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Plaintes contre Julie Payette : c'est à Trudeau d'intervenir, dit l'opposition

Le premier ministre Justin Trudeau discute avec la gouverneure générale Julie Payette lors d'une cérémonie à Rideau Hall.

Le premier ministre Justin Trudeau discute avec la gouverneure générale Julie Payette lors d'une cérémonie à Rideau Hall, en novembre 2019.

Photo : The Canadian Press / Justin Tang

C’est la responsabilité du premier ministre de faire le suivi après les allégations des employés de Rideau Hall qui dénoncent le climat de travail toxique et d’intimidation au bureau de la gouverneure générale, selon les néo-démocrates et les conservateurs. Rideau Hall promet de son côté de faire mieux.

Questionné mercredi en conférence de presse sur les plaintes confiées à CBC par une douzaine d’employés du bureau de la gouverneure générale Julie Payette, le chef du Nouveau Parti démocratique semblait marcher sur des œufs.

Une journaliste a même souligné un certain décalage avec la position habituelle de son parti, qui est assez prompt à prendre le parti des victimes dans ce genre de situation.

Selon M. Singh, étant donné le statut dont jouit Mme Payette, soit celui de représentante de la reine au Canada, c’est au premier ministre qu’il incombe de faire la lumière sur ces allégations nombreuses et sérieuses, a-t-il précisé.

Je pense que le premier ministre a une responsabilité de suivre cette situation parce que personne ne doit être dans un milieu de travail toxique. Toute personne qui travaille au Canada doit pouvoir travailler dans la dignité.

Une citation de Jagmeet Singh, chef du NPD

Pour Jagmeet Singh, Justin Trudeau ne peut pas simplement renvoyer le dossier au bureau de la gouverneure générale sous prétexte qu'aucune plainte officielle n’a été déposée.

Avec le nombre de plaintes qu’il y a en ce moment, il faut agir. Le premier ministre ne peut pas dire : "Il n’y a rien que je puisse faire". Il peut faire un suivi, il peut commencer une enquête pour savoir ce qui s’est passé, a proposé le chef néo-démocrate.

« Le harcèlement n’a pas sa place »

Dans une courte déclaration, le Bureau du Conseil privé dit être très préoccupé par les allégations soulevées dans les médias et affirme que le harcèlement n'a sa place dans aucun lieu de travail .

Nous prenons toutes les questions de harcèlement très au sérieux. C'est une priorité de la fonction publique de faire progresser les efforts visant à prévenir et résoudre plus efficacement les problèmes de harcèlement , lit-on dans cette déclaration.

Le Bureau du Conseil privé ajoute que ses fonctionnaires sont en contact régulier avec le bureau de la secrétaire de la gouverneure générale afin d'assurer le suivi nécessaire.

Du côté des conservateurs, on affirme que c'est exclusivement à Justin Trudeau d'agir dans cette affaire, dans la mesure où c'est lui qui a nommé l'ancienne astronaute Julie Payette au poste de gouverneure générale en 2017

Il ne peut pas simplement s’en laver les mains, car c’est lui qui l’a choisie. Si les Canadiens ont des interrogations au niveau de la gouverneure générale, c’est lui qui l’a nommée, c’est lui qui doit lui parler et savoir ce qu'elle peut faire pour dénouer cette impasse.

Une citation de Jacques Gourde, député conservateur de Lévis-Lotbinière

Rappelons que les allégations selon lesquelles Julie Payette et sa secrétaire personnelle Assunta Di Lorenzo font régner un climat de peur et d’intimidation qui aurait mené à plusieurs départs au sein du personnel ont été livrées de façon anonyme à la caméra de CBC. Selon le bureau de la gouverneure générale, aucune de ces personnes n’a porté plainte officiellement au service des ressources humaines ou de l'ombudsman.

Rideau Hall promet un climat de travail plus sain

Mercredi, Assunta Di Lorenzo, secrétaire de la gouverneure générale, a promis, dans une note interne envoyée aux employés de Rideau Hall, d’améliorer l’environnement de travail à la suite des révélations sur l’existence d’un climat de travail toxique au sein du bureau.

Je veux que vous sachiez que je suis, avec la gouverneure générale et toute l'équipe de direction, profondément engagée à favoriser un environnement de travail sain, déclare Mme Di Lorenzo dans la note de service dont CBC News a obtenu copie.

Soyez assurés que le bien-être de nos employés reste notre priorité, poursuit la secrétaire de Julie Payette. Rappelons que Julie Payette et Assunta Di Lorenzo ont toutes deux été accusées par une douzaine de sources, dans un reportage de CBC, de harceler verbalement le personnel et de faire régner un climat d’intimidation sur leur lieu de travail.

Aux journalistes qui lui demandaient si Justin Trudeau devrait suspendre ou relever la gouverneure générale de ses fonctions en attendant les résultats d’une éventuelle enquête, M. Singh n'est pas allé aussi loin.

Je pense que la première étape est de donner un suivi aux plaintes étant donnée l’ampleur de la situation. Après une enquête ou un suivi, s’il y a des preuves pour prendre d’autres actions peut-être…

Une citation de Jagmeet Singh, chef du NPD

Quant à une démission de Julie Payette, Jagmeet Singh estime que cette décision appartient entièrement à la gouverneure générale.

En ce qui a trait au manque de transparence dans les recours offerts aux employés du bureau de la gouverneure générale qui ne peuvent que porter plainte auprès de Mme Payette elle-même, Jagmeet Singh estime que ce problème mérite qu’on s’y penche.

Quand il n’y a pas de transparence et de protocole clair, ça crée une situation plus difficile pour les travailleurs et les travailleuses, donc oui […] il faut avoir une façon plus claire pour les gens pour porter plainte. Je pense qu’il s’agit d’une question qui s’applique à tous les milieux de travail.

Il faut beaucoup de courage pour faire cela et partager votre histoire. […] Il nous faut de meilleures protections pour les lanceurs d’alerte et les travailleurs qui font ces plaintes et je veux qu’on vous prenne au sérieux, vous le méritez, a conclu le chef du NPD en s’adressant aux 13 employés et ex-employés du bureau de Rideau Hall qui ont accepté de parler à CBC.

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