffrant à 205 millions $ pour l'année financière 2019-2020. Cette subvention a permis à la STQ de se maintenir à flot et d'éviter un déficit de 43 millions $.

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