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COVID-19 : les hôpitaux ontariens tentent de résorber le retard en chirurgie

Quatre médecins dans une salle d'opération.

La COVID-19 a forcé l'annulation et le report de plusieurs chirurgies afin de libérer de l'espace dans les hôpitaux.

Photo : iStock

Radio-Canada

De nombreux patients se retrouvent dans les limbes du système de santé après que des milliers d’interventions chirurgicales non urgentes aient été annulées ou reportées en réponse à la pandémie de COVID-19.

Selon des données recueillies par CBC, ce sont environ 100 000 patients à travers le Canada qui ont vu leur opération reportée plus tôt cette année.

Bien que ces procédures reprennent graduellement, certains spécialistes estiment qu'il faudra des mois, voire plusieurs années, avant de rattraper le retard accumulé.

Les gens attendent dans la douleur, les gens attendent dans l'incertitude, a déclaré Natalie Mehra, directrice générale de l'Ontario Health Coalition, un groupe de défense des soins de santé publique.

La santé de certaines personnes se détériore pendant qu'elles attendent.

Natalie Mehra, directrice générale de l'Ontario Health Coalition

C'est le cas de Janina Lebon, dont la vision a commencé à se brouiller l'année dernière. Cet été-là, elle a appris qu'elle avait des cataractes et qu'elle perdait lentement sa capacité à faire des activités du quotidien comme lire ou conduire.

Mon problème est un trouble oculaire, mais si vous avez un cancer, ou comme mon voisin qui avait besoin d'une prothèse de genou - nous voulons que cela soit fait, soutient Mme Lebon. Nous n'aimons pas attendre.

Mme Lebon a finalement subi sa première opération à la fin du mois de juin. Elle aura attendu environ un an avant sa première chirurgie. La seconde est prévue en août.

Des millions de chirurgies annulées à travers le monde

Selon Janet Martin, chercheuse à l'Université Western, de nombreux Canadiens pourraient attendre bien plus longtemps que cela, étant donné le nombre élevé de procédures reportées.

Il faudra beaucoup de temps - des années - pour rattraper ce retard, a-t-elle prévenu.

Au début de la pandémie, Mme Martin a collaboré avec l'équipe de recherche mondiale CovidSurg Collaborative afin de déterminer l'impact à long terme de la pandémie sur les opérations chirurgicales.

Janet Martin pose debout devant des escaliers.

Janet Martin, professeure associée à l'Université Western, fait partie d'une équipe de chercheurs mondiaux qui étudie l'impact de la COVID-19 sur les opérations chirurgicales.

Photo : Courtoisie : Western University

Selon l’équipe de recherche, ce sont plus de 28 millions de chirurgies non urgentes dans le monde qui pourraient être annulées ou reportées en 2020, sur la base d'une période de 12 semaines de perturbation des services hospitaliers due à COVID-19.

Ces estimations comprennent potentiellement des centaines de milliers de procédures au Canada.

Même si le nombre d'interventions chirurgicales pratiquées chaque semaine augmente de 20 % par rapport à l'activité prépandémique, il pourrait falloir près d'un an pour résorber ce retard, a constaté l'équipe.

Une plus grande capacité dans les hôpitaux

Chez Trillium Health Partners, qui gère trois hôpitaux de la région du Grand Toronto, la directrice générale de l'organisation, Michelle DiEmanuele, a déclaré que des plans sont en cours pour renforcer les effectifs afin de faire face à la charge de travail.

Cela pourrait impliquer de travailler la fin de semaine, en ajoutant une heure supplémentaire à un bloc chirurgical. Cela pourrait signifier le partage de la capacité hospitalière au sein de notre système hospitalier, a-t-elle expliqué.

Le premier ministre, Doug Ford, a quant à lui promis de veiller à ce que les hôpitaux disposent des ressources nécessaires pour rattraper le retard aussi vite que possible.

Ce ne sera pas facile, a cependant souligné Mme DiEmanuele. Il faudra une approche d'équipe, une approche systémique et de l'innovation dans les soins de santé.

Malgré les difficultés actuelles et l’anxiété que génère la situation chez plusieurs patients, la chercheuse Janet Martin considère toutefois que l’annulation des chirurgies non urgentes était la bonne chose à faire en contexte de pandémie.

Les plus récentes recherches menées au sein de son équipe ont en effet révélé que les patients atteints de la COVID-19, subissant une opération chirurgicale, sont confrontés à des taux de mortalité disproportionnés.

La chirurgie combinée à la COVID-19 est une situation très, très délicate, a tenu à préciser Mme Martin.

Avec les informations de CBC

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Toronto

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