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La lanceuse de chaise du Gardiner à Toronto échappe à la prison

Marcella Zoia entourée par les caméramans à la sortie de la cour.

Marcella Zoia et son avocat Greg Leslie à la sortie du tribunal l'automne dernier.

Photo : CBC

Jean-Philippe Nadeau

Marcella Zoia a été condamnée à 2 ans de probation, 150 heures de travaux communautaires et 2000 $ d'amende pour avoir lancé une chaise du balcon d'une tour qui surplombe l'autoroute Gardiner de Toronto en février 2019.

Dans la sentence qu'elle a rendue au téléphone, la juge Mara Greene de la Cour de justice de l'Ontario a tenu compte de nombreux facteurs atténuants : l'aveu de culpabilité de Marcella Zoia, son jeune âge, son enfance difficile, ses problèmes d'alcool et le trouble du déficit de l'attention dont elle est atteinte.

La femme de 20 ans avait plaidé coupable en novembre à une accusation de méfait ayant mis la vie d'autrui en danger après avoir lancé, le 9 février 2019, une chaise d'une tour du centre-ville au-dessus du Gardiner.

À l'époque, la vidéo du lancer de chaise était devenue virale sur les réseaux sociaux. La chaise était tombée d'un 45e étage dans un stationnement entre l'autoroute Gardiner et le boulevard Lake Shore. Personne n'avait été blessé.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

La vidéo du lancer de la chaise était devenue virale dans les réseaux sociaux

Elle a été assez humiliée par toute l'attention médiatique dont elle a fait l'objet depuis un an , a dit la juge, qui a noté que la jeune femme avait un avenir prometteur et n'avait jusque-là aucun casier judiciaire.

La magistrate ajoute que la femme de 20 ans s'est engagée dans un programme pour l'aider à demeurer sobre.

Elle n'a en revanche pas tenu compte des allégations de la Couronne selon lesquelles Marcella Zoia avait elle-même mis la vidéo en ligne avant de l'effacer.

Rien ne le prouve au-delà de tout doute raisonnable, a-t-elle dit, mais je crois que Mlle Zoia a certainement voulu épater ses amis avec un tel geste.

La Couronne prétendait qu'elle ne cherchait qu'à accroître sa visibilité et sa célébrité sur les réseaux sociaux dont elle est une fidèle abonnée.

illustration judiciaire de la délinquante Marcella Zoia

Marcella Zoia s'est adressée à la juge Mara Greene au dernier jour de son audience sur la détermination de la peine.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

La juge avoue par ailleurs que le crime est unique et qu'il a été difficile de dégager un éventail de peines pour la condamner, faute de jurisprudence à ce sujet au pays.

Elle admet néanmoins que Marcella Zoia ne mérite pas la prison, qu'elle a eu sa leçon et qu'il n'est pas nécessaire non plus de lui interdire un accès aux réseaux sociaux.

Réaction de la défense

L'avocat de la défense, Gregory Leslie, était visiblement satisfait, d'autant que la Couronne réclamait la prison. Il s'agit d'une peine juste et appropriée, la prison n'aurait servi à rien, ma cliente est déjà en train de refaire sa vie et de tourner la page, a-t-il expliqué.

Me Leslie souligne que sa cliente est encore jeune, qu'elle est en thérapie et qu'elle souffre toujours d'anxiété.

Photo d'un homme portant un complet bleu se tenant debout devant les micros de journalistes.

Greg Leslie, l'avocat de la jeune délinquante.

Photo : Radio-Canada

Il précise que l'attention médiatique et, maintenant, un casier judiciaire lui ont fait perdre un travail dans la mode. Il ajoute qu'une amende de 2000 $ n'est pas rien pour une jeune femme sans emploi.

La défense demandait une peine avec sursis assortie d'une période de probation de deux ans.

Position des procureurs

La Couronne réclamait une peine de prison, deux ans de probation et 240 heures de travaux communautaires.

Elle avait expliqué qu'une peine de prison était proportionnelle à la gravité du méfait qui aurait pu avoir, selon elle, des conséquences catastrophiques, parce qu'une vingtaine de piétons marchaient sur le trottoir à ce moment-là.

La Couronne demandait aussi à ce que la femme suive des séances de thérapie pour alcoolisme et qu'on lui interdise d'afficher quoi que ce soit sur les médias sociaux durant cette période.

Un homme met une chaise emballée dans du plastique à l'arrière d'une voiture.

La chaise que Marcella Zoia a lancée avait soigneusement été emballée avant l'audience sur la détermination de la peine.

Photo : Radio-Canada / Meagan Fitzpatrick

Elle avait en outre expliqué qu'elle ne croyait pas aux remords de la délinquante, qui n'a pas mesuré, selon elle, la gravité de son crime.

La chaise en bois et en métal avait été présentée en pièce à conviction, puisqu'il n'y a pas eu de procès en raison de l'aveu de culpabilité de la femme.

Marcella Zoia s'était rendue aux autorités deux jours plus tard, après que la police eut lancé un avis de recherche grâce aux photos de la vidéo virale.

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