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Parler, un réseau social où on peut presque tout dire

Malgré une croissance importante, Parler reste loin derrière Twitter.

Le réseau social Parler est passé de 5000 à 90 000 abonnés

Des élus républicains comme les sénateurs Rand Paul et Ted Cruz ont été les premiers à s'abonner au réseau social Parler.

Photo : afp via getty images / OLIVIER DOULIERY

À un peu plus de trois mois des élections présidentielles américaines, les réseaux sociaux sont un terrain fertile pour les batailles politiques. Et parmi ceux-ci, Parler, une sorte de Twitter pour les partisans de droite, essaie d'émerger. Cette plateforme se vante de laisser la voie à la libre expression sans censure... ou presque.

C'est en 2018 que John Matze et Jared Thomson, deux diplômés en informatique de l'Université de Denver, ont fondé Parler (prononcer Parlheur à l'anglaise).

L'idée de base était de créer un nouvel outil qui se démarque des géants des réseaux sociaux par une meilleure transparence, un refus de censurer en fonction des biais idéologiques et d'éliminer les abus en matière de vie privée.

Côté respect de la vie privée, Parler explique qu'il n'est pas possible de créer de faux comptes, de multiples comptes et des comptes automatisés, puisqu'il faut donner son numéro de téléphone qui devient un de vos identifiants.

Aujourd'hui, l'application compte trois millions d'utilisateurs. Parler est une application semblable à Twitter, mais qui fait le plein d'usagers à droite de l'échiquier politique.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

John Matze estime que c'est une plateforme neutre sans censure, sauf si vous touchez à la nudité ou à la pornographie, si vous proférez des menaces ou si vous publiez du contenu violent.

Tout ce qui se dit est plus ou moins surveillé par ce que John Matze appelle un grand jury composé d'environ 200 modérateurs bénévoles, qui doivent s'entendre en fonction de lignes directrices auxquelles ils ont souscrit en acceptant leur mission.

C'est le principe d'unanimité qui prévaut lors d'une décision face à du contenu controversé.

La désinformation bienvenue

À lire les différents statuts publiés par les usagers, on se rend compte que les propos haineux passent à travers un filtre décidément très mince.

Vous êtes libre de partager n'importe quelle désinformation, explique John Matze, mais attendez-vous à vous faire dénoncer par les autres usagers.

Des élus républicains comme les sénateurs Rand Paul et Ted Cruz ont été les premiers à s'abonner à l'application.

On trouve aussi à leurs côtés des personnalités d'extrême droite comme Alex Jones, Laura Loomer ou Katie Hopkins, toutes bannies des autres réseaux sociaux pour avoir diffusé des propos extrémistes.

Pour Raheem Kassam, proche de l'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Steve Bannon, et qui a aussi travaillé en faveur du Brexit avec Nigel Farage, le leader indépendantiste britannique, il était temps que les conservateurs comme lui aient un réseau social qui donne la priorité à la liberté d'expression.

Il a lui-même été suspendu plusieurs fois par Twitter pour certaines publications.

En six mois, il est passé de 5000 à 90 000 abonnés. Il se réjouit de voir qu'il n'y a pas que des conservateurs américains, britanniques ou canadiens. On commence à voir des dissidents issus de pays où ils se battent pour la liberté d'expression, dit-il.

Un succès relatif

Le fait que Twitter ait étiqueté certains messages de Donald Trump de trompeur ou d'apologie de la violence, créant ainsi un tollé au sein de la droite conservatrice qui voyait là un non-respect de la liberté d'expression, a assurément donné un coup de pouce au réseau Parler.

Son succès est manifeste, mais il reste relatif : 3 millions d'usagers face aux 166 millions d'abonnés de Twitter.

Sans instance de contrôle indépendante, les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter imposent leur propre système de surveillance.

Sans véritable garde-fou et au gré de sa croissance, Parler pourrait bien devoir réviser son absence de censure notamment pour les groupes extrémistes qui pourraient véhiculer certains messages.

C'est déjà arrivé chez Facebook et Twiter, explique Aaron Pressman, journaliste senior au magazine Fortune. Il n'y a pas de raison que cela n'arrive pas chez Parler, surtout s'il veut devenir un joueur majeur.

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