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Deux itinérants meurent après la fermeture d'un foyer d'urgence à Victoria

Le centre de services au Autochtones.

Le centre de services aux Autochtones a servi de lieu d'hébergement d'urgence au plus fort de la pandémie.

Photo : CHEK News

Radio-Canada

Deux itinérants qui passaient leurs nuits dans le gymnase du Victoria Native Friendship Centre de Victoria en raison de la COVID-19 sont morts après que l'hébergement d'urgence ait dû fermer par manque de financement. Des employés sont sous le choc.

Depuis 51 ans, le Victoria Native Friendship Centre offre des services sanitaires, sociaux et culturels à près de 25 000 Autochtones du sud de l'île de Vancouver. Habituellement, son service d'hébergement d'urgence n'est ouvert qu'en hiver et ferme le 1er avril. Or, en raison de la COVID-19, le foyer a obtenu des financements pour rester ouvert trois mois de plus, jusqu'au 1er juillet.

Après cette date, le centre est parvenu à trouver des solutions d'hébergement pour quelques itinérants, mais neuf autres se sont retrouvés à la rue, explique le directeur général du Victoria Native Friendship Centre, Ron Rice.

Les procédures d'hébergement de la province étaient ouvertes en priorité aux occupants des villages de tentes du parc Topaz et de l'avenue Pandora, se souvient Ron Rice. Nos bénéficiaires, eux, étaient considérés comme déjà hébergés puisqu'ils avaient un matelas dans notre gymnase.

Si nous n'avions pas ouvert cet hébergement d'urgence, est-ce que nos bénéficiaires auraient obtenu une chambre d'hôtel?

Ron Rice, directeur général, Victoria Native Friendship Centre

Ron Rice dit que les employés connaissaient bien les deux itinérants qui sont morts début juillet. L'un d’eux serait mort dans les 30 heures qui ont suivi son départ du centre, l'autre serait mort une dizaine de jours plus tard.

L'un d'eux est mort d'une surdose. Ça nous a choqués parce que nous savions qu'il consommait de la marijuana et de l'alcool, mais pas de drogue plus dure, dit Ron Rice. L'autre personne est morte à la suite de violences.

Il y a beaucoup de colère, de désespoir et de remords. Si nous étions restés ouverts un mois de plus, est-ce que cela serait arrivé?

Ron Rice, directeur général, Victoria Native Friendship Centre

Ron Rice ne veut accuser personne. Il pense que les partenaires du centre, comme la mairie de Victoria et la Coalition pour mettre fin à l'itinérance dans le Grand Victoria, ont fait de leur mieux au cours des derniers mois. BC Housing, qui a financé l'hébergement d'urgence, s'est adapté rapidement à la situation. Il regrette seulement qu'il ait fallu une pandémie pour que tout le monde se mette autour de la table.

Ron Rice soulève un grand matelas de mousse.

Ron Rice range un des matelas sur lesquels dormaient les personnes hébergées.

Photo : CHEK News

Pour Ron Rice, une partie du problème vient du fait que les organismes d'aide aux itinérants tentent de ranger cette population dans des cases : aînés, femmes ou personnes ne consommant pas de drogue. Cela laisse de nombreux itinérants dans la rue, selon lui.

Il demande aux habitants du Grand Victoria d'ouvrir leurs chambres vides aux étudiants, aux jeunes familles et aux personnes âgées qui ont déjà du mal à se loger dans une des villes où les loyers sont parmi les plus chers au pays.

Cela libérerait des logements pour d'autres personnes grâce à un effet de ruissellement, pense-t-il.

Le gouvernement fédéral sollicité

La mairesse de Victoria, Lisa Helps, estime que la pandémie de COVID-19 a aggravé les problèmes liés à l'itinérance.

Je comprends que les gens soient choqués et en colère. Moi aussi je suis choquée et en colère.

Lisa Helps, mairesse de Victoria

Elle assure qu'elle passe une grande partie de ses journées dans des réunions pour tenter de résoudre les problèmes de logement et elle encourage les Britanno-Colombiens à écrire au gouvernement fédéral pour lui demander d'investir dans la construction de logements en Colombie-Britannique, conjointement avec la province.

Avec les informations d'All Points West, CBC, et de CHEK News

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