•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les explorations de la joaillière Sonia Beauchesne

Ses recherches l'ont menée des Îles de la Madeleine aux profondeurs marines.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Sonia Beauchesne manipule une torche dans son atelier.

La joaillière Sonia Beauchesne conçoit des bijoux dans son atelier de Limoilou.

Photo : Radio-Canada

Tifa Bourjouane

Depuis plus de 20 ans, Sonia Beauchesne crée des bijoux sous un angle nouveau. Elle redéfinit l’art de la joaillerie en valorisant des matériaux peu conventionnels tels que le sel, le bois, le cuivre ou encore le basalte. Son art fait écho aux considérations environnementales tout en invitant à la réflexion et à l’évasion.

Je suis vraiment dans l’exploration, je sors souvent des sentiers battus, de ce qu’on peut voir dans le bijou plus traditionnel.

Lorsqu’elle s’est lancée dans le domaine, après avoir suivi un programme de trois ans à l’école de joaillerie de Québec offert par le Cégep Limoilou, Sonia Beauchesne souhaitait créer son entreprise. Elle ne se doutait pas alors de l’étendue de l’univers créatif qu’offrait sa vocation. Je me suis rendue compte que le terrain de jeu du bijou est très très vaste, confie-t-elle.

Pour l’artiste, ce projet répond avant tout à un besoin d’expression dans une démarche empreinte de liberté et sans compromis.

Recherche

Au cours de ses multiples résidences d’artiste, la joaillière a sélectionné elle-même la matière première, souvent minérale, qui compose ses créations. Elle la façonne ensuite au gré de son inspiration, s’amuse à la faire fondre, la martèle, l’étire, la trempe et observe le résultat.

Cette recherche sur le terrain l’a menée dans les mines de sel des îles de la Madeleine. L’expédition à des centaines de mètres sous terre a donné naissance à une série d’oeuvres où l’aspect cristallin côtoie le caractère plus friable du matériau. Une recherche qui a largement dépassé les frontières du Québec et a mené Sonia Beauchesne outre-Atlantique, notamment à Séville et aux îles Canaries, où la nature luxuriante s’est invitée dans des créations à base de roche volcanique.

Une broche de Sonia Beauchesne dans un coffret

Une broche créée par Sonia Beauchesne

Photo : Radio-Canada / Tifa Bourjouane

Sonia Beauchesne a choisi de travailler des éléments naturels ou issus du recyclage, car les préoccupations environnementales sont au coeur de sa démarche artistique. Elle souhaite que le public s’interroge sur la disponibilité des ressources naturelles qui diminuent dangereusement.

Dans cette optique, elle est actuellement en phase de recherche autour des fonds marins et du cuivre, un matériau historique utilisé aujourd’hui dans les technologies de pointe. Elle tisse ainsi un lien entre le passé et le présent décliné dans une série de pièces inspirées des crustacés du fleuve Saint-Laurent.

Rayonnement international

Dans un tout autre style, Sonia Beauchesne a créé en 2008 la médaille de la Ville de Québec, remise chaque année à des personnalités à l’occasion de l’anniversaire de la ville. C’est un hublot où est gravé à la main le bateau à voiles emblématique de Québec. Je trouvais ça intéressant de proposer une ouverture sur le monde en ouvrant le hublot, explique l’artiste.

Médaille avec un bateau à voiles découpé sur un hublot et qui s'ouvre sur une mappemonde.

Médaille de la Ville de Québec réalisée par Sonia Beauchesne, en 2008.

Photo : Radio-Canada

Une thématique qui lui tient à coeur et qu’elle a portée à l’internationale en 2009, en Corée du Sud, à la Biennale internationale de Cheongju. Elle y a fait partie d’une exposition collective représentant les métiers d’arts du Canada avec sa bague Same Same but Different, une pièce ludique et dynamique construite comme une mosaïque, où l'on retrouve le bleu de la francophonie.

Bague en argent à plusieurs éléments dont un ressort et un cube dans lequel entrent plusieurs petits cubes.

Same Same but different (2009). Bague. Argent sterling, polymère, plastique, vernis.

Photo : David Cannon

L’artiste poursuit sa recherche qu’elle présente actuellement à Deschambault où elle fait partie de l’exposition Volonté de Fer, au Vieux Presbytère de Deschambault et au Moulin de la Chevrotière, jusqu’au 29 septembre 2020.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !