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Affaire UNIS : l'opposition tire à boulets rouges sur le gouvernement Trudeau

Plan moyen de Justin Trudeau répondant à une question à la Chambre des communes.

Justin Trudeau s'est excusé à plusieurs reprises en lien avec l'affaire UNIS.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le contrat annulé par les libéraux avec UNIS, une organisation étroitement liée au premier ministre, a monopolisé la période de questions aux Communes, où les conservateurs ont accusé Justin Trudeau d'être à la tête d'un gouvernement corrompu.

Comme ils l'avaient promis, les députés de l'opposition ont infligé un barrage de questions au gouvernement Trudeau sur la décision de son cabinet d'approuver le transfert du contrôle d'un programme pour le bénévolat étudiant de 900 millions de dollars à l'organisation caritative UNIS (We Charity en anglais) reconnue pour ses liens avec la famille Trudeau ainsi que celle du ministre des Finances, Bill Morneau.

Autant les conservateurs, les néo-démocrates que les bloquistes se sont engouffrés dans la brèche en attaquant le premier ministre Trudeau, dont l'épouse, la mère et le frère ont touché plus de 300 000 $ par le passé pour donner des conférences lors d'événements organisés par UNIS.

À tour de rôle, les conservateurs ont interpellé les principaux ministres libéraux pour leur demander s'ils ont encore confiance en Justin Trudeau ou s'ils préféreraient prendre leurs distances de leur chef qui n'a pas encore décidé, ont-ils rappelé, de témoigner devant le comité des finances de la Chambre des communes.

À plusieurs reprises les conservateurs ont accusé les libéraux de diriger un gouvernement corrompu. Le 10 juillet dernier, les conservateurs ont même réclamé la tenue d'une enquête policière sur Justin Trudeau.

Les bloquistes ont quant à eux demandé à Justin Trudeau de céder carrément sa place à la vice-première ministre Chrystia Freeland, puisqu'il semble selon eux beaucoup trop occupé à gérer ce scandale plutôt qu'à gouverner le pays en pleine crise sanitaire.

Est-ce que le premier ministre a l’espace mental disponible pour jouer son rôle?, a demandé sans détour Yves-François Blanchet.

Pour le chef bloquiste, les excuses répétées de Justin Trudeau dans cette affaire suggèrent une forme d'admission.

Les difficultés financières éprouvées par l'organisme UNIS ont aussi alimenté plusieurs questions sur le choix de cette organisation par le gouvernement pour administrer un programme aussi important. Rappelons qu'UNIS devait recevoir plus de 19 millions de dollars du gouvernement fédéral pour gérer le programme de bénévolat pour les jeunes Canadiens sans emploi cet été.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh, demande pour sa part que Justin Trudeau comparaisse devant les membres du comité de l'éthique des Communes, que tous les documents liés à la sélection de l'organisme UNIS soient rendus publics et que le secret qui entoure les discussions du Cabinet soit levé afin qu'il soit possible d'y voir plus clair.

Les libéraux s'en tiennent aux excuses

De l'autre côté de la Chambre, les libéraux ont encaissé le flot d'accusations en répétant en substance que l'avenir des jeunes Canadiens et leur bien-être demeurent un des objectifs prioritaires de leur gouvernement, qui se concentre à gouverner le pays en pleine crise plutôt que de semer la division.

Comme il l'a fait depuis la semaine dernière, Justin Trudeau a réitéré qu'après examen par la fonction publique des organismes aptes à gérer un programme de près d'un milliard de dollars, il s'est avéré que l'organisme UNIS était le seul qui disposait des qualités requises pour le faire.

Le premier ministre a ajouté qu'il aurait dû se récuser lors des discussions sur ce sujet au cabinet en raison des liens entre UNIS et sa famille et qu'il s'excusait de nouveau pour ne pas l'avoir fait.

Le premier ministre et ses collègues ont par ailleurs martelé que leur gouvernement demeure concentré sur la crise que les Canadiens affrontent actuellement et qu'ils n'ont jamais lésiné sur les mesures pour leur venir en aide.

Plus tôt mardi, le greffier du Conseil privé, Ian Shugart, qui comparaissait devant le comité des finances de la Chambre des communes, a déclaré que, selon lui, rien n'indiquait que le premier ministre avait des contacts préalables avec UNIS lorsque l'organisme a été choisi pour gérer le programme.

La Chambre des communes qui siégeait mardi en présence d'un nombre réduit de députés en raison des mesures de distanciation, avait été convoquée pour adopter une loi qui prolongerait et élargirait notamment le Programme de subvention salariale mis en place dans la foulée de la pandémie de COVID-19 pour aider les entreprises à payer leurs salariés. Le projet de loi a été adopté en fin d'après-midi.

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