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20 $ contre une queue de castor dans le nord de l’Alberta

Un castor se tient sur une rive.

Les castors causent des inondations dans les régions autour d'Edmonton.

Photo : Hazel Caldwell

Ils ont beau symboliser le Canada, les castors peuvent être une espèce nuisible au point où un nombre croissant de municipalités albertaines offre une prime par prise pour diminuer leur population.

La dernière en date est le comté de Sturgeon, situé au nord d’Edmonton. À partir du mois d’août, le Comté payera 20 $ par queue de castor aux propriétaires terriens ayant certifié avoir abattu l’animal sur leur propriété.

Le nouveau programme, qui peut rebuter certains amoureux des animaux, ne surprend pas le consultant en gestion de la faune Bill Abercrombie. Il estime que la population de castors autour d’Edmonton a atteint 100 000 bêtes.

Les gens adorent les castors quand ils ne sont pas sur leur propriété.

Bill Abercrombie, consultant Animal Damage Control

Les castors peuvent être un très bon atout pour la rétention d’eau et les zones humides, mais ils ont aussi des conséquences néfastes sur l’environnement, explique M. Abercrombie.

Coupables d'inonder

Un champ agricole inondé

Les castors bouchent les canaux d'évacuation des eaux et créent des inondations dans les champs.

Photo : Radio-Canada / Travis McEwan

C’est exactement la situation dans laquelle se trouve le comté de Sturgeon cette année. L'administrateur en chef du comté, Scott MacDougall, se tient aux abords d’une route rurale. À côté de lui, le champ est complètement inondé. Les barrages des castors ont bouché les canaux d’évacuation des eaux.

Ils bouchent les canaux, construisent des barrages, redirigent les cours d’eau, ce qui inonde nos routes, nos infrastructures et nos champs, explique M. MacDougall.

Un barrage de castor dans une zone boisée.

Les barrages des castors peuvent faire augmenter ou baisser les niveaux d'eau de 2 mètres.

Photo : Gracieuseté du comté de Sturgeon

Le comté engageait déjà des trappeurs pour gérer la population de castors, mais, depuis deux ans, la quantité importante de neige et de précipitations a exacerbé le problème. Nous avons reçu un nombre considérable d’appels cette année à cause des inondations, confirme l'administrateur.

Ils se transforment en espèce nuisible, on doit s’en occuper.

Scott MacDougall, administrateur en chef du comté de Sturgeon

Selon M. Abercrombie, l’abattage des castors n’a pas été très populaire ces dernières années parce que le prix de la fourrure était très bas. À 20 $ la queue, il croit que l’incitatif attirera surtout des trappeurs et autres professionnels de la gestion de la faune qui le verront comme une prime sur la vente de la fourrure et de la carcasse du castor.

Professeur émérite à l’Université de l’Alberta, Lee Foote s’inquiète toutefois des abus du programme. Les programmes de primes font ressortir le pire chez les gens. Certains vont amener des queues de la région de l’Athabasca même s’ils ont signé un affidavit, constate-t-il.

Au rythme de reproduction des castors, le programme mettra plusieurs années à être efficace, ajoute-t-il.

Le professeur est accroupi à côté d'un tronc d'arbre scié par les castors.

Le professeur Lee Foote montre les dégâts que les castors peuvent causer à la végétation.

Photo : Radio-Canada / Travis McEwan

Une gestion à long terme

Tous s’accordent sur le fait que la prime par queue de castor ne fonctionne que s’il s’agit d’une partie d’un plan plus vaste de gestion des castors.

C’est une bataille sans fin. Nous devons utiliser plusieurs approches, garder la pression et surtout tirer les leçons de nos erreurs. Nous ne devrions pas construire sur des zones inondables occupées par des castors, plaide-t-il.

La responsabilité des castors dans les inondations fera aussi l’objet d’une étude pluriannuelle. La professeure de biologie de l’Université de l’Alberta Glynnis Hood a reçu une bourse du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada pour mener l’étude jusqu’en 2025.

D'après les entrevues de Travis McEwan

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