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Une marche pour exiger une enquête sur la fusillade de Portapique

Des manifestants tiennent une affiche sur laquelle on peut lire : RCMP Inquiry Now!

Environ 280 personnes ont marché pour réclamer une enquête.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

La Presse canadienne

Des dizaines de personnes ont manifesté en Nouvelle-Écosse, mercredi, pour réclamer la tenue dans les plus brefs délais d'une enquête publique sur la fusillade du mois d'avril, qui a fait 22 morts.

Environ 280 personnes ont marché du stationnement d'une épicerie jusqu'au quartier général de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à Bible Hill, tout près de la ville de Truro.

Le rassemblement a été organisé par les familles des victimes pour protester contre la lenteur de la mise sur pied de l'enquête publique qu'ils réclament, plus de trois mois après la tuerie des 18 et 19 avril dans le centre et le nord de la Nouvelle-Écosse.

Des gens manifestent tenant une affiche en mémoire de Joey Webber.

Tom Webber a perdu son fils Joey. Il se demande comment le tueur a pu abattre autant de gens sans être arrêté et comment la police a traité la dépouille de son fils.

Photo : Radio-Canada

Les gens portaient des pancartes à la mémoire de chaque victime et scandaient : Nous exigeons des réponses!

Les 22 victimes de la tuerie de Portapique.

Les 22 victimes de la tuerie de Portapique.

Photo : Radio-Canada

Les organisateurs Nick Beaton, dont la femme Kristen Beaton, qui était enceinte, a été tuée, et Darcy Dobson, qui a perdu sa mère Heather O'Brien, ont déclaré que la manifestation avait été organisée au nom des 22 familles.

Un homme marche en tenant une affiche sur laquelle on peut lire : I miss my mommy we deserve answers and the truth!

Nick Beaton a perdu sa femme enceinte de leur deuxième enfant.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Ça ne ramènera pas nos être chers, mais c'est pour ne pas que ça arrive à quelqu'un d'autre. Une enquête publique pour comprendre et mettre fin aux spéculations. Mais aussi pour changer les choses.

Une citation de :Nick Beaton, veuf de Kristen Beaton

Le ministre de la Justice de la Nouvelle-Écosse, Mark Furey, a indiqué que les gouvernements provincial et fédéral étaient toujours en train de peaufiner les détails de la façon dont une enquête publique fonctionnerait, et il a attribué les retards à des questions techniques.

Il devait y avoir une annonce il y a plus d'un mois, et il n'y en a pas eu, a déploré Mme Dobson devant les journalistes, ajoutant que les familles méritaient de la transparence.

M. Beaton a estimé qu'il y avait beaucoup à apprendre sur les meurtres et l'action de la police dans cette affaire. La GRC a des choses à apprendre. Une enquête publique l'aidera à comprendre ce qui ne s'est pas bien passé, a-t-il dit.

En juin, les familles des victimes avaient annoncé leur intention de lancer une action collective contre la GRC et le gouvernement provincial, affirmant que la police n'avait pas protégé ni informé adéquatement le public pendant les attaques.

Le quartier de la GRC.

Les manifestants ont marché du stationnement d'une épicerie jusqu'au quartier général de la Gendarmerie royale du Canada à Bible Hill.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le député de la région et chef de l'opposition officielle dit ne pas comprendre pourquoi une enquête n'a pas encore été déclenchée trois mois après les événements.

Il faut une enquête publique, une enquête complète, a soutenu Tim Houston, a déclaré le député progressiste-conservateur de Pictou-Est.

Il joint ainsi sa voix victimes, aux professeurs de droit et aux 37 sénateurs qui réclament que la procédure soit ouverte en toute transparence et se déroule en Nouvelle-Écosse dans les plus brefs délais.

Plusieurs questions sans réponse

Dans les jours ayant suivi la tragédie, M. Beaton avait déclaré en entrevue avec La Presse Canadienne que sa femme serait toujours en vie si une alerte d'urgence avait été lancée après que le tireur eut quitté la région de Portapique.

Des manifestants tiennent une affiche sur laquelle on peut lire : We Deserve Answers.

Les proches des victimes veulent des réponses.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Selon M. Beaton, les hauts dirigeants de la GRC n'ont pas su communiquer l'ampleur de la menace en la détaillant dans une série de gazouillis au lieu de lancer une alerte d'urgence qui serait apparue sur les téléphones intelligents et les écrans de télévision des gens de la région.

Il estime tout de même que l'alerte d'urgence n'est qu'une question parmi toutes celles qui entourent le massacre ayant mené à la mort de 22 personnes dans cinq communautés de la Nouvelle-Écosse.

Les autorités policières ont déclaré que le tireur avait eu accès à une arme de poing et des armes d'épaule pour lesquelles il ne détenait pas de permis. La police n'a toutefois pas précisé comment il avait pu se procurer ces armes ni la réplique d'une voiture de la GRC qu'il conduisait lors de la tuerie.

Des manifestants tiennent des affiches en mémoire des victimes de la tuerie.

Les événements des 18 et 19 avril sont considérés comme la pire tuerie de masse de l'histoire canadienne.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Des questions ont aussi été soulevées sur la façon dont l'homme de 51 ans est parvenu à contourner le périmètre policier autour de Portapique.

Muni de plusieurs armes semi-automatiques, il a mis le feu à des propriétés et tué 13 personnes à Portapique avant de quitter la région. Il a tué neuf autres personnes le lendemain, dans le nord et le centre de la Nouvelle-Écosse, avant d'être abattu par un agent de la GRC dans une station-service à Enfield, environ 90 km au sud de Portapique.

Un policier en noir se rue vers un groupe de policiers en vêtements militaires attroupés.

Les derniers instants de la traque du suspect, le 19 avril 2020 à une station-service d'Enfield, en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Tim Krochak

Le suspect est parvenu à échapper à la police pendant 13 heures.

Avec les informations de Nicolas Steinbach

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