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Les saines habitudes de vie mises à mal par la pandémie

Les Québécois ont moins bougé et moins bien dormi ce printemps, au plus fort de la crise de la COVID-19.

Plusieurs personnes, dont l'une porte un masque, marchent sur un trottoir.

Les mesures de confinement, ce printemps, ont eu des conséquences sur les habitudes de vie des Québécois.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une seconde vague de coronavirus et un nouveau confinement de la province pourraient avoir des conséquences néfastes sur les saines habitudes de vie de la population. C'est ce que craint l'Institut national de santé publique à la lumière d'un sondage réalisé ce printemps, alors que le Québec était « sur pause ».

Le coup de sonde a été réalisé du 21 mars au 31 mai auprès d'un millier d'adultes québécois. Les participants ont été interrogés quotidiennement sur une multitude d'habitudes de vie et de consommation.

Dans une publication diffusée mercredi, l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) s'attarde à l'activité physique, au sommeil et à l'inquiétude des personnes à l'égard de leur poids.

On y apprend qu'au plus fort de la crise de la COVID-19 et des mesures de confinement, début avril, 47 % des personnes sondées affirmaient qu'elles bougeaient moins. Un tel résultat est relativement normal, selon la chercheuse Ève Dubé. Notamment parce qu'il s'agissait du début de la pandémie et du moment où la courbe de contagion était en ascension au Québec.

Toutefois, l'un des objectifs de l'étude était de vérifier si les comportements allaient se maintenir dans le temps, poursuit-elle. Et au 31 mai, une personne sur trois était toujours moins active.

Cette mesure est plus inquiétante aux yeux de Mme Dubé. C'est quand même préoccupant de voir que, même à la fin mai quand on avait amorcé au Québec des mesures de déconfinement, il restait encore une proportion importante de la population dont les habitudes de vie restaient perturbées, affirme l'anthropologue.

Ève Dubé, anthropologue et chercheure à l'INSPQ

Ève Dubé est anthropologue et chercheuse à l'INSPQ

Photo : Radio-Canada

Le sommeil et le poids

D'autres habitudes de vie ont ainsi été mises à mal et les comportements se sont aussi maintenus jusqu'aux portes de l'été.

Toujours au 31 mai, le tiers de l'échantillon disait observer une baisse de la qualité du sommeil. La proportion est demeurée stable pendant l'ensemble de la période couverte par ce premier sondage.

Quant à l'inquiétude des personnes à l'égard du poids, 40 % des 1000 adultes ont admis leur préoccupation en mai, un taux en augmentation par rapport à la période d'avril, selon l'INSPQ.

Ces conclusions s'ajoutent à celles sur la consommation d'alcool. Dans une autre publication parue il y a deux semaines, l'Institut dévoilait que 25 % des buveurs d'alcool avaient augmenté leur consommation durant le confinement du printemps. La crise n'avait toutefois pas créé de nouveaux consommateurs.

Les conséquences négatives de la pandémie sur les habitudes de vie et la préoccupation à l’égard du poids semblent toucher particulièrement les personnes vivant dans un ménage dont le revenu a diminué en raison de la pandémie et les résidents de la grande région de Montréal.

Source : Institut national de santé publique du Québec

Dommages collatéraux

Un déclin des saines habitudes de vie n'est pas à prendre à la légère, selon Ève Dubé. On sait que la qualité du sommeil, de l'alimentation, le niveau d'activité physique, ça a des conséquences importantes sur le bien-être global, rappelle-t-elle.

Selon l'INSPQ, des dommages collatéraux du confinement pourraient se manifester à moyen ou long terme chez certaines personnes qui conserveraient de moins bonnes habitudes.

Les constats du sondage poussent à la réflexion concernant un second confinement. Il faut avoir en tête toutes ces conséquences indirectes, ou trouver des mesures pour mitiger les effets négatifs, soutient Mme Dubé.

C'est essentiel de prévenir la propagation de la maladie [...] mais il faut toujours garder en tête que la solution ne doit pas être pire que le problème.

Ève Dubé, chercheuse et anthropologue à l'INSPQ

À ce sujet, elle estime que les décideurs en sont parfaitement conscients pour la suite des choses. Je pense que ces constats-là sont partagés par les gens au gouvernement, a-t-elle dit.

D'autres dégâts indirects du coronavirus ont fait les manchettes ce printemps. Certaines personnes hésitaient à se rendre aux urgences. Une hausse des complications liées aux infarctus avait aussi été observée. S'ajoutent les impacts du délestage ainsi que les reports de certains traitements ou chirurgies.

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