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Les cas de surdoses d’opioïdes grimpent en flèche à Winnipeg pendant la pandémie

Un comprimé de carfentanil coupé en deux.

En juin, c’est 144 appels liés aux opioïdes ont été enregistrés, soit une augmentation de 144 % par rapport à de l’année dernière.

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada/CBC

Radio-Canada

De nouveaux chiffres révèlent que les cas de surdoses à Winnipeg continuent d’augmenter en cette période de pandémie, ce qui serait lié à une augmentation de la consommation de fentanyl et d’autres opioïdes, d’après les premiers intervenants.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19 dans la province, en mars, le nombre d’appels au 911 reliés à la consommation d’une substance ou à un empoisonnement croît d’un mois à l’autre, selon le Service d’incendie et de soins paramédicaux de Winnipeg.

La remontée rapide des appels liés à la consommation et à des empoisonnements au fentanyl est la plus alarmante, d’après le coordinateur de l’initiation du public du Service d’incendie et de soins paramédicaux de Winnipeg, Cory Guest. Ces cas ont vraiment grimpé , déplore-t-il en précisant qu’il s’agisse de la substance la plus mortelle.

Entre mars et mai, le Service d’incendie et de soins paramédicaux de Winnipeg a reçu 259 appels liés à des surdoses présumées d’opioïdes. En juin, 44 appels liés aux opioïdes ont été enregistrés, soit une augmentation de 227 % par rapport à juin de l’année dernière.

Le mois de juillet est en passe de dépasser ce chiffre, avec 108 appels liés à des intoxications présumées aux opioïdes au cours des deux premières semaines seulement.

Des données obtenues par CBC montrent que les premiers intervenants ont utilisé la naloxone, un médicament contre les effets du fentanyl, à 316 reprises entre juin et la mi-juillet, soit une augmentation de 161 % par rapport à la même période l’an dernier.

M. Guest explique que les premiers intervenants ont également remarqué une augmentation des appels de surdose liés au carfentanil et à l’héroïne mélangés au fentanyl. Ils ont aussi noté la récurrence d’un autre mélange contenant du fentanyl, connu sous le nom de down ou purple down, ajoute-t-il en faisant remarquer que les personnes qui consomment ces mélanges sont très souvent dans la rue.

Pour empêcher la surdose, les premiers intervenants doivent parfois administrer plusieurs doses de naloxone, ce qui n’était pas le cas avant. Il y a un an, deux, trois ans, ce n’était vraiment pas le cas. Le fait que nous voyons plusieurs substances coupées avec différentes substances est très difficile, explique M. Guest.

Pénurie de méthamphétamine en cristaux

L’inspecteur de l’Unité de lutte contre le crime organisé du service de police de Winnipeg, Max Waddell, indique que ces augmentations de consommation d’opioïdes peuvent s’expliquer par une pénurie de méthamphétamine en cristaux dans la ville.

En raison de la pandémie, les trafiquants de drogues ont du mal à s’approvisionner en matière première pour la fabrication de la méthamphétamine en cristaux, dit-il. L’éphédrine, l’un des principaux ingrédients utilisés par les cartels pour fabriquer de la méthamphétamine, n’est pas facile à trouver en partie en raison de la fermeture des frontières.

Mise en garde contre le mélange down ou purple down

Max Waddell met la population en garde contre la consommation du down ou purple down. Il explique qu’il s’agit d’un mélange d’un mélange d’héroïne, de fentanyl et de caféine qui peut être très toxique.

Dimanche, la Police provinciale de l’Ontario a également mis en garde la population contre la consommation de ce mélange à la suite d’une mort subite à Kenora, en Ontario, à 195 kilomètres à l’est de Winnipeg.

Mardi, les premiers intervenants de Kenora ont annoncé une série de surdoses pouvant être liées à ce même mélange.

C’est inquiétant, dit l’inspecteur Max Waddell. Il indique que cette substance ressemble à une graine de maïs soufflé et est apparue à Winnipeg en 2018.

Des solutions au problème de surdose

Le coordinateur de l’initiation du public du Service d’incendie et de soins paramédicaux de Winnipeg souligne l’importance de la disponibilité de la naloxone. Il encourage les familles ayant des proches des proches qui consomment des drogues à avoir cet antidote à portée de main. Je pense que nous devons avoir des trousses de naloxone dans nos maisons, dans nos entreprises, et ne pas avoir peur de l’utiliser, dit-il.

Cory Guest rappelle également l’importance d’appeler immédiatement le 911 en cas de surdose. Les personnes qui subissent une surdose ou une intoxication à un opioïde, que ce soit l’héroïne ou le fentanyl, cesseront généralement de respirer très, très rapidement, dit-il. Pour chaque minute qui passe lors d’un arrêt cardiaque, la personne a 10 % de chances en moins de survivre.

Avec les informations de Jill Coubrough

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