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Des patients guéris de la COVID-19 gardent encore des séquelles

Mathieu Durand en entrevue.

Mathieu Durand a contracté le virus à la fin de mars.

Photo : Radio-Canada / Marion Bérubé

Radio-Canada

Ils sont jeunes, ils n'étaient pas à risques de souffrir de complications de la COVID-19, mais des mois plus tard, le virus leur laisse d'importantes séquelles.

Mathieu Durand a 39 ans et travaille en recherche à la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke. Le Sherbrookois a contracté le virus à la fin de mars par l’entremise de son ancienne conjointe qui a été contaminée sur son lieu de travail.

Personnellement, c’était deux jours assez intenses. J’avais de gros maux de tête, de la fatigue chronique. C’est surtout ça qui est difficile à gérer, se remémore-t-il.

M. Durand n’a pas fait de fièvre, mais il est resté cloué au lit pendant plusieurs jours. En plus de maux de cœur et de problèmes de digestion, il a aussi perdu le goût et l’odorat. Des symptômes qui persistent encore aujourd’hui, plus de trois mois après avoir attrapé la COVID-19.

Il explique pouvoir sentir certains goûts et odeurs, alors que d’autres ne sont plus du tout décelables par son palais et son odorat. Il a, par exemple, de la difficulté à détecter le goût amer.

Il y a une odeur et un goût fantômes qui peuvent arriver. Ça masque complètement ce que vous mangez et ce que vous sentez.

Une citation de :Mathieu Durand, guéri de la COVID-19

Dans mon cas, ça tarde à revenir et je ne cache pas que ça commence à devenir inquiétant, confie-t-il.

La perte de l’odorat peut revenir avec le temps, explique-t-il. Comme ce n’est toujours pas son cas, il a décidé de suivre une physiothérapie nasale de manière assidue. Une méthode qui peut prendre plusieurs mois avant de procurer une quelconque amélioration, mais sur laquelle il fonde beaucoup d’espoir.

Ça consiste à sentir différentes odeurs deux fois par jour pendant quatre mois. Des odeurs comme l’eucalyptus, la cannelle, la menthe, les clous de girofle. [...] Il y a un bon pourcentage d’amélioration lorsqu’on le fait de façon assidue, lance-t-il.

Mathieu Durand met donc en garde ceux qui prendraient le virus un peu trop à la légère. Les personnes en forme et jeunes peuvent avoir des symptômes comme ça [qui persistent], croit-il. Ce ne sont pas nécessairement les personnes d’un certain âge qui vont avoir des conséquences plus graves.

Je suis une jeune typique qui est en forme

Sarah-Maude Brouillard, 27 ans, a quant à elle contracté le virus dans le cadre de son travail, également à la fin de mars. Elle dit avoir été peu inquiète pour sa santé. Je suis une jeune typique qui est en forme, qui est en santé, décrit-elle. 

La jeune professionnelle, qui réside à Coaticook, affirme qu'elle n'a eu que des symptômes légers pendant les 14 jours de maladie.

Je n'ai pas eu de complications, je n'ai pas eu à me rendre à l'hôpital, souligne Sarah-Maude Brouillard.  

Elle précise qu'elle n'a pas eu de toux ni de fièvre, bien qu'elle ait souffert de difficultés respiratoires et d'une grande fatigue.

Sarah-Maude Brouillard dans un parc de Sherbrooke.

Des mois plus tard, Sarah-Maude Brouillard n'a toujours pas retrouvé pleinement le sens de l'odorat et du goût.

Photo : Radio-Canada / Marion Bérubé

Elle aussi a perdu subitement ses sens du goût et de l'odorat. Près de quatre mois après avoir été atteinte de la COVID-19, elle est loin d'avoir retrouvé ses capacités d'avant.  

Le goût est revenu à environ 70 %. C'est comme si le goût est atténué ou je ne goûterais tout simplement pas la bonne chose. J'associe mal le goût et les odeurs, indique la jeune femme. 

Le sens de l'odorat tarde encore plus à se rétablir, et elle juge avoir récupéré seulement 20 % de ses capacités.

Quand j'arrive à sentir quelque chose, généralement, mon cerveau associe mal. Je pourrais sentir le fromage alors qu'il n'y en a pas du tout dans la pièce.

Une citation de :Sarah-Maude Brouillard, 27 ans

En plus des désagréments engendrés par l'altération de ses sens, Sarah-Maude constate toute l'importance qu'ils prennent dans ses activités quotidiennes.

La semaine dernière, j'ai laissé la bonbonne de propane ouverte sur le barbecue, et moi je ne l'ai jamais sentie jusqu'à ce que quelqu'un s'approche et me dise que ça sentait le gaz, relate-t-elle.

Avec les symptômes qui persistent, elle craint que ses sens ne reviennent jamais vraiment comme à leur état d'avant. 

Je me suis fait dire que ça pourrait être temporaire, mais avec la COVID-19, on n'a pas de réponse à long terme, parce que c'est nouveau, alors on est un peu dans le néant.

Une citation de :Sarah-Maude Brouillard, 27 ans

Pour accélérer le retour de ses capacités, Sarah-Maude pourrait entamer des séances de rééducation olfactive. Elle déplore toutefois que cette thérapie puisse mettre beaucoup de temps avant de montrer des résultats.

Un quotidien bouleversé 

La jeune femme qui était sportive a aussi dû ralentir considérablement ses activités, même près de quatre mois après sa guérison.  

Ça fait quand même depuis la fin mars et on dirait que je ne vois pas le bout de ça.

Une citation de :Sarah-Maude Brouillard, 27 ans

Elle constate que son corps ne réagit plus comme avant lorsqu'elle fait un effort physique. J'ai l'impression de manquer de souffle, je ne sais pas comment aller chercher mon air. J'ai l'impression que j'ai moins de cardio, se désole-t-elle. 

Les fêtes entre amis ne sont plus comme avant, notamment parce que la jeune femme affirme ne plus réussir à tolérer l'alcool. Dès que j'en prends, même une petite quantité, j'ai la tête qui tourne, j'ai mal au cœur, illustre-t-elle. 

Encore aujourd'hui, la fatigue laissée par la COVID-19 rythme son quotidien.

La résidente de Coaticook affirme profiter de la fin de semaine pour se reposer et a dû intégrer des siestes dans son horaire. Elle conserve néanmoins l'espoir de retrouver sa vie de jeune adulte, telle qu'elle la connaissant avant la pandémie.

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