•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Hausse marquée du nombre d’entreprises agricoles en Abitibi-Témiscamingue

Caroline Giroux-Champagne est debout dans un champs avec Simon Rouleau à ses côtés, qui tient dans ses bras la petite Alice. Un chien est assis devant Caroline.

Caroline Giroux-Champagne et Simon Rouleau, avec leur fille Alice, ont pris la relève de la ferme familiale.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Tanya Neveu

Le territoire de l’Abitibi-Témiscamingue compte 17 nouvelles entreprises agricoles depuis 6 mois, la plus haute augmentation depuis cinq ans.

Il s’agit d’une croissance de 3 % entre décembre 2019 et juin 2020. Un tel scénario n’avait pas été observé depuis au moins 5 ans, selon les plus récentes données du ministère de l’Agriculture.

La vie aux champs

Caroline Giroux-Champagne n’a pas grandi sur une ferme, mais, très jeune, elle a développé une passion pour les animaux.

Elle et son conjoint ont surmonté plusieurs obstacles, surtout au niveau du financement, avant d’officialiser l’acquisition de la ferme familiale en 2019. Il s’agit d’une entreprise établie depuis près de 100 ans à Guérin.

Ça a pris deux ans, nos démarches. À un moment donné, c’était décourageant. Le financement a été dur à chercher, car moi, j’étais excessivement jeune et je n’étais pas du monde agricole, avoue la jeune mère de 20 ans.

Trois vaches dans un champ clôturé.

La plupart des nouvelles entreprises dans la région oeuvrent dans le secteur des bovins de boucherie ou des fourages.

Photo : Radio-Canada / Émélie Rivard-Boudreau

Des sacrifices, ils n’ont pas fini d’en faire. Avec un troupeau de 39 têtes et quelque 150 acres de grandes cultures, ils doivent tous les deux garder un emploi à l’extérieur de la ferme.

Nous autres, on ne peut pas décoller gros, car il n’y a pas de revenu stable dans le bœuf et dans le grain. Il faut travailler à l’extérieur pour un minimum de 5 ans sans même se faire un propre salaire qui vient de l’entreprise. On travaille nos 30 heures à l’extérieur, mais on travaille nos 30-40 heures aussi à la ferme, dit-elle en souriant.

Caroline Giroux-Champagne et Simon Rouleau rêvent d’une ferme avec une centaine de bêtes et des dizaines d’acres supplémentaires de grandes cultures. Pour ce faire, ils savent qu’ils auront à donner de l’énergie et du temps. Heureusement, ils sont bien entourés. Ils essaient déjà de transmettre leur passion à leur jeune fille Alice, qui n’a même pas encore atteint l’âge de deux ans.

Un retour à la terre

Comme celle de Caroline et Simon, depuis décembre 2019, 17 nouvelles entreprises ont émergé dans la région, la plupart dans les secteurs du bovin de boucherie ou celui des fourrages. Ces acquisitions représentent l’occupation de plus de 2 200 hectares de terres.

Une donnée qui réjouit le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de l’Abitibi-Témiscamingue, Pascal Rheault.

C’est une excellente nouvelle! Je pense que le monde fait le lien que c’est un retour à la terre. Il y a de petites entreprises, mais il y a aussi de grandes entreprises qui ont été transférées, indique-t-il.

L’UPA, tout comme le syndicat de la Relève agricole en Abitibi-Témiscamingue, estime que le financement demeure un frein important pour plusieurs jeunes agriculteurs.

On voudrait tellement qu’il y ait de nouveaux agriculteurs, de la relève pour reprendre les terres en jachère, les granges abandonnées. Pour avoir ça, il faut avoir le financement, les outils et l’aide. Une aide active des gouvernements et des institutions financières pour encourager la relève, croit la présidente de la Relève agricole en Abitibi-Témiscamingue, Meghan Jarry.

Malgré cette hausse remarquée, la région a tout de même perdu 14 entreprises agricoles depuis décembre 2018, surtout en raison d’un manque de relève.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !